Plusieurs figures de l’émeute au Capitole arrêtées et inculpées

Parmi ceux qui ont été arrêtés et inculpés samedi pour intrusion illégale et conduite violente au Capitole, on trouve Jacob Anthony Chansley, le complotiste torse nu, coiffé de cornes de bison et peinturluré qui avait aimanté photographes et caméras aux quatre coins du Capitole le 6 janvier.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Parmi ceux qui ont été arrêtés et inculpés samedi pour intrusion illégale et conduite violente au Capitole, on trouve Jacob Anthony Chansley, le complotiste torse nu, coiffé de cornes de bison et peinturluré qui avait aimanté photographes et caméras aux quatre coins du Capitole le 6 janvier.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées et les procureurs à travers les États-Unis ont promis de traduire en justice ceux qui ont pris d’assaut le Capitole américain mercredi.

Le procureur fédéral du District de Columbia a déclaré que « toutes les options sont sur la table » pour inculper les émeutiers, dont beaucoup ont été encouragés par le discours du président Donald Trump, quelques heures plus tôt lors d’un rassemblement. Les enquêteurs parcourent des photos, des vidéos et des informations du public pour retrouver les membres de la foule violente.

Un agent de la police du Capitole est mort après avoir été frappé à la tête avec un extincteur tandis que les émeutiers envahissaient le bâtiment et de nombreux autres agents ont été blessés. Une femme de la Californie a été abattue par la police du Capitole et trois autres personnes ont perdu la vie à la suite de ces événements.

Voici quelques questions et réponses sur l’enquête en cours :

Combien de personnes ont été accusées ?

Le bureau du procureur du District de Columbia, qui traite à la fois les affaires locales et fédérales sur son territoire, avait déposé 17 dossiers devant la Cour fédérale et au moins 40 autres devant la Cour supérieure, samedi. Les dossiers à la Cour supérieure concernent principalement des violations du couvre-feu et des crimes commis avec une arme à feu.

Les émeutiers qui seront jugés par un tribunal fédéral, où les procureurs peuvent généralement obtenir des condamnations plus longues, sont accusés notamment d’intrusion violente, de trouble à l’ordre public sur le site du Capitole, d’agression sur un agent des forces de l’ordre et de menaces à l’endroit de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Parmi ceux qui ont été inculpés et arrêtés, il y a notamment Richard Barnett, l’homme de l’Arkansas qui figure sur une photo qui a largement circulé, dans laquelle on peut le voir dans le bureau de Mme Pelosi, avec ses pieds sur son pupitre. Il est accusé entre autres de vol d’argent public, de biens ou de dossiers.

Jacob Anthony Chansley, alias Jake Angeli, est également concerné. Il est ce complotiste torse nu, coiffé de cornes de bison et peinturluré qui avait aimanté photographes et caméras aux quatre coins du Capitole. « Cet individu était armé d’une lance de deux mètres de long avec un drapeau américain attaché juste sous la lame », souligne le communiqué du département de la Justice.

Un autre homme jugé par un tribunal fédéral, Lonnie Coffman, de Falkville, en Alabama, a été arrêté après que les autorités eurent trouvé des armes à feu et 11 engins explosifs dans sa camionnette.

Un homme de la Floride, qui a été vu sur une photo avec le lutrin de la présidente de la Chambre, a également été arrêté vendredi. Adam Johnson est notamment accusé de vol de biens gouvernementaux.

Pourquoi il y a encore si peu d’arrestations ?

Les procureurs disent que ces accusations ne sont que le début. Les autorités ont déclaré vendredi que des dossiers supplémentaires restaient sous scellés et que des dizaines d’autres personnes étaient recherchées par des agents fédéraux.

Des avocats américains dans plusieurs États, dont le Kentucky, l’Ohio et l’Oregon, ont indiqué que des gens pourraient faire face à des accusations dans leur État d’origine s’ils ont voyagé à Washington pour participer à l’assaut. La police fédérale (FBI) a publié des photos de personnes à l’intérieur du Capitole, pour que le public l’aide à les identifier.

Il faut du temps pour constituer un dossier. La police du Capitole a arrêté un peu plus d’une douzaine de personnes le jour de l’émeute, tandis que la police de Washington en a arrêté environ 70. De nombreuses personnes ont quitté librement le Capitole, ce qui signifie que les enquêteurs doivent maintenant travailler pour les identifier et les retrouver. Les autorités doivent faire la distinction entre ceux qui se sont rendus à Washington uniquement pour participer au rassemblement avant l’émeute et ceux qui faisaient partie de l’insurrection au Capitole. Les enquêteurs peuvent avoir besoin de plusieurs semaines pour parcourir des photos et des vidéos, identifier des suspects, interroger des témoins et rédiger une plainte pour obtenir une arrestation.

Ceux qui ont été inculpés jusqu’à présent pourraient également conduire les enquêteurs vers d’autres qui se sont joints au siège violent.

Pourraient-ils faire face à des accusations plus graves ?

Michael Sherwin, procureur américain par intérim pour le District de Columbia, a fait savoir cette semaine que les procureurs n’excluaient rien de leur « arsenal pour d’éventuelles accusations ». Au fur et à mesure que les procureurs rassemblent plus de preuves, ils peuvent ajouter davantage d’accusations contre ceux qu’ils ont déjà arrêtés.

Les experts disent que les procureurs fédéraux pourraient porter des accusations de complot séditieux, qui sont rarement utilisées. À la suite des manifestations contre les brutalités policières cet été, le sous-procureur général Jeffrey Rosen a déclaré aux procureurs en septembre qu’ils devraient envisager d’utiliser l’accusation de sédition, qui peut mener à une peine de 20 ans de prison, contre les manifestants violents. M. Rosen, qui est devenu procureur général par intérim lorsque William Barr a démissionné le mois dernier, a précisé que l’accusation ne nécessitait pas de preuve d’un complot visant à renverser le gouvernement américain et a donné l’exemple hypothétique d’un groupe qui « aurait conspiré pour prendre par la force un palais de justice fédéral ou autre propriété fédérale. »

Donald Trump pourrait-il être accusé ?

M. Trump a exhorté la foule à manifester au Capitole, promettant même de les accompagner — ce qu’il n’a finalement pas fait. Le président a dit à ses partisans de « se battre » pour mettre fin au « vol » de l’élection, tandis que son avocat personnel, Rudy Giuliani, a appelé à un « procès par combat ».

Mais les obstacles juridiques pour accuser d’incitation à la violence le président ou tout autre orateur lors du rassemblement sont nombreux. Les experts disent qu’il serait difficile de prouver que le président avait l’intention que de la violence se produise au Capitole. Le discours de M. Trump ne serait probablement pas considéré comme une incitation illégale à la violence, car il n’a pas spécifiquement appelé les gens à prendre d’assaut le Capitole, selon les experts.

Avec l’Agence France-Presse

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