La Californie devient le nouvel épicentre de la pandémie aux États-Unis

Une infirmière portant un habit de protection dans une unité temporaire de soins intensifs à Tarzana, en Californie.
Photo: Apu Gomes Agence France-Presse Une infirmière portant un habit de protection dans une unité temporaire de soins intensifs à Tarzana, en Californie.

L’épicentre de la pandémie de coronavirus aux États-Unis vient de se déplacer à l’Ouest, en Californie, où les cas de COVID-19 explosent depuis plusieurs jours, mettant une pression sans précédent sur le système de santé de l’État.

Mardi, 31 440 nouveaux cas de contamination ont été identifiés en Californie où 361 nouveaux décès y ont fait franchir la barre symbolique des 11 000 morts depuis le début de la crise sanitaire.

Les hospitalisations atteignent désormais des niveaux record, à près de 22 000, dont 4600 aux soins intensifs. Les unités de soins sont au bord de l’effondrement, particulièrement dans le comté de Los Angeles, le plus populeux de la Californie avec 10 millions d’habitants.

Mercredi, l’incidence de la deuxième vague sur les lits en soins intensifs a forcé les autorités à reporter l’ensemble des chirurgies électives dans les comtés où les unités de soin COVID sont remplies à plus de 90 %. Dans plusieurs hôpitaux de Los Angeles, ces lits sont occupés à plus de 150 %.

Virus ou autre problème

« La demande pour l’oxygène est telle que certains hôpitaux peinent à maintenir une pression suffisante » dans leur système « pour envoyer l’oxygène dans les poumons des malades », a indiqué Christina Ghaly, directrice des services de santé du comté.

« De nombreux hôpitaux ont atteint un niveau critique et doivent prendre des décisions difficiles sur les soins aux patients », a-t-elle expliqué.

La Californie est placée désormais face à des choix déchirants. Lundi, une directive a été envoyée aux ambulanciers de Los Angeles pour leur demander de ne plus transporter vers les hôpitaux les patients en arrêt cardiaque « si les procédures de réanimation (massage cardiaque, défibrillateur, etc.) n’ont pas rétabli le pouls » au moment de la prise en charge, indique la note. La mesure vise à rationner autant l’oxygène que les lits en soin intensif dans les hôpitaux aux profits de patients dont l’état de santé leur assure une plus grande chance de survie en cas de contamination.

La demande pour l’oxygène est telle que certains hôpitaux peinent à maintenir une pression suffisante dans leur système pour envoyer l’oxygène dans les poumons des malades

 

« Si nous continuons à faire face à une augmentation alarmante des admissions de patients atteints de la COVID-19 dans les hôpitaux de tout l’État, certaines installations pourraient ne plus être en mesure de fournir les soins nécessaires dont les Californiens ont besoin, que ces patients aient le coronavirus ou un autre problème de santé », a déclaré le Dr Tomás J. Aragón, directeur du Département de la santé publique de Californie et responsable de la santé publique, en entrevue au réseau CNN.

Submergée par des hospitalisations en hausse, la Californie se prépare également au pire en raison des rassemblements qui se sont tenus pendant les fêtes de fin d’année et le retour de Californiens partis rendre visite à leur famille dans d’autres États durant les derniers jours. « L’augmentation du nombre de cas va se poursuivre probablement dans les prochaines semaines », a prédit la directrice de la santé publique du comté de Los Angeles, Barbara Ferrer.

« Nous risquons d’être confrontés à des conditions pires en janvier que celles que nous avons affrontées depuis le début de la pandémie. Et c’est très difficile à concevoir. »

Avec l’Agence France-Presse

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