Une personne sur 100 000 a subi un choc allergique au vaccin Pfizer

Les 21 cas recensés par les CDC concernaient des personnes âgées de 27 à 60 ans, avec un âge médian de 40 ans.
Photo: Joe Raedle Getty Images Agence France-Presse Les 21 cas recensés par les CDC concernaient des personnes âgées de 27 à 60 ans, avec un âge médian de 40 ans.

Une personne sur environ 100 000 a manifesté une réaction allergique grave après avoir reçu une dose du vaccin de Pfizer-BioNTech contre le coronavirus, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires américaines, soulignant que les avantages de la vaccination étaient bien supérieurs aux risques.

Le chiffre a été calculé par les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), qui ont recensé 21 cas de chocs anaphylactiques, une réaction allergique grave, sur un total de 1 893 360 injections du vaccin effectuées entre le 14 et le 23 décembre.

Des cas sévères rares

« En moyenne, cela représente un taux de 11,1 chocs anaphylactiques par million de doses administrées », a expliqué à des journalistes Nancy Messonnier, une responsable des CDC.

À titre de comparaison, les vaccins contre la grippe provoquent environ 1,3 choc anaphylactique par million de doses.

Même si le taux pour le vaccin de Pfizer-BioNTech contre le coronavirus est environ dix fois supérieur, le nombre de cas de réactions allergiques sévères reste « excessivement rare » et la population a tout intérêt à se faire vacciner, les risques de la pandémie de COVID-19 étant bien plus grands, a affirmé Mme Messonnier.

« Nous savons soigner un choc anaphylactique et nous avons mis en place des procédures sur les sites de vaccination » pour réagir en cas de besoin, a-t-elle ajouté.

De 27 à 60 ans

Les 21 cas recensés par les CDC concernaient des personnes âgées de 27 à 60 ans, avec un âge médian de 40 ans. Toutes sauf deux ont été soignées avec de l’épinéphrine, couramment utilisée pour traiter des allergies violentes.

19 cas (90 %) des chocs allergiques ont concerné des femmes, et les symptômes sont survenus entre 2 et 150 minutes après l’injection du vaccin (temps médian de 13 minutes). Parmi ces symptômes figuraient des éruptions cutanées, de l’urticaire, une sensation d’étouffement, un gonflement de la langue, des difficultés respiratoires, des lèvres gonflées, la nausée et une toux sèche persistante.

Nous savons soigner un choc anaphylactique et nous avons mis en place des procédures sur les sites de vaccination

 

Quatre patients (19 %) ont été hospitalisés, dont trois aux soins intensifs, et les 17 autres ont été pris en charge dans un service d’urgences.

Aucun décès n’a été déploré et toutes les personnes sauf une étaient rétablies au moment où l’étude a été rédigée. Mme Messonnier a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer la cause des réactions allergiques.

Le Moderna

L’une des hypothèses s’intéresse à la présence dans le vaccin d’une substance, le polyéthylène glycol (PEG), qui est utilisée dans de nombreux produits courants, comme les laxatifs, les shampoings ou le dentifrice, mais qui n’a encore jamais été employée dans des vaccins.

Actuellement, les autorités américaines ont autorisé deux vaccins, celui développé par Pfizer et un autre produit par Moderna. Tous deux utilisent une nouvelle technologie, dite de l’ARN messager (mRNA), qui n’avait jamais été approuvée dans un vaccin jusqu’à présent, et contiennent du PEG.

Les données sont encore insuffisantes pour déterminer le taux de chocs anaphylactiques après injection du vaccin Moderna.  

Ailleurs dans le monde

Plus d’un million d’habitants de l’Union européenne (UE) ont reçu une dose de vaccin contre la COVID-19, les Danois, les Allemands et les Italiens faisant la course en tête, selon un bilan établi mercredi par l’AFP. Depuis le début de la campagne de vaccination européenne fin décembre, au moins 1,1 million de personnes, soit environ 0,2 % de la population de l’UE, ont reçu une dose du vaccin de Pfizer-BioNTech, le seul actuellement administré dans l’UE.Un deuxième vaccin, celui de Moderna, a été autorisé par Bruxelles mercredi.En comparaison, la Chine a administré des doses à plus de 4,5 millions de personnes (0,3 %, au 31 décembre), Israël à 1,49 million de personnes (17,2 %) et le Royaume-Uni à plus de 1,3 million de personnes (1,9 %). Tous ces pays ont démarré leur campagne avant l’Union européenne.Dans l’UE, c’est l’Allemagne qui a réalisé le plus d’injections (367 331), devant l’Italie (272 307), la Pologne (140 226), l’Espagne (139 339) et le Danemark (63 312), selon les dernières données disponibles.Mais en proportion de sa population, c’est le Danemark qui a vacciné le plus au sein de l’UE : 1,1 % de la population danoise a reçu une dose, loin devant l’Italie (0,45 %), l’Allemagne (0,44 %) et la Slovénie (0,43 %). Ces taux sont très éloignés de ceux affichés par Israël (17,2 %) ou les Émirats arabes unis (8,4 %), champions en la matière, qui ont respectivement commencé à vacciner le 19 et le 14 décembre.De leur côté, la quasi-totalité des pays membres de l’Union ont démarré leur campagne entre le 26 et le 29 décembre, à l’exception des Pays-Bas, qui n’ont commencé que mercredi.

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