Une présence militaire américaine réduite en Afghanistan et en Irak

Près de 7000 militaires américains sont morts et plus de 52 000 ont été blessés depuis le lancement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard, selon le Pentagone.
Photo: Munir Uz Zaman Agence France-Presse Près de 7000 militaires américains sont morts et plus de 52 000 ont été blessés depuis le lancement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard, selon le Pentagone.

Près de 20 ans après les attentats du 11 Septembre, les États-Unis vont réduire le nombre de leurs soldats en Afghanistan et en Irak à la mi-janvier 2021, tenant ainsi une promesse faite par Donald Trump malgré les craintes de leurs alliés de voir les groupes extrémistes se renforcer.

Environ 2000 militaires se seront retirés d’Afghanistan le 15 janvier et 500 autres auront quitté l’Irak, pour ne laisser que 2500 soldats dans chaque pays, a annoncé mardi le nouveau secrétaire américain de la Défense par intérim, Christopher Miller.

Le retrait surviendra alors que Donald Trump, qui avait promis en 2016 de mettre un terme aux « guerres sans fin », cédera le pouvoir au démocrate Joe Biden cinq jours plus tard.

Cette décision reflète le souhait du président américain de « mettre fin avec succès et responsabilité aux guerres en Afghanistan et en Irak et de ramener nos courageux soldats à la maison », a affirmé M. Miller.

Son prédécesseur, Mark Esper, limogé la semaine dernière, plaidait, lui, pour le statu quo, comme d’autres responsables militaires opposés à un retrait tant que la violence ne diminue pas sur le terrain.

« D’ici mai, le président Trump espère ramener tous les militaires en sécurité », a pour sa part indiqué le conseiller de la Maison-Blanche pour la sécurité nationale, Robert O’Brien.

Alliés inquiets

Près de 7000 militaires américains sont morts et plus de 52 000 ont été blessés depuis le lancement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard, selon le Pentagone.

Mais l’annonce suscite la crainte, aux États-Unis et dans le monde, d’une résurgence des groupes extrémistes, près de 20 ans après les attentats du 11 septembre 2001 fomentés par al-Qaïda, alors sous la protection des talibans afghans.

Et si le « califat » autoproclamé du groupe État islamique s’est effondré en mars 2019, les djihadistes continuent de semer la terreur.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a estimé lundi que les États-Unis « abandonneraient » leurs alliés en cas de retrait prématuré. Celui-ci « ravirait les personnes qui nous souhaitent du mal », a averti M. McConnell, pourtant un allié de M. Trump.

Le sénateur Jack Reed, membre démocrate de la Commission des forces armées, a dénoncé « une approche à courte vue [qui] n’apportera pas la paix et qui plus sûrement menacera l’Amérique ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a averti que l’Afghanistan pourrait « redevenir une base pour les terroristes internationaux » en cas de retrait des quelque 12 000 soldats de l’Alliance, dont moins de la moitié sont américains.

La France a estimé que ce serait une mauvaise idée et l’Allemagne, qui y a déployé 1300 soldats, a exigé que ce retrait soit coordonné au sein de l’OTAN.

En Afghanistan, les violences n’ont fait qu’augmenter ces derniers mois. Une attaque le 2 novembre contre l’Université de Kaboul a fait au moins 22 morts, des étudiants pour la plupart. Elle a été revendiquée par le groupe État islamique, mais le gouvernement a accusé les talibans d’en être les instigateurs.

Et en Irak, sept roquettes ont visé l’ambassade américaine à Bagdad au moment où intervenait Christopher Miller, rompant plus d’un mois de trêve décrétée par les factions irakiennes pro-Iran.

À voir en vidéo