Joe Biden demande un plan de soutien «immédiat» à l’économie

Le président élu américain Joe Biden
Photo: Andrew Harnik Associated Press Le président élu américain Joe Biden

Le président américain désigné, Joe Biden, a souligné lundi la nécessité de voter « rapidement » un nouveau plan d’aide à l’économie, toujours fragilisée par la pandémie de COVID-19, et réitéré ses principaux objectifs de campagne, notamment la création de millions d’emplois « bien payés » et d’un salaire minimum.

M. Biden s’exprimait depuis sa ville de Wilmington, dans le Delaware, à l’issue d’une rencontre virtuelle avec des responsables syndicaux et des hauts dirigeants d’entreprise, dont la patronne du constructeur automobile General Motors, Mary Barra, et le dirigeant du géant informatique Microsoft, Satya Nadella.

C’était sa première intervention au sujet de l’économie, une de ses priorités avec la lutte contre la pandémie de COVID-19. « Nous avons discuté de l’opportunité d’être [économiquement] plus forts, plus résilients que nous l’étions » avant la pandémie, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Il s’est dit « très encouragé » par les premiers échanges de lundi, non seulement avec les entreprises, mais aussi avec des responsables syndicaux, dont Richard Trumka, le président de l’AFL-CIO, principal syndicat des États-Unis.

Le futur président, qui a prédit un « hiver sombre », a en outre martelé que la condition sine qua non pour une reprise économique était de contrôler le virus. Parallèlement, a-t-il relevé, le Congrès doit absolument voter « rapidement » un plan de « soutien immédiat » à l’économie, alors que les Américains font face à une résurgence du coronavirus à travers le pays, obligeant certaines autorités locales, comme à New York, à durcir leurs mesures pour endiguer la pandémie.

« Notre plan est de créer des millions d’emplois bien payés dans l’industrie manufacturière, dans la construction de voitures, de produits, de technologies, dont nous aurons besoin dans le futur pour être compétitifs face au reste du monde », a-t-il déclaré. « Nous achèterons américain », a-t-il également promis, dans la continuité de ses discours de campagne.

Le démocrate a également réaffirmé sa volonté de mettre en place une « fiscalité équitable » qui consistera à faire payer les grandes entreprises et les Américains les plus aisés une « part juste », prenant le contre-pied du gouvernement Trump, qui avait abaissé l’impôt sur les entreprises de 35 % à 21 %, et celui des foyers les plus aisés.

15 $US l’heure

Joe Biden compte aussi mettre en place un salaire minimum à 15 $US de l’heure, une revendication syndicale, alors que nombre d’emplois, notamment dans le secteur de la restauration, ont un salaire fixe misérable (quelques dollars) et que les travailleurs comptent donc essentiellement sur les pourboires pour obtenir une rémunération décente. Selon ses conseillers, M. Biden entend « garantir » que travailleurs et entreprises puissent fonctionner en toute sécurité dans le contexte de la pandémie et « reconstruire l’économie pour qu’elle soit plus résiliente et inclusive »

Le président désigné entend présenter au lendemain de son intronisation son plan détaillé pour le commerce international. « L’idée de mettre le doigt dans l’œil de nos amis et d’embrasser les dictateurs n’a aucun sens pour moi », a-t-il dit, comme un pied de nez à son prédécesseur.

Joe Biden a dit vouloir redonner sa place aux États-Unis sur l’échiquier du commerce international, face à la Chine notamment, un sujet sur lequel il rejoint toutefois Donald Trump, qui avait mené une guerre commerciale contre Pékin pour rééquilibrer les échanges.

« Nous représentons jusqu’à 25 % de la capacité mondiale des échanges de biens et services. Nous devons être alignés avec les autres démocraties […] afin de pouvoir imposer nos règles du jeu au lieu de voir la Chine et d’autres dicter les leurs parce qu’ils sont les seuls joueurs ». Il a également assuré que son gouvernement allait « investir dans les travailleurs américains et les rendre plus compétitifs ».

Risque de décès supplémentaires

Joe Biden a, dans la foulée, mis en garde contre un risque de décès supplémentaires liés à la COVID-19 si Donald Trump et son gouvernement refusent de se coordonner avec l’équipe démocrate appelée à assurer la transition à la Maison-Blanche. Sans concertation entre les deux équipes se succédant à l’exécutif américain, « il se peut que davantage de personnes meurent », a averti M. Biden, en citant notamment l’urgence de préparer la distribution des vaccins dès qu’ils seront disponibles.

« S’il nous faut attendre jusqu’au 20 janvier [jour de la passation des pouvoirs] pour commencer à planifier, cela nous fait prendre un retard d’un mois, un mois et demi », a assuré M. Biden « Et il est tellement crucial que cette coordination commence maintenant… Maintenant ou aussi vite que possible », a-t-il insisté.

En refusant de reconnaître sa défaite électorale et en affirmant au contraire être celui qui présidera les États-Unis ces prochaines années, Donald Trump suscite des inquiétudes et rompt avec la tradition selon laquelle le président désigné est amené à être inclus, au moins en tant qu’observateur, dans les grandes décisions de la période de transition à la Maison-Blanche.

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