Submergés par la COVID-19, les hôpitaux de Los Angeles rationnent lits et oxygène

Les ambulanciers ont reçu comme consigne de ne plus transporter certains patients en arrêt cardiaque aux chances de survie quasi nulles.
Photo: Apu Gomes Agence France-Presse Les ambulanciers ont reçu comme consigne de ne plus transporter certains patients en arrêt cardiaque aux chances de survie quasi nulles.

Submergés par des cas de COVID-19 qui battent des records depuis plusieurs semaines, les services d’urgence de Los Angeles ont commencé à rationner l’oxygène et les lits, demandant désormais aux ambulanciers de ne plus transporter vers les hôpitaux certains patients en arrêt cardiaque aux chances de survie quasi nulles.

« Avec effet immédiat, en raison de l’impact grave de la pandémie de COVID-19 sur les services d’urgence et les hôpitaux, les patients adultes en arrêt cardiaque ne doivent plus être transportés » vers un hôpital si les procédures de réanimation (massage cardiaque, défibrillateur, etc.) n’ont pas rétabli le pouls sur place, demande l’agence des urgences médicales du comté de Los Angeles dans une directive adressée lundi aux hôpitaux, ambulanciers et pompiers de la région.

Une autre directive demande quant à elle de rationner l’oxygène administré aux malades, sauf exception.

« La demande pour l’oxygène est telle que certains hôpitaux peinent à maintenir une pression suffisante » dans leur système « pour pomper de l’oxygène dans les poumons des malades de la COVID-19 », a affirmé la Dre Christina Ghaly, directrice des services sanitaires du comté de Los Angeles, le plus peuplé des États-Unis avec quelque 10 millions d’habitants. « De nombreux hôpitaux ont atteint un niveau critique et doivent prendre des décisions difficiles sur les soins aux patients », a-t-elle expliqué.

La Dre Ghaly a averti que l’actuelle explosion des cas n’est que la conséquence des vacances et rassemblements familiaux de la fête de l’Action de grâce, fin novembre, mais ne reflète pas encore les contaminations de Noël et du jour de l’An.

« Nous allons probablement connaître en janvier la pire situation depuis le début de la pandémie, et c’est difficile à imaginer », a renchéri la directrice de la santé publique du comté, Barbara Ferrer. Selon elle, le nombre total de cas de COVID-19 dans le comté a doublé en l’espace d’un mois, dépassant 800 000. Actuellement une personne testée sur cinq est positive, cinq fois plus que le 1er novembre.

En moyenne, le comté a enregistré 184 décès dus à la COVID-19 chaque jour au cours de la semaine dernière, soit un mort toutes les huit minutes, selon les calculs du Los Angeles Times.

« Chacun doit garder à l’esprit que le niveau de transmission est si élevé qu’on risque d’être exposé dès qu’on sort de chez soi », a insisté Mme Ferrer, rappelant la nécessité de se conformer aux restrictions mises en place depuis fin novembre.

La Californie avait contenu avec succès la propagation du coronavirus au début de la pandémie, en instaurant un confinement assez strict dès le mois de mars, mais la situation s’est rapidement aggravée ces derniers mois. Au cours des sept derniers jours, l’État américain le plus peuplé (environ 40 millions) a enregistré 265 000 nouveaux cas à lui seul.

À voir en vidéo