Le Midwest, point chaud de la pandémie et de la campagne présidentielle

Le candidat démocrate, Joe Biden, respecte strictement les mesures sanitaires lors de ses rassemblement de campagne. 
Photo: Andrew Harnik Associated Press Le candidat démocrate, Joe Biden, respecte strictement les mesures sanitaires lors de ses rassemblement de campagne. 

Les États-Unis ont franchi vendredi le cap des 9 millions de cas détectés de COVID-19 depuis le début de la pandémie, selon le comptage de l’Université Johns Hopkins, qui fait référence.

La première puissance mondiale, qui connaît une recrudescence de nouvelles contaminations depuis le début de l’automne, est de loin la plus touchée au monde par la pandémie, en valeur absolue, avec plus de 229 000 morts du virus.

Le pays a enregistré jeudi quelque 91 290 nouveaux cas de COVID-19 en 24 heures, un nouveau record, selon un relevé effectué à 20 h 30 locales par l’AFP des chiffres de l’université située à Baltimore, actualisés en continu. Samedi dernier, le pays avait déjà enregistré un record de contaminations en une journée, avec 88 973 cas.

Pourtant, les autorités sanitaires américaines ont annoncé vendredi que les croisières pourraient reprendre aux États-Unis à partir de novembre, mais à condition de respecter un nouveau protocole strict, dont des tests systématiques des passagers et des membres d’équipage.

Actuellement, la situation la plus difficile concerne le nord des États-Unis et le Midwest. À quatre jours de l’élection présidentielle, les candidats à la Maison-Blanche Joe Biden et Donald Trump multipliaient justement vendredi les étapes de campagne dans le Midwest, une région clé qui avait donné de bons scores surprises au milliardaire républicain en 2016, le propulsant vers la victoire.

En avance dans les sondages malgré une campagne en sourdine, l’ancien vice-président de Barack Obama a donné un net coup d’accélérateur à son programme avec des visites dans trois États en une journée : Iowa, Minnesota et Wisconsin. Menant une campagne bien plus active que le démocrate, Donald Trump n’était pas en reste avec, aussi, trois États du Midwest vendredi : le Michigan, le Minnesota et le Wisconsin.

Cette région industrielle et rurale détient en partie les clés du scrutin. Car si Joe Biden, 77 ans, mène dans la moyenne des sondages nationaux, la présidentielle américaine se joue dans une poignée d’États où l’écart est bien plus serré avec Donald Trump.

Campagnes à tambour battant

Comme la veille en Floride, les deux rivaux ont courtisé les électeurs avec des styles de campagne aux antipodes. Devant des centaines de partisans réunis en plein air, qui ne portaient pour la plupart pas de masque, Donald Trump, 74 ans, a de nouveau minimisé la gravité de la COVID-19, dont il s’est lui-même remis, après trois jours d’hospitalisation.

« Si vous l’attrapez, vous irez mieux, et ensuite vous serez immunisés », a-t-il lancé à la foule. « Nous voulons juste un retour à la normale », a-t-il ajouté, alors que la crise sanitaire a frappé de plein fouet l’économie, l’un de ses points forts auprès des électeurs.

En face, Joe Biden, 77 ans, respecte strictement les gestes barrière après avoir passé, au printemps, des semaines de confinement dans son fief de Wilmington, dans le Delaware. À Des Moines, dans l’Iowa, il est arrivé devant quelque 300 véhicules réunis pour un rassemblement en drive-in, ses partisans assis sur leurs capots ou debout, à distance.

Sur scène, au son des klaxons, Joe Biden a de nouveau éreinté la gestion de la pandémie par son rival. En ajoutant cette fois plusieurs moqueries contre Donald Trump, qui s’était lui-même défini comme un « génie très stable ». « Le génie très stable dit que l’énergie éolienne provoque le cancer », a ainsi lancé le démocrate, près d’une éolienne.

À voir en vidéo