Le plan de relance du Congrès américain finalement ratifié

La résistance du président américain fait également planer le spectre d’une fermeture des services publics dès mardi parce que la proposition de loi fait partie d’un ensemble de textes législatifs incluant le financement de l’État fédéral.
Photo: Samuel Corum Getty Images Agence France-Presse La résistance du président américain fait également planer le spectre d’une fermeture des services publics dès mardi parce que la proposition de loi fait partie d’un ensemble de textes législatifs incluant le financement de l’État fédéral.

Sous la pression des parlementaires de tous bords politiques, le président Donald Trump a finalement ratifié dimanche soir, après des jours de résistance, le nouveau plan de relance économique de 900 milliards de dollars américains adopté lundi au forceps par le Congrès.

Le locataire de la Maison-Blanche a également signé dans la foulée la proposition de loi de financement de l'Etat fédéral, ce qui permet d'éviter la fermeture mardi des services publics.

« Je ratifie cette législation pour restaurer les allocations de chômage, arrêter les expulsions [locatives], apporter de l'assistance aux bailleurs, ajouter des fonds supplémentaires au programme de prêts aux entreprises, permettre aux employés de l'aérien de retourner au travail et donner des fonds substantiels en plus pour la distribution des vaccins », a expliqué M. Trump dans un communiqué.

Ce revirement intervient après une journée marquée par des appels de tous bords politiques l'incitant à agir pour éviter un désastre économique et social, notamment pour les populations les plus vulnérables, alors que des allocations de chômage de millions de personnes sans emploi ont expiré samedi à minuit.

« Les Américains ont besoin d'une aide d'urgence », avait enjoint un peu plus tôt dimanche sur Twitter l'influent sénateur républicain Mitt Romney. « Le président doit ratifier immédiatement le plan d'aide du Congrès ou alors y opposer son véto avant qu'il ne soit trop tard ».

« La seule bouée de sauvetage » de millions de familles

Jusqu'à dimanche soir, M. Trump attribuait son refus d'apposer son sceau sur la proposition de loi au fait qu'il fallait une revalorisation des chèques d'aide aux familles en difficulté, s'opposant ainsi aux élus de son propre parti républicain et mettant à risque des millions d'Américains.

L'allocation de chômage prévue par deux programmes d’assistance fédérale mis en place en mars dans le cadre du premier plan de soutien à l'économie a expiré samedi à minuit, laissant dans l'inconnu au moins 12 millions d'Américains qui en bénéficiaient, d'après le groupe de réflexion progressiste The Century Foundation.

Le nouveau plan de relance prolonge jusqu'à la mi-mars ces aides fédérales versées aux chômeurs, accorde des prêts garantis aux entreprises, prévoit des milliards de dollars d'aides aux PME et aux sociétés des secteurs de la restauration, de l'hôtellerie, du transport aérien, etc. Il prolonge également le moratoire interdisant les expulsions de personnes ne pouvant payer leur loyer, suspend les saisies immobilières et prévoit des fonds pour la distribution des vaccins contre la COVID-19.

Sans la signature de Donald Trump, toutes ces mesures ne pouvaient pas entrer en vigueur.

Ces aides sont cruciales d'autant que la reprise économique est au point mort, freinée par de nouvelles restrictions à l'activité et aux déplacements dues à la flambée des infections de COVID-19.

Elles sont, selon Andrew Stettner de The Century Foundation, « la seule bouée de sauvetage évitant à des millions de familles de tomber dans la pauvreté ».

« Sans une allocation de chômage ou un salaire, des familles n'auront pas les moyens de s'acheter à manger, de conserver leur maison ou leur voiture, d'acheter des médicaments importants, et feront face à de difficiles épreuves de sorte que retrouver un emploi et sortir du trou dans lequel les aura plongées la récession seront un combat », prévient M. Stettner. Les Afro-Américains et les Hispaniques sont les plus affectés, d'après lui.

Nouvelle session parlementaire lundi

Le retard pris par M. Trump pourrait aggraver les blessures économiques causées par la pandémie, en l'occurrence un bond du chômage de longue durée.

Le président sortant a pris de court les parlementaires lorsqu'il a jugé mardi que le plan de relance de 900 milliards de dollars adopté à une large majorité par les deux chambres du Congrès et approuvé par son ministre de l'Economie et des Finances était une « honte ».

Sans dire expressément qu'il allait y opposer son veto, il demandait que soit triplé, de 600 à 2000 dollars, le montant des chèques devant être envoyés directement aux ménages.

Les démocrates, favorables à un accroissement des versements, ont tenté jeudi de faire voter un amendement en ce sens à la Chambre des représentants, mais il a été bloqué par la minorité républicaine. 

Une autre session parlementaire est prévue lundi.

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