Trump continue de chercher ses votes

Depuis sa défaite en novembre, le président Donald Trump s'est lancé dans une croisade pour nier la victoire de son adversaire. 
Photo: Andrew Caballero Reynolds Agence France-Presse Depuis sa défaite en novembre, le président Donald Trump s'est lancé dans une croisade pour nier la victoire de son adversaire. 

Le président défait, Donald Trump, a de nouveau harcelé le secrétaire d’État de la Géorgie pour qu’il annule la victoire de Joe Biden dans cet État, allant même jusqu’à lui suggérer de « trouver » suffisamment de votes pour lui donner la victoire. Cette conversation téléphonique est la dernière tentative de M. Trump pour exercer des pressions sur un responsable de l’État pour qu’il annule les résultats électoraux. Elle survient à moins de trois semaines de la date officielle de la cérémonie d’assermentation du président désigné, Joe Biden, et pendant que le 117e Congrès américain effectuait sa première session de travail.

La démarche de M. Trump visait aussi à galvaniser l’électorat républicain à deux jours du deuxième tour des élections sénatoriales qui détermineront lequel des deux principaux partis aura le contrôle au Sénat.

M. Trump a confirmé dimanche sur Twitter qu’il s’était entretenu la veille avec le secrétaire d’État géorgien, le républicain Brad Raffensperger. Des extraits audio de la conversation ont été diffusés en ligne par le Washington Post. Un enregistrement de l’appel a aussi été obtenu par l’Associated Press. Dans cet enregistrement, on entend Donald Trump dire à son interlocuteur : « Tout ce que je veux, c’est ceci. Je veux simplement trouver 11 780 votes, soit un de plus dont nous avons besoin. Parce que nous avons gagné l’État. » Selon les résultats du scrutin présidentiel certifié par la Géorgie, Joe Biden a devancé son rival par 11 779 voix.

Je veux simplement trouver 11 780 votes, soit un de plus dont nous avons besoin.

 

La Maison-Blanche a transmis des questions au sujet de la conversation à l’organisation de campagne de M. Trump.Celle-ci n’y avait pas répondu. Le cabinet de M. Raffensperger n’a pas répondu à une demande d’entrevue.

Donald Trump a attaqué à plusieurs reprises la manière dont M. Raffensperger, un républicain, a dirigé les élections en Géorgie, affirmant sans preuve que les 16 votes électoraux de l’État ont été attribués à tort à Joe Biden. « Il n’a aucune idée ! », a lancé M. Trump sur Twitter,ajoutant que le secrétaire d’État « n’était pas désireux ou était incapable » de répondre aux allégations infondées de fraude électorale en Géorgie.M. Raffensperger a répondu sur Twitter.« Respectueusement, Monsieur le Président, ce que vous dites n’est pas vrai. La vérité sortira. »

Il n’y a pas eu de fraude généralisée lors des élections, ce que plusieurs responsables électoraux des deux partis ont confirmé. L’ancien procureur général fédéral, William Barr, un proche allié de Donald Trump, a dit qu’il n’y avait aucune preuve de fraude. Les contestations judiciaires ont été rejetées par plusieurs tribunaux, dont deux fois par la Cour suprême.

Photo: Brynn Anderson Associated Press Le secrétaire d'État de la Georgie, Brad Raffensperger

Pelosi reconduite de justesse

Parallèlement, la démocrate Nancy Pelosi a été réélue de justesse, dimanche, présidente de la Chambre des représentants, lors de la première session de travail du 117e Congrès américain, qui affiche de profondes divisions. À 80 ans, l’habile tacticienne, qui a été la principale opposante au président Donald Trump durant la deuxième partie de son mandat, a été reconduite comme « speaker » pour les deux ans à venir, malgré les réticences de certaines voix à la gauche de son parti.

L’élue de Californie a obtenu 216 voix contre 209 pour son rival républicain, Kevin McCarthy. Mme Pelosi emmènera derrière elle une courte majorité à la Chambre, rétrécie après les élections de novembre.

Les 435 sièges des élus de la chambre basse ont été renouvelés en même temps que le scrutin présidentiel. La majorité au Sénat reste pour le moment suspendue à deux élections partielles en Géorgie, qui décideront ainsi de l’équilibre du pouvoir à Washington pour le début du mandat de Joe Biden.

 

Avec l’Agence France-Presse

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