Les États-Unis vont vacciner en masse contre la COVID-19

L’Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine avec 236 700 nouveaux cas en moyenne par jour.
Photo: Kirill Kudryavtsev Agence France-Presse L’Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine avec 236 700 nouveaux cas en moyenne par jour.

Les États-Unis ont lancé une impressionnante opération pour acheminer les premiers vaccins anti-COVID-19, qui doivent commencer à être administrés lundi à des millions d’Américains, tandis que l’Allemagne s’engage avant Noël dans un confinement partiel pour tenter de ralentir l’épidémie. En un an, la pandémie a déjà tué plus de 1,6 million de personnes dans le monde.

Aux États-Unis, pays le plus touché en nombre de morts (297 843) comme de cas (plus de 16 millions), le vaccin Pfizer-BioNTech commence à être expédié, en caisses réfrigérées à -70 °C, depuis l’usine Pfizer du Michigan vers des hôpitaux et d’autres sites. « Les premières cargaisons arriveront lundi matin », a assuré le général Gus Perna, responsable de cette opération baptisée « Warp Speed » (vitesse de l’éclair).

Selon le général, 145 sites du pays recevront le vaccin lundi, 425 de plus mardi et 66 mercredi. Cette première phase concerne environ trois millions de personnes, avec un objectif de 20 millions au total en décembre.Pfizer indique que 20 avions transporteront ses vaccins chaque jour.

L’urgence se fait sentir : les infections ont grimpé en flèche, avec 1,1 million de nouveaux cas confirmés durant les cinq derniers jours. La mort samedi des suites de la COVID-19 du chanteur noir de country Charley Pride, 86 ans, a suscité l’émotion dans le pays.

La direction des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) a émis une recommandation pour l’utilisation du vaccin auprès des Américains dès l’âge de 16 ans. Elle conseille que les pensionnaires des maisons de retraite (trois millions de personnes) et les professionnels du secteur de la santé (21 millions) soient prioritaires.

Les États-Unis ont été vendredi le sixième pays à approuver le vaccin de l’alliance américano-allemande, après le Royaume-Uni, le Canada, Bahreïn, l’Arabie saoudite et le Mexique. L’Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d’ici fin décembre.

L’Europe « hors de contrôle »

Sur le vieux continent, le plus frappé avec 477 631 décès et plus de 22 millions de cas, les craintes s’accentuent avant les fêtes de fin d’année, et la deuxième vague de l’épidémie s’accélère notamment en Allemagne et en Italie. Selon les données compilées par l’AFP, l’Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine (+236 700 en moyenne par jour).

L’Allemagne, où la pandémie « est hors de contrôle » selon le dirigeant de la Bavière, Markus Söder, a décrété dimanche un confinement partiel de mercredi jusqu’au 10 janvier, rappelant celui vécu au printemps lors de la première vague. Les commerces non essentiels, les écoles et les crèches seront fermés, le télétravail privilégié et les contacts sociaux limités. Restaurants, bars, musées, théâtres et installations sportives sont déjà fermés depuis début novembre.

En Suisse, le directeur de l’hôpital de Zurich réclame la mise à l’arrêt du pays et, selon le SonntagsZeitung, les cinq hôpitaux universitaires de Bâle, Berne, Zurich, Lausanne et Genève ont exprimé « leur grande préoccupation » au ministre de la Santé.

L’Italie, au cinquième rang des pays les plus endeuillés au monde, après les États-Unis, le Brésil, l’Inde et le Mexique, a dépassé samedi le Royaume-Uni comme pays européen le plus touché avec 64 036 morts et plus de 1,8 million de cas.

« Je suis préoccupé pour les deux semaines de fêtes de Noël », a commenté samedi le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza. « Les déjeuners avec des dizaines de personnes à Noël sont à proscrire », a averti le président de l’Institut supérieur de la santé italien, Silvio Brusaferro.

La Lituanie va fermer la plupart des magasins à partir de mercredi. Pour sa première ministre, Ingrida Simonyte, « les chiffres sont effrayants et attristants, le risque est désormais partout ».

En France (57 000 morts), il existe un « risque élevé » d’une flambée « dans les prochaines semaines », aalerté l’organisme Santé publique Francevendredi, alors que le gouvernement avait annoncé jeudi un prudent déconfinement à partir du 15 décembre. Une fête clandestine réunissant 500 personnes, au mépris du confinement, a été évacuée par les forces de l’ordre dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille (sud de la France).

En Asie, la Corée du Sud, qui affronte une troisième vague d’infections, a signalé dimanche 1030 nouveaux cas, un record pour le deuxième jour d’affilée. Longtemps érigé en modèle de gestion de la crise sanitaire, le pays a été surpris par ce regain et le président, Moon Jae-in, a évoqué samedi une situation « très grave ». Il a présenté ses excuses à propos des difficultés rencontrées par son gouvernement.

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