Dix questions pour comprendre l’élection du 3 novembre 2020

Photo: Evert Nelson/The Topeka Capital-Journal via AP Aux dernières nouvelles, le U.S. Election Project (un centre d’études de l’Université de Floride) recensait déjà plus de 82 millions de votes par anticipation, soit 28,3 millions de votes en personne, et 53,6 millions par la poste — ce qui doit inquiéter un brin le président Trump, lui qui répète depuis des mois que le scrutin postal est synonyme de fraude massive.

De la nature indirecte du vote jusqu’aux différences de dépouillement entre les États, le fonctionnement du scrutin américain peut avoir l’air d’un vrai casse-tête. Le Devoir tente de démêler le tout.

1. Les Américains élisent un président ou de grands électeurs ?

Le système électoral américain a ceci de particulier que le président est élu au suffrage universel indirect. Les Américains votent ainsi pour le candidat de leur choix — Donald Trump ou Joe Biden dans le cas présent. Mais leur vote sert en réalité à élire de « grands électeurs », qui forment le « collège électoral ». Ce sont ces gens qui, ultimement, élisent le président.

Chaque État compte autant de grands électeurs qu’il a de représentants et de sénateurs au Congrès. La Californie (55) et le Texas (38) ont le plus grand nombre de grands électeurs, alors que les États moins peuplés en ont au minimum trois (Alaska, Vermont, Delaware…). « Le système [d’attribution] des grands électeurs fait en sorte que certains États du Midwest ont un poids plus important dans le collège électoral que dans la vie politique », explique Karine Prémont, directrice adjointe de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand et professeure à l’Université de Sherbrooke. « Et c’est la même chose au Sénat, alors que la majorité républicaine représente moins d’Américains que la minorité démocrate. »

Sauf pour le Maine et le Nebraska, la formule est la même partout : le candidat qui obtient la pluralité des voix à l’élection remporte tous les grands électeurs de l’État concerné. C’est ce qui fait qu’un candidat peut être élu président sans avoir reçu le plus de votes à l’échelle nationale (comme George W. Bush en 2000 et Donald Trump en 2016).

Il y a 538 grands électeurs à travers les États-Unis, ce qui veut dire qu’un candidat doit avoir l’appui d’au moins 270 d’entre eux pour avoir les clés de la Maison-Blanche.

Le vote du 3 novembre constitue donc une première étape à l’élection. La suite se déroulera à la mi-décembre, lorsque les grands électeurs devront officialiser la décision des électeurs de leur État.

À ce stade, un grand électeur pourrait théoriquement en faire à sa tête et voter dans l’autre sens. « La Constitution n’oblige pas les grands électeurs à respecter le vote, même si ceux-ci s’engagent à le faire », dit Mme Prémont. N’empêche : la tradition est (presque) toujours respectée, et les récalcitrants n’ont « jamais rien changé au résultat final ». Certains États prévoient des sanctions pour les grands électeurs qui résistent au choix démocratiquement exprimé.

2. Les sondages de 2020 sont-ils plus fiables que ceux de 2016 ?

Qui doutait vraiment de la victoire d’Hillary Clinton en 2016 ? Et pourtant. Sa défaite a souvent été perçue comme le reflet de celle des sondeurs, qui se seraient lourdement trompés dans leur lecture de la situation. Karine Prémont rappelle toutefois « que sur le plan national, ils ne se sont pas trompés tant que ça » : d’ailleurs, Hillary Clinton a obtenu près de trois millions de votes de plus que Donald Trump.

« Le problème, poursuit-elle, c’est qu’il y avait plusieurs États clés où l’on faisait peu de sondages. Et cette élection s’est jouée par quelques milliers de votes dans trois États qui ont fini par faire la différence. » Autrement dit : c’est comme si les sondages étaient mal arrimés au système électoral.

Depuis, les sondeurs ont revu de fond en comble leurs façons de faire, relève Karine Prémont. « On fait des sondages plus fréquents, les algorithmes sont meilleurs, la répartition des indécis est mieux faite. » Des électeurs qui passaient sous le radar des sondeurs en 2016 (« l’homme blanc peu éduqué, notamment ») sont pris en considération, et « le portrait démographique global est meilleur ».

« Alors oui, je m’y fie plus. Mais on reste toujours marqué par une mauvaise expérience. Il y a toujours cette possibilité qu’on sous-estime le vote Trump, comme en 2016. »

3. Quel sens donner au vote par anticipation ?

Aux dernières nouvelles, le U.S. Election Project (un centre d’études de l’Université de Floride) recensait déjà plus de 82 millions de votes par anticipation, soit 28,3 millions de votes en personne, et 53,6 millions par la poste — ce qui doit inquiéter un brin le président Trump, lui qui répète depuis des mois que le scrutin postal est synonyme de fraude massive.

Ces chiffres sont sans commune mesure avec ceux de 2016, quand près de 57 millions d’Américains avaient voté par anticipation. Au total, un peu plus de 136 millions d’électeurs avaient alors participé à l’élection.

La crise sanitaire peut expliquer une partie de l’augmentation du vote par anticipation cette année — le vote postal permettant notamment d’éviter les files d’attente. C’est d’ailleurs à cause de la COVID-19 que plusieurs États ont facilité le vote postal cette année. Mais on peut aussi présumer que le chiffre témoigne de l’intérêt que suscite cette élection.

La popularité du vote par anticipation peut-elle permettre d’anticiper le résultat du scrutin ? Karine Prémont prône la prudence. « Il y a toujours une part de mystère et d’inconnu » autour de cela, dit-elle. « Pour l’instant, il y a assurément une majorité de démocrates qui ont demandé à voter par la poste. Mais tout dépend ensuite de qui va voter le 3 novembre… »

Selon des données du U.S. Election Project qui concernent environ la moitié des votes par anticipation, 47 % de ceux qui ont voté jusqu’ici sont identifiés comme des électeurs démocrates, contre 30 % de républicains et 23 % d’électeurs non affiliés.

4. Quels résultats aurons-nous le 3 novembre ?

« Je ne m’attends pas à savoir qui aura gagné l’élection avant un bon moment », prévient Karine Prémont. Pour une raison bien simple : dans la plupart des États clés, on peut prendre plusieurs jours pour compiler les votes par anticipation (tant postaux que ceux déposés en personne). « En Ohio, illustre-t-elle, ils ont dix jours. Ailleurs, des États commencent le dépouillement avant même la date de l’élection. D’autres doivent attendre le 3 novembre. Il y a énormément de variations d’un État à l’autre. »

« Quand peu de gens votent par anticipation, ça n’a pas trop d’impact, dit-elle. Mais avec les chiffres record de cette année, ça change tout — et ça risque d’accrocher si plus de la moitié des votes ne sont pas dépouillés le 3 novembre au soir. En Californie, au Texas, en Floride, en Pennsylvanie, on a beaucoup de votes par anticipation… Ça va retarder l’annonce du vainqueur, à moins que la victoire soit claire avec les seuls résultats des urnes. »

5. Un raz-de-marée démocrate est-il possible ?

« Je n’envisage rien de comparable à Ronald Reagan en 1984 [avec 60 % du vote, il avait triomphé dans 49 États…], mais c’est possible, répond Karine Prémont.  Les sondages n’indiquent pas que Joe Biden pourrait réussir quelque chose de semblable. Mais c’est rare qu’on ait 10-12 points d’écart à moins d’une semaine du vote. Selon la répartition sur la carte, ça pourrait donner une forme de “landslide” — certains disent jusqu’à 400 grands électeurs sur 538. C’est mince comme possibilité, mais elle existe. »

Une victoire de Donald Trump demeure toutefois également possible, note-t-elle. « Il suffit de sous-estimer le vote de deux ou trois points au Michigan, en Pennsylvanie, en Floride, et c’est terminé : il y a vraiment trois ou quatre États qui détiennent l’avenir des États-Unis. »

Dans l’histoire récente, les réels raz-de-marée ont été signés Reagan (à son premier mandat : 489 grands électeurs, et 525 au second) et Bush père (426 grands électeurs en 1988). Bill Clinton en a obtenu 370 en 1992, et 9 de plus en 1996. L’élection de 2000 fut une sorte d’équivalent au référendum québécois de 1995 : deux candidats à quasi-égalité (moins d’un demi-million de votes d’avance pour Al Gore, sur 100 millions de votes), et la victoire finale à George W. Bush avec… 271 grands électeurs. Les deux victoires de Barack Obama ont été obtenues avec des marges relativement confortables (365 grands électeurs en 2008, puis 332 en 2012).

6. Va-t-on rejouer l’épisode floridien en 2000 ?

Le dépouillement des bulletins de l’élection présidentielle de novembre 2000 séparait George W. Bush et Al Gore par quelques centaines de voix exprimées en Floride, État clé aux 29 grands électeurs du collège électoral. La victoire du candidat républicain n’a été finalement concédée que le 13 décembre, après de seconds dépouillements, des requêtes et des contestations judiciaires. Pourrait-on revivre, 20 ans plus tard, une saga politico-judiciaire semblable à Bush c. Gore ?

« Le risque existe toujours et Trump en parle déjà en évoquant ce genre de scénario où il pourrait ne pas reconnaître le résultat de l’élection, notamment les votes par correspondance, répond Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et directeur de l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM. Je dirais donc simplement que la réponse va dépendre du résultat de l’élection. S’il est serré dans un ou deux États clés, si la victoire se joue là, il faut s’attendre à ce que Trump exige des recomptages. »

Le professeur Gagnon rappelle qu’en 2016, Donald Trump a gagné et a quand même demandé qu’on fasse enquête sur de prétendus cas de fraude électorale. « Alors, imaginez. S’il perd par une petite marge, il va certainement essayer de renverser la vapeur. »

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Le même drame (ou presque) pourrait se rejouer sur la même scène puisque les résultats s’annoncent encore rapprochés en Floride selon les sondages. L’action pourrait aussi se déplacer en Pennsylvanie, État clé acceptant comme la Caroline du Nord de dépouiller jusqu’au 6 novembre les bulletins de vote par anticipation, très populaire en temps de pandémie, et encore plus auprès des électeurs démocrates. Si Donald Trump perd la Pennsylvanie, il pourrait accuser le système d’être truqué contre sa réélection.

Frédérick Gagnon souligne aussi que les chaînes télévisées n’ont pas aidé dans le dérapage de 2000. « Certaines ont annoncé en début de soirée que Gore se dirigeait vers une victoire en Floride, dit-il. D’autres ont constaté un peu plus tard des résultats serrés. La couverture a donc semé la zizanie et alimenté les soupçons de magouilles. Je pense que les médias d’information seront beaucoup plus prudents mardi. »

7. Quel sera le rôle de la Cour suprême ?

En 2000, le plus haut tribunal du pays a tranché sur l’issue du vote en Floride et in fine dans la République. Jeffrey Rosen, du magazine The New Republic, a qualifié cette décision de « déshonneur de la Cour suprême des États-Unis d’Amérique ». Quel rôle pourrait jouer l’institution cette fois ?

« Il s’agit bien du dernier et ultime palier de la hiérarchie des cours fédérales américaines, rappelle le spécialiste Gagnon. S’il y a des recours en justice, la Cour suprême ne les tranchera pas nécessairement, mais les litiges pourraient se rendre jusqu’à elle. »

Le choix et la nomination des juges à cette instance capitale s’avèrent très politisés et partisans, comme on a pu le voir avec le récent processus qui a conduit à la désignation de la juge Amy Coney Barrett. Six des neuf juges (dont trois nommés à vie par Donald Trump) sont estampillés comme conservateurs.

« En 2000, on avait considéré que la décision était hautement politisée : les juges nommés par les républicains avaient appuyé Bush, dit le directeur Gagnon. En principe, les juges sont neutres et font abstraction de leurs préférences partisanes. Dans les faits, ces préférences peuvent avoir un impact sur leurs décisions. »

La base légale dépendrait de la cause difficile à examiner au préalable. Au début du siècle, le tribunal avait répondu à trois questions concernant la constitutionnalité de la loi électorale de l’État de Floride ; la légalité des procédures de dépouillement manuel des bulletins contestés ; et le délai de contestation.

8. Comment se déclare-t-on vainqueur ?

Ici, les résultats sont diffusés par Élections Canada sur son site Web au fur et à mesure du dépouillement après la clôture du vote. Les tendances permettent habituellement aux médias de nommer rapidement un parti gagnant, généralement en quelques heures tout au plus. Les directeurs de scrutin doivent valider officiellement les résultats dans les sept jours.

Le système électoral américain, très centralisé, paraît autrement plus complexe. Chaque État décline ses lois électorales et l’organisation du scrutin. Pour le dire franchement : c’est le capharnaüm. Quand la tendance est claire, le résultat apparaît vite. En cas de résultat serré, tout s’embrouille. Le vote par anticipation en période de pandémie vient encore plus compliquer le portrait.

« Les États sont responsables de l’accès au vote sur leur territoire, explique le professeur Gagnon. Les républicains au pouvoir ont eu tendance à utiliser des tactiques de suppression des votes. En 2000 et en 2016, ils ont gagné la présidence sans obtenir plus de voix que les démocrates. »

Le précédent de l’élection de 2000 éclaire encore ce qui pourrait se passer. Al Gore a alors remporté le vote populaire total par 500 000 voix dans l’Union, mais perdu par une faible marge les grands électeurs de Floride. Le démocrate a appelé le républicain George W. Bush pour lui concéder la victoire, puis l’a rappelé une demi-heure plus tard pour se rétracter.

Il y a aussi eu du souque à la corde en 2004. John Kerry a attendu de connaître le résultat en Ohio avant de concéder la victoire au président Bush le lendemain de l’élection, vers 11 h. John McCain a appelé Barack Obama pour le féliciter à 23 h 10, le soir même de 2008, et Mitt Romney vers 0 h 49 en 2012. En 2016, Mme Clinton a attendu jusqu’à 2 h 40 avant de faire son appel au gagnant.

« Cette année, Trump pourrait faire une chose qu’on a rarement vue : assez tôt pendant la soirée, avec des résultats partiels, il pourrait être tenté de se déclarer gagnant, dit le professeur Gagnon. Selon les estimations, il n’y a que huit États en mesure de fournir 98 % des votes avant le 4 novembre à midi. Trump pourrait donc être tenté de prendre les devants pour jouer sur les perceptions. »

9. Comment se prépare la transition ?

« Good luck, George ». C’est par ces mots d’encouragement que George Bush père a signé une lettre à Bill Clinton le 20 janvier 1993, au moment de la passation des pouvoirs. La missive écrite à la main, laissée dans un tiroir du Resolute Desk dans le Bureau ovale, conclut la période de transition définie par le XXe amendement de la Constitution américaine ratifié en 1933. La balise fondamentale fixe la période de passation des pouvoirs à onze semaines, et l’Inauguration Day au 20 janvier.

Le laps de temps permet au nouvel élu de choisir son cabinet, de nommer ses hauts fonctionnaires, de prendre connaissance des dossiers chauds et d’élaborer des tactiques pour mettre en œuvre son programme. Le président sortant en profite pour prendre de dernières décisions, dont celles liées à la grâce présidentielle. Donald Trump devrait distribuer des commutations de peine pour d’anciens proches. Il pourrait même trouver le moyen de se gracier lui-même dans le cadre de poursuites pendantes le concernant, selon certaines hypothèses.

« Le président sortant ne bénéficie plus de la légitimité populaire, mais conserve l’autorité constitutionnelle pour agir en tant que président ; au contraire, le président désigné dispose du soutien du peuple, mais ne possède aucune autorité légale pour agir », résume une analyse de cette période transitoire dite du canard boiteux.

Alors, qu’arrivera-t-il si Joe Biden l’emporte sur Donald Trump ? « Habituellement, le président désigné rencontre le président sortant quelques jours après le scrutin et la transition se fait de manière pacifique, dit Frédérick Gagnon. Là, le problème, c’est que Trump pourrait nous faire languir. Il pourrait refuser de rencontrer Biden. Il pourrait être fâché. Ce n’est pas impossible qu’il cherche à nuire à son successeur. »

La tradition veut aussi que le président respecte un certain devoir de réserve et n’intervienne (presque) pas publiquement pour nuire à son successeur. On a bien vu Barack Obama (et sa femme Michelle) en campagne ces dernières semaines pour appuyer son ex-vice-président, mais pour le reste, le 44e président est peu intervenu dans la vie politique partisane au cours des quatre dernières années. Il n’est pas non plus acquis que Donald Trump va se tenir à cette règle de la retraite polie.

10. Et si Trump refuse de s’en aller ?

La discussion précédente suppose une victoire de Joe Biden. Il faut évidemment envisager que Donald Trump l’emporte. Il pourrait aussi refuser de concéder la victoire, s’accrocher au pouvoir et refuser de quitter la Maison-Blanche.

« Ça me semble plausible si le résultat de l’élection est serré, juge le spécialiste de l’UQAM. C’est pourquoi les démocrates souhaitent une victoire nette. Je ne suis pas certain qu’ils vont l’obtenir. Depuis le début, on se dit que le 45e président va changer. Non. Il n’a pas changé. Trump sera toujours Trump. Il aime les coups d’éclat et le show qui vient avec. Il aime déstabiliser. Alors pourquoi ne serait-il pas tenté de faire languir, de ne pas reconnaître le résultat ? Il va peut-être finir par partir, mais semer le doute pendant des semaines, jusqu’au 20 janvier. »

Le fin connaisseur des États-Unis pense aussi que les dérapages violents ne sont pas à exclure dans cette société surarmée, très divisée et sous tension permanente. « Si le résultat est serré, si un côté (à gauche ou à droite) ne reconnaît pas la légitimité de l’élection, les affrontements demeurent fort possibles. D’ailleurs, des immeubles de Washington se barricadent en prévision du pire. »

Reste aussi à savoir ce que ferait Donald Trump s’il n’est pas réélu une fois qu’il aura quitté le pouvoir, de gré ou de force. Une rumeur dit qu’il pourrait lancer un réseau de télévision et attirer là des millions de partisans. @realDonaldTrump pèse aussi plus de 85 millions d’abonnés sur Twitter.

« Je ne serai pas étonné qu’il lance le réseau Trump, juge le professeur Gagnon. Encore faut-il voir s’il ne fera pas face à la justice. S’il redevient citoyen, des affaires pourraient le rattraper. En tout cas, je ne m’attends pas à ce qu’il devienne un ex-président discret comme George W. Bush ou même comme Barack Obama. En principe, il devrait être un ex-président aussi présent qu’il l’a été comme président. »

 
 

Une version précédente de cet article, qui attribuait un nombre erroné de grands électeurs à Bush père en 1988, a été modifiée.

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