Trump ridiculise la nouvelle procédure de destitution le visant

Donald Trump s’est adressé à la presse pour la première fois depuis les violences au Capitole.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Donald Trump s’est adressé à la presse pour la première fois depuis les violences au Capitole.

Donald Trump a jugé mardi la procédure de destitution le visant « totalement ridicule », estimant qu’elle suscitait « une immense colère » à travers les États-Unis, avant de s’envoler pour le Texas lors de sa première sortie depuis les violences du Capitole.

« C’est la poursuite de la plus grande chasse aux sorcières de l’Histoire. […] Ça provoque une immense colère », a déclaré le président américain depuis les jardins de la Maison-Blanche. « Je ne veux pas de violence », a-t-il ajouté lors de sa première déclaration à la presse depuis les violences du 6 janvier qui ont sidéré l’Amérique et le monde.

Dans la tourmente à huit jours de la fin de son mandat, le locataire de la Maison-Blanche a adopté un ton combatif, assurant que son virulent discours devant ses partisans avant l’assaut du Capitole était « tout à fait convenable » et dénonçant l’« erreur catastrophique » des réseaux sociaux qui ont suspendu ses comptes.

Il a rencontré lundi soir son vice-président Mike Pence qui a, semble-t-il, décidé de faire — pour l’heure — front commun avec lui face aux démocrates, rejetant les appels à le démettre de ses fonctions avec le 25e amendement de la Constitution.

Au Congrès, une procédure qui resterait dans l’histoire et est susceptible d’hypothéquer l’éventuel avenir politique de Donald Trump, se prépare. Il pourrait en effet devenir le premier président américain à être deux fois mis en accusation au Congrès dans une procédure de destitution. La Chambre examinera l’acte d’accusation mercredi et devrait voter ce même jour.

Objectif de ce déplacement présidentiel à Alamo au Texas ? « Marquer l’achèvement de plus de 400 miles (640 km) de mur frontalier — promesse faite, promesse tenue — et mettre en valeur les efforts de son gouvernement pour réformer un système d’immigration dysfonctionnel », a détaillé la Maison-Blanche.

On est toutefois loin, très loin, du « grand, magnifique » mur promis par Donald Trump en campagne en 2016. Sur ce total, seuls une vingtaine de kilomètres correspondent à la construction d’un mur là où il n’existait aucune barrière physique auparavant. Le reste correspondant au renforcement de barrières existantes. Et le Mexique n’a jamais payé pour le mur, comme le magnat de l’immobilier l’avait promis.

C’est la poursuite de la plus grande chasse aux sorcières de l’Histoire. […] Ça provoque une immense colère.

 

Vers une première dans l’histoire américaine

Soutenu par un vaste nombre de démocrates, et avec le soutien possible de républicains, l’acte d’accusation visant Donald Trump devrait être facilement adopté mercredi. Ce vote marquera l’ouverture formelle de la deuxième procédure de destitution contre le président américain.

Mais le doute demeure sur le déroulement, et l’issue, du procès qui devra ensuite avoir lieu au Sénat. Les démocrates prendront le contrôle de la chambre haute le 20 janvier, mais ils auront besoin du ralliement de nombreux républicains pour atteindre la majorité de deux tiers nécessaire à sa condamnation. Un procès risquerait en outre d’entraver l’action législative des démocrates au début de la présidence Biden en monopolisant les séances au Sénat.

En parallèle, les démocrates veulent approuver mardi soir une résolution appelant le vice-président Mike Pence à démettre le président de ses fonctions. Tant qu’ils ne l’écarteront pas du pouvoir, la « complicité » des républicains avec Donald Trump mettra « en danger l’Amérique », a tonné lundi la puissante présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Le président élu Joe Biden prêtera lui serment sous haute garde le 20 janvier, justement sur les marches du Capitole, siège du Congrès américain.

Critiqué pour avoir tardé, mercredi dernier, à envoyer la Garde nationale, le Pentagone a cette fois autorisé le déploiement de 15 000 soldats pour la cérémonie d’investiture.

« Je n’ai pas peur » malgré les risques de nouvelles manifestations pro-Trump, a déclaré le démocrate lundi. Il a appelé à poursuivre tous ceux qui ont été impliqués dans des actes « d’insurrection » mercredi dernier, lors des violences qui ont fait cinq morts et profondément ébranlé le pays.

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