Joe Biden appelle au respect du vote populaire

Les résultats de la Pennsylvanie ont été certifiés officiellement mardi en faveur de Joe Biden.
Photo: Carolyn Kaster Associated Press Les résultats de la Pennsylvanie ont été certifiés officiellement mardi en faveur de Joe Biden.

Joe Biden a averti mercredi que les Américains n’accepteraient pas que sa victoire à la présidentielle américaine ne soit pas respectée tandis que Donald Trump continuait de crier, sans preuve, à la fraude, en appelant ses partisans à « inverser » le résultat du scrutin.

Un à un, les États clés certifient leurs résultats. Une à une, les actions en justice de l’équipe Trump échouent, parfois rejetées avec impatience par les juges, faute de fondement.

Mais rien n’y fait. M. Trump continue de nier publiquement sa défaite annoncée le 7 novembre, un refus sans précédent dans l’histoire politique américaine. Alors qu’il a donné lundi son feu vert au processus de transfert du pouvoir vers son successeur.

Dans une curieuse scène mercredi, le milliardaire républicain s’est adressé, à travers un haut-parleur de téléphone, à des sénateurs républicains de l’Assemblée locale de la Pennsylvanie. « Nous devons inverser cette élection », a-t-il déclaré. Les démocrates « ont triché. Ça a été un scrutin frauduleux ».

Les résultats de cet État clé ont été certifiés officiellement mardi en faveur de Joe Biden. Aucune fraude massive n’a été démontrée lors de la présidentielle du 3 novembre. Et aucun doute ne pèse sur le fait que le démocrate deviendra le 46e président des États-Unis le 20 janvier.

« En Amérique, nous avons des élections libres et justes, et nous en respectons les résultats. Les habitants et les lois de ce pays n’accepteront pas autre chose », a lancé Joe Biden presque en même temps, depuis sa ville de Wilmington, dans le Delaware.

Se posant en rassembleur, il a une nouvelle fois voulu marquer le contraste avec celui qui dirige encore le pays. Le président désigné donnait une allocution avant la grande fête de Thanksgiving dans un cadre solennel et traditionnel. « Vous voulez des solutions, pas des cris. De la raison, pas de l’hypersectarisme. De la lumière, pas des flammes », a-t-il martelé.

En Amérique, nous avons des élections libres et justes, et nous en respectons les résultats. Les habitants et les lois de ce pays n’accepteront pas autre chose.

Rien ne figurait en revanche au programme officiel de Donald Trump mercredi, mais dans la matinée, il avait été envisagé qu’il se rende en personne à Gettysburg, en Pennsylvanie, pour y retrouver son avocat haut en couleur Rudy Giuliani.

L’annulation à la dernière minute de ce déplacement a encore alimenté l’image d’une fin de mandat chaotique. Mais Donald Trump apparaît de plus en plus isolé dans le camp républicain, y compris chez les grandes voix médiatiques conservatrices, dans son « combat » contre le résultat officiel.

Malgré son déni, Donald Trump a autorisé lundi soir l’ouverture du processus de transfert du pouvoir. Et, bien que les deux hommes ne se soient toujours pas parlé, Joe Biden avance vers le Bureau ovale.

Concrètement, ce feu vert a permis à l’équipe Biden de commencer à recevoir des informations de première main de la part du gouvernement Trump. Un élément crucial pour permettre au démocrate d’organiser une arrivée sans trop d’accrocs à la Maison-Blanche, alors que le pays est aux prises avec plusieurs crises : la pandémie de COVID-19, qui a fait plus de 260 000 morts et terrassé l’économie, mais aussi un mouvement historique de protestation contre le racisme.

Les premières réunions concernant la pandémie ont eu lieu mercredi, selon l’équipe Biden. Et ce dernier devrait finalement avoir accès aux informations classées secret-défense lundi prochain.

« Nous n’allons pas être aussi en retard que nous le pensions », a déclaré Joe Biden sur les ondes du réseau NBC mardi, soulignant qu’il lui restait deux mois pour se préparer.

De nouveaux grands noms du gouvernement Biden seront annoncés la semaine prochaine, dont son équipe économique.

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