Au tour des États-Unis d’autoriser le vaccin de Pfizer-BioNTech

Photo: Jacob King Pool via Agence France-Presse

Les États-Unis ont accordé, vendredi soir, une autorisation en urgence au vaccin de l’alliance Pfizer-BioNTech contre la COVID-19, a annoncé la directrice scientifique de l’Agence américaine des médicaments (FDA) dans une lettre.

Une immense opération de logistique devait être immédiatement lancée, dans les heures qui viennent, pour distribuer le vaccin aux quatre coins du pays. Les premières vaccinations seront administrées « dans moins de 24 heures », a indiqué dans la foulée le président Donald Trump.

Cette autorisation était imminente, poussée par l’impatience du milliardaire, qui exigeait des autorités sanitaires, en matinée , qu’elle ait lieu le jour même.

« Sortez le fichu vaccin MAINTENANT », a tweeté vendredi matin le dirigeant américain, qui a concentré toute sa réponse à la pandémie sur le développement ultrarapide d’un remède.

Selon plusieurs médias, le chef de cabinet de M. Trump avait exigé du directeur de la FDA qu’il finalise le processus d’autorisation vendredi, ou bien qu’il donne sa démission. Un comité d’experts indépendants a recommandé jeudi à la FDA d’autoriser le vaccin de l’alliance Pfizer-BioNTech.

Le président désigné Joe Biden avait, lui, au contraire, loué l’« intégrité scientifique » de la FDA, qui a tenu à ne pas donner l’image d’une procédure bâclée. « Vous pouvez avoir confiance [en ce vaccin]. Il n’y a pas d’interférence politique », a déclaré M. Biden vendredi en journée depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware.

Les États-Unis ont d’ailleurs acheté 100 millions de doses supplémentaires du vaccin de Moderna contre la COVID-19, a annoncé vendredi le ministère américain de la Santé dans un communiqué. Elles s’ajoutent aux 100 millions de doses de ce vaccin déjà précommandées par le pays à la société de biotechnologie américaine. Les États-Unis ont déjà acheté 100 millions de doses du vaccin développé par l’alliance Pfizer-BioNTech.

Un comité consultatif doit se réunir jeudi prochain pour rendre son avis sur le vaccin de Moderna, après étude des données complètes des essais cliniques.

Les États-Unis, pays le plus touché au monde en chiffres absolus, ont enregistré vendredi un nouveau record de contaminations avec près de
235 000 cas recensés en 24 heures, selon les chiffres de l’université Johns Hopkins, qui font référence. La première économie mondiale enchaîne les records : depuis une semaine, à l’exception du week-end, les chiffres de nouvelles contaminations quotidiennes sont supérieurs à 200 000. Relativement à cette flambée de l’épidémie, de nouvelles restrictions sont prises localement : à New York, les restaurants ne pourront plus servir en intérieur à partir de lundi.

Inquiétude en Europe

L’Organisation mondiale de la santé a appelé à redoubler de vigilance pendant les Fêtes de fin d’année, alors que le nombre de décès hebdomadaires a bondi de 60 % au cours des six dernières semaines.

Dans le monde, le nouveau coronavirus a tué au moins 1 582 721 personnes, pour près de 70 millions de contaminations confirmées. L’Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine (+236 700 en moyenne par jour). La pandémie, qui reculait depuis mi-novembre, s’y est stabilisée à un niveau élevé.

En France (près de 57 000 morts), il existe un « risque élevé » d’une flambée « dans les prochaines semaines », a alerté l’organisme Santé publique France vendredi, qui appelle à la « plus grande vigilance, notamment dans la perspective des fêtes de fin d’année ».

La situation épidémiologique reste précaire au Royaume-Uni, avec une flambée de cas à Londres et dans le Sud-Est. Mais le pays a lancé mardi sa campagne de vaccination, après avoir été le premier pays à donner son feu vert au vaccin de l’alliance américano-allemande Pfizer-BioNTech.

Le Canada, Bahreïn et l’Arabie saoudite l’ont depuis imité, et l’Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d’ici la fin décembre.

Au Mexique, les autorités ont approuvé, vendredi, la mise sur le marché du vaccin, a indiqué le sous-secrétaire à la Santé Hugo Lopez-Gatell.

Parallèlement aux progrès du vaccin Pfizer-BioNTech, les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont essuyé un revers : ils ont déclaré que leur vaccin anti-COVID ne serait prêt qu’à la fin de 2021, après des résultats moins bons qu’attendu dans les premiers essais cliniques.  Ils tablent désormais sur une disponibilité du vaccin au quatrième trimestre 2021, alors qu’ils visaient initialement une demande d’homologation au premier semestre.

 

Plus de 180 000 morts au Brésil

Le Brésil a dépassé, vendredi, le seuil des 180 000 morts de la COVID-19, selon le dernier bilan du ministère de la Santé, qui fait état de 646 décès lors des 24 heures. Deuxième pays le plus endeuillé après les États-Unis, le Brésil compte au total 180 411 décès et 6,83 millions de cas confirmés. Dans 7 des 27 capitales d’États brésiliens, l’occupation des lits de soins intensifs est supérieure à 90 %.



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