Importante manifestation pour Trump à Washington

Le convoi présidentiel est passé devant Freedom Plaza, où des manifestants enthousiastes criaient «Quatre ans de plus! Quatre ans de plus!», ou encore «USA! USA!» .
Photo: Olivier Doulery Agence France-Presse Le convoi présidentiel est passé devant Freedom Plaza, où des manifestants enthousiastes criaient «Quatre ans de plus! Quatre ans de plus!», ou encore «USA! USA!» .

Plusieurs milliers de manifestants ont pris d’assaut le centre-ville de Washington samedi pour dénoncer que l’élection ait été « volée » à Donald Trump. Ses partisans ont tous martelé, drapeaux « Trump 2020 » en mains, que le milliardaire républicain a bel et bien été réélu président des États-Unis la semaine dernière.

« Stop the Steal ! », scandaient-ils régulièrement, en alternant avec des « USA ! USA ! »

De New York en passant par la Pennsylvanie, la Floride et même le Colorado, ces électeurs républicains avaient tous fait le trajet pour soutenir leur candidat. Le président sortant est venu les saluer brièvement, à bord de son convoi automobile, avant de prendre la route vers son terrain de golf.

Ces électeurs réunis dans la capitale américaine pour l’encourager à continuer de contester l’élection n’avaient aucun doute : le président sortant leur dit la vérité lorsqu’il répète, sans preuves à l’appui, que l’élection a été truquée et Joe Biden a tort de penser qu’il investira la Maison-Blanche en janvier.

 
Photo: Marie Vastel Le Devoir Des électeurs républicains se sont réunis dans la capitale américaine pour encourager Donald Trump à continuer de contester l’élection.

« Je ne crois pas que Biden a gagné », a tranché une dame, venue de Pennsylvanie et vêtue de vêtements roses au nom de Donald Trump.

« Il n’y a aucun doute dans mon esprit que cette élection a été volée », a renchéri Chris, venu de New York.

Zumi, qui est partie du Colorado pour Washington, s’étonne quand on lui demande si elle croit encore que Donald Trump a des chances de renverser les résultats et de gagner l’élection. « Il a déjà gagné ! », réplique-t-elle, catégorique. « C’est les médias traditionnels qui ne veulent pas qu’on le sache. » Ses compatriotes lancent régulièrement des « Fake News » aux journalistes sur place ou d’autres propos moins polis au sujet des médias.

Des faits alternatifs

Bien que les autorités électorales aient certifié cette semaine que les élections présidentielles n’ont pas été entachées de fraude, les Trumpistes n’en croient rien. Impossible, à leurs yeux, que Donald Trump n’ait pas gagné compte tenu de la taille de ses rassemblements depuis des mois. Les manifestants ont plutôt avancé samedi, sans preuves eux non plus, que des votes ont été jetés, que d’autres n’ont pas été comptés, ou encore que Joe Biden ne s’est mérité que 30 millions de votes — même si les autorités certifient qu’il s’en est mérité 78,6 millions, contre 73 millions pour Donald Trump.

Peu importe les faits, les Trumpistes en ont d’autres à offrir et s’étaient mobilisés samedi pour montrer qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot. Le mouvement pro-Trump est soudé.

Ses partisans ne croient pas non plus à la sévérité du coronavirus. La quasi-totalité ne portait pas de masque samedi, malgré le fait qu’ils aient défilé entassés pendant des heures dans les rues du centre-ville en pleine troisième vague de la pandémie.

Photo: Marie Vastel Le Devoir Des manifestants du camp adverse se sont présentés pour confronter la foule.

La violence suivra ?

Parmi les manifestants, des membres du groupe d’extrême droite Proud Boys vêtus de pantalons cargos et de vestes pare-balles étaient aussi présents. L’attirail militaire était populaire dans la foule.

Malgré les tensions entre les milliers de pro-Trump et les quelques manifestants du camp adverse qui ont osé se présenter pour les confronter, il n’y avait pas eu de gros débordements en fin de journée. La police était cependant aux aguets et est intervenue, à quelques reprises. Notamment lorsqu’un homme brandissant une affichette « Black Lives Matter » s’est rapidement fait encercler et chahuter par les manifestants qui l’accusaient de « semer la division » et lui criaient que « All Lives Matter » — la réplique des Trumpistes au mouvement de solidarité avec la communauté afro-américaine.

Trey Pendergraft, un ancien membre de l’armée venu du Texas, a prédit que les partisans de Trump ne demeureront pas aussi patients encore longtemps. « Vous ne pouvez pas voler une élection et croire qu’il n’y aura pas de conséquences », a-t-il argué. « Si cela n’est pas corrigé, on va se diriger vers de la violence. […] Nous sommes une nation née de la guerre. Vous n’allez pas voler une élection au peuple et s’attendre à ce qu’on se laisse faire. »

Chris, de New York, n’est pas allé aussi loin. « Je ne crois pas qu’on va voir une guerre civile. C’est une manifestation pacifique », a-t-il insisté. « Nous allons nous battre devant les tribunaux. »

Et si les tribunaux — où les recours de Donald Trump commencent à s’essouffler — confirment la victoire de Joe Biden ? « Ça ne veut pas dire qu’on est obligé d’accepter la légitimité du nouveau président », a répondu Chris, à l’instar des autres manifestants qui ont tous rejeté l’idée que Joe Biden ait réellement été élu il y a dix jours.

Ce reportage a été financé grâce au soutien financier du Fonds de journalisme international Transat — Le Devoir.

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