Sans perdre une minute, Trump reprend sa campagne sur la route

Le président Donald Trump a lancé des masques dans la foule de partisans réunis en Floride. 
Photo: Evan Vucci Associated Press Le président Donald Trump a lancé des masques dans la foule de partisans réunis en Floride. 

Privé de déplacement pendant dix jours en raison de la COVID-19, Donald Trump a retrouvé lundi les estrades de campagne en Floride, assurant être en « pleine forme » à 22 jours de l’élection qui l’opposera à Joe Biden.

« Je l’ai eue. Maintenant, ils disent que je suis immunisé. Je me sens si puissant ! » a lancé, combatif et provocateur, le président américain de 74 ans devant une foule enthousiaste dans laquelle peu de personnes portaient des masques.

« Je peux marcher dans cette foule […], embrasser tout le monde, embrasser les hommes et les magnifiques femmes », a-t-il ajouté dans les rires.

Il semble que je sois immunisé, pour — je ne sais pas — peut-être une longue période, peut-être une courte période, peut-être pour la vie. Personne ne le sait vraiment, mais je suis immunisé.

 

En net retard dans les sondages sur son rival démocrate Joe Biden, le locataire de la Maison-Blanche espère le combler dans la dernière ligne droite en sillonnant l’Amérique.

Affichant une forme indéniable, une semaine après sa sortie de l’hôpital, il a déroulé, dans un discours d’un peu plus d’une heure, tous les « classiques » de sa campagne.

Virulentes attaques contre « Hillary [Clinton] la crapule », violentes diatribes contre la presse « corrompue », mises en garde alarmistes contre la « gauche radicale » et « le cauchemar socialiste ».

Saluant la foule venue l’écouter, il a ironisé sur l’ancien vice-président démocrate de Barack Obama, assurant qu’il ne rassemblait « presque personne ».

Joe Biden n’a participé à aucun grand rassemblement depuis plusieurs mois, mettant en avant la nécessité de respecter les consignes des autorités sanitaires.

« J’adore la Floride ! » a lancé Donald Trump dans cet État qui pourrait jouer un rôle crucial au soir du 3 novembre, balayant d’un revers de main les sondages défavorables. « Il y a quatre ans c’était pareil, ils disaient que nous allions perdre la Floride, a-t-il ironisé.  Dans 22 jours, nous allons gagner cet État et gagner quatre ans de plus à la Maison-Blanche ! »

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Lors de son discours, il a tenté de galvaniser sa base électorale en vantant son choix de la juge Amy Coney Barrett pour la Cour suprême.

Le Sénat, à majorité républicaine, a en effet entamé lundi l’audition de cette magistrate de 48 ans dont la confirmation, qui fait peu de doute, ancrera durablement le temple du droit américain dans le camp conservateur.

« Elle va être une juge fantastique », a-t-il prédit. « Nous en sommes déjà à trois ! » a-t-il martelé, tout sourire, évoquant les juges qu’il a nommés à la plus haute cour depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017.

Après la Floride lundi, il se rendra en Pennsylvanie mardi et dans l’Iowa mercredi. Et devrait poursuivre sa route sur un rythme extrêmement soutenu dans les trois semaines à venir.

Test négatif

Peu après l’envol d’Air Force One, le médecin de la Maison-Blanche, le Dr Sean Conley, a affirmé, dans un communiqué particulièrement alambiqué, que Donald Trump avait reçu des tests négatifs à la COVID-19 « plusieurs jours de suite » en utilisant un test rapide.

Ce test Abbott, dit antigénique, est cependant moins sensible que les tests moléculaires traditionnels (PCR).

Lors de son départ depuis la base militaire d’Andrews, proche de Washington, Donald Trump ne portait pas de masque, contrairement à tous les agents du  Secret Service chargés de sa sécurité l’entourant.

« Le pire dirigeant possible »

« Il semble que je sois immunisé, pour — je ne sais pas — peut-être une longue période, peut-être une courte période, peut-être pour la vie. Personne ne le sait vraiment, mais je suis immunisé », a déclaré dimanche le locataire de la Maison-Blanche.

La question de l’immunité à la COVID-19 reste entourée de nombreuses inconnues : on ne connaît avec précision ni sa durée ni le degré de protection qu’offrent les anticorps.

Selon une étude publiée mardi dans la revue médicale The Lancet Infectious Diseases, un Américain a attrapé deux fois le coronavirus à un mois et demi d’intervalle, et la deuxième infection était plus grave que la première.

L’ancien homme d’affaires de New York, qui ne cesse de présenter Joe Biden, 77 ans, comme une marionnette manipulée par l’aile gauche de son parti, a par ailleurs insinué qu’il pourrait être malade.

« Si vous regardez Joe, il toussait terriblement hier [samedi], puis il attrapait son masque, puis il toussait, a-t-il déclaré.  Je ne sais pas ce que cela veut dire, mais la presse n’en a pas beaucoup parlé. »

Depuis l’annonce, le 1er octobre, du test positif de Donald et Melania Trump, l’équipe de campagne de Joe Biden publie tous les jours ses résultats de tests, qui ont été négatifs jusqu’ici.

Une plus grande opacité entoure en revanche le président des États-Unis. Son équipe médicale refuse obstinément de dire à quand remonte son dernier test négatif.

Cette posture alimente les soupçons sur la possibilité qu’il n’ait pas effectué de test pendant plusieurs jours avant son test positif.

Plus de 214 000 personnes sont mortes de la COVID-19 aux États-Unis.

« En janvier, j’ai dit que le président Trump était le pire dirigeant possible pour faire face à une crise sanitaire, a tweeté Joe Biden dimanche soir.  Les mois écoulés ont prouvé que cela était vrai. »

Le vieux lion du Parti démocrate compte désormais près de dix points d’avance dans la moyenne des sondages nationaux et a également conforté son avantage dans les intentions de vote dans les États décisifs pour l’élection.