Deux vaccins américains contre la COVID-19 autorisés dès novembre?

Le lancement éventuel de la vaccination d’ici le Nouvel An sera trop limité pour contenir à lui seul l’épidémie.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Le lancement éventuel de la vaccination d’ici le Nouvel An sera trop limité pour contenir à lui seul l’épidémie.

Les sociétés américaines Pfizer et Moderna prévoient de demander l’autorisation de leurs vaccins contre la COVID-19 d’ici fin novembre aux États-Unis, ce qui marquerait un record de vitesse absolu pour le développement d’un vaccin, neuf mois après le premier mort du coronavirus dans le pays. Mais le lancement éventuel de la vaccination d’ici le Nouvel An sera trop limité pour contenir à lui seul l’épidémie, qui en est à son troisième rebond aux États-Unis.

Le bilan officiel a dépassé vendredi huit millions de cas, un chiffre certainement très en dessous de la réalité, puisque des études d’anticorps ont révélé qu’environ 10 % de la population américaine avait été infectée, ce qui correspondrait à une trentaine de millions d’habitants. Contaminations, hospitalisations et décès sont en hausse ;le rebond actuel est d’autant plus rapide que la vague est repartie d’un plateau élevé, le pays de Donald Trump n’étant jamais parvenu à endiguer la circulation du virus.

Le président américain espérait un vaccin avant l’élection du 3 novembre, mais l’industrie a accepté d’attendre quelques semaines de plus, à la demande des autorités sanitaires, afin de détecter d’éventuels effets secondaires graves parmi les dizaines de milliers de participants aux essais cliniques. Les essais doivent répondre à deux questions : le vaccin protège-t-il ? Et est-il sûr ?

Il est possible que nous ne puissions pas retrouver de cinémas bondés ou de stades remplis de spectateurs avant des mois et des mois en 2021, voire plus tard

Albert Bourla, p.-d.g. de Pfizer, partenaire de la société allemande BioNTech, a annoncé vendredi qu’il escomptait des preuves d’efficacité d’ici fin octobre, mais qu’il attendrait la troisième semaine de novembre pour déposer auprès de l’Agence des médicaments (FDA) une demande d’autorisation en urgence, « en supposant que les données soient positives ». Moderna, une société de biotechnologie, table sur le 25 novembre.

Reste à savoir combien de temps les experts de la FDA prendront pour étudier les données et donner, ou non, un feu vert, et pour quelles catégories de la population. Le gouvernement prépare déjà l’immense chaîne logistique qui sera nécessaire, dans le but de lancer la distribution des premières doses dans les 24 heures suivant toute autorisation.

Vendredi, des responsables de l’opération gouvernementale « Warp Speed » ont annoncé un partenariat avec les réseaux géants de pharmacies CVS et Walgreens pour administrer les vaccins dans les 50 000 maisons de retraite et résidences pour personnes âgées du pays.

Quoi qu’il en soit, les Américains ne doivent pas espérer un retour imminent à la « normale », a prévenu le directeur de l’Institut des malades infectieuses, Anthony Fauci. Tout dépendra de l’efficacité des vaccins, et de leur acceptation dans la population. « Il est possible que nous ne puissions pas retrouver de cinémas bondés ou de stades remplis de spectateurs avant des mois et des mois en 2021, voire plus tard », a-t-il dit vendredi dans un entretien avec l’Université Johns Hopkins.

Déficit historique

Le déficit budgétaire des États-Unis a par ailleurs grimpé à un niveau historique en 2020, en raison des dépenses engagées pour aider l’économie à faire face à la crise provoquée par la COVID-19. Il dépasse les 3000 milliards de dollars, battant de très loin son précédent record.

Le déficit de l’État fédéral pour l’exercice 2020 clos en septembre atteint 3132 milliards de dollars, contre 984 milliards en 2019, soit un triplement, a dévoilé vendredi le Trésor américain. Les comptes de la première économie mondiale ont ainsi été plombés par l’explosion des dépenses publiques, qui ont bondi de 47 %, pour atteindre 6500 milliards de dollars.

  

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