Les hôpitaux américains se retrouvent sous haute pression

Des gens attendent de se faire dépister, à New York. La moyenne des contaminations dépasse désormais les 100 000 nouveaux cas chaque jour aux États-Unis.
Kena Betancur Agence France-Presse Des gens attendent de se faire dépister, à New York. La moyenne des contaminations dépasse désormais les 100 000 nouveaux cas chaque jour aux États-Unis.

Après une hausse très rapide du nombre de cas de COVID-19 depuis plusieurs semaines aux États-Unis, les hôpitaux de plusieurs régions se retrouvent aujourd’hui de nouveau sous tension, forçant les autorités locales à prendre de nouvelles mesures pour tenter de faire face à l’épidémie.

Les Américains redoutent aujourd’hui un scénario à l’européenne, alors que la moyenne des contaminations dépasse désormais les 100 000 nouveaux cas chaque jour.

Quelque 65 000 personnes atteintes de la COVID-19 sont actuellement hospitalisées sur le sol américain, selon le COVID Tracking Project, du jamais vu.

La situation est particulièrement préoccupante dans la région d’El Paso, au Texas, État qui a dépassé le million de cas détectés.

Le comté d’El Paso, à la frontière avec le Mexique, compte à lui seul plus de 1000 personnes hospitalisées, pour un peu plus de 6800 dans tout le Texas. Les hôpitaux y sont occupés à 40 % par des malades de la COVID-19.

« C’est une période très sombre », a déclaré le docteur Ogechika Alozie, du centre médical Del Sol à El Paso, interrogé mercredi matin à CNN. « Le mot qui ressort, c’est “fatigue”, et “frustration”. »

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a demandé à utiliser un centre médical militaire pour accueillir les patients autres que ceux atteints de la COVID-19, afin de libérer des places. Des morgues mobiles supplémentaires doivent aussi être installées.

Hausse des décès

La situation à El Paso reflète par ailleurs les difficultés à mettre en place des mesures de restrictions dans un pays où le gouvernement fédéral n’a pas donné de direction ferme à l’échelle nationale.

Face à la flambée de COVID-19, le plus haut responsable du comté d’El Paso a ordonné fin octobre la fermeture des commerces non essentiels pour deux semaines. Une mesure immédiatement contestée par le maire de cette ville de 680 000 habitants ainsi que par le procureur de l’État.

Le président Trump, qui n’a cessé de minimiser l’épidémie, a laissé le soin aux responsables des États, comtés et villes de gérer la crise sanitaire.

Il a placé beaucoup de ses espoirs dans la mise au point rapide d’un vaccin. Les résultats positifs des essais cliniques menés par le laboratoire Pfizer laissent entrevoir un début de vaccination à la fin de cette année ou au début de 2021.

Mais l’urgence est immédiate. « La rapidité de l’augmentation des hospitalisations pour cause de COVID […] laisse présager une longue et tragique période de décès en hausse », a estimé l’ancien chef de l’Agence des médicaments Scott Gottlieb.

« Les cas augmentent en premier, suivis environ deux semaines plus tard par des hospitalisations, puis environ deux semaines après par des décès », a rappelé l’urgentiste new-yorkais et enseignant à l’Université de Columbia Craig Spencer. « Toutes les données vont dans la mauvaise direction, et vite. »

Si le nombre de morts recensées chaque jour est encore loin d’être remonté aux niveaux observés au printemps, les États-Unis ont déploré plus de 1300 morts en 24 heures mardi.

Records de contaminations

La première vague n’est jamais retombée aux États-Unis, mais la courbe des contaminations a connu au total trois hausses notables : une première au printemps, avec pour épicentre l’État de New York, un rebond durant l’été, notamment dans le sud du pays, et un nouveau pic depuis la mi-octobre, à des niveaux jamais encore atteints.

Les records enregistrés sont à l’heure actuelle tirés par le Midwest.

Dans le Dakota du Nord et le Dakota du Sud, plus d’un résident sur 2000 est actuellement hospitalisé pour cause de COVID-19, selon le COVID Tracking Project.

Le gouverneur du Dakota du Nord, Doug Burgum, a autorisé cette semaine les membres du personnel de santé ayant reçu un résultat positif à continuer de travailler dans les unités consacrées au virus, afin de faire face à la « pression énorme » pesant sur le système de soin.

Dans le Minnesota, le gouverneur Tim Walz a ordonné la fermeture des bars et des restaurants à 22 h, et une limite de 10 personnes pour tout rassemblement.

Les restrictions se multiplient ailleurs aussi. Plus à l’ouest, dans l’Utah, le port du masque en public a été rendu obligatoire dans tout l’État. Et sur la côte est, à New York, les établissements ayant un permis de vente d’alcool (y compris les restaurants) devront fermer à 22 h  à partir de vendredi.

Le président désigné, Joe Biden, a de nouveau plaidé pour le port du masque lundi, qui, a-t-il dit, « n’est pas une posture politique ». Il a promis de s’attaquer à la crise sanitaire dès le premier jour de son mandat, le 20 janvier.

 

 

Un autre cas de COVID-19 dans l’entourage du président

Washington — Un nouveau cas de COVID-19 a été détecté au sein du personnel de la Maison-Blanche, où plusieurs proches de Donald Trump ayant assisté à la soirée électorale du 3 novembre ont déjà été déclarés positifs, ont annoncé mercredi les médias américains. Le directeur politique de la Maison-Blanche, Brian Jack, a été déclaré positif à la COVID-19 au cours du week-end, selon le New York Times et CNN. Il avait passé la soirée de mardi à suivre les résultats de l’élection présidentielle à la Maison-Blanche. Un autre conseiller du président a été déclaré positif, selon le quotidien, mais il ne le nomme pas et ne précise pas s’il était présent lors de la soirée électorale. Ils rejoignent le chef de cabinet du président, Mark Meadows, le ministre du Logement et du Développement urbain, Ben Carson, et David Bossie, le chef de l’équipe juridique chargée des actions en justice dans plusieurs États où les républicains dénoncent des fraudes électorales. Plusieurs hauts responsables du gouvernement Trump ont contracté la COVID-19 ces dernières semaines, dont le chef de l’État lui-même et son épouse, Melania.

 

Agence France-Presse