Le prochain débat entre Trump et Biden sera virtuel… s’il a bien lieu

« Inacceptable » : Donald Trump, traité pour la COVID-19, mais qui assure ne plus être contagieux, a refusé jeudi de participer au prochain débat contre son rival démocrate Joe Biden sous forme virtuelle.

Prenant acte de la contamination du président américain au nouveau coronavirus, la commission indépendante chargée d’encadrer les débats présidentiels a décidé jeudi matin que Donald Trump et Joe Biden pourraient s’affronter comme prévu le 15 octobre, mais en se tenant « dans des lieux séparés » et « à distance ».

Les nouvelles règles visent à « préserver la santé et à garantir la sécurité de tous les participants », a justifié la commission au lendemain d’un débat entre les colistiers républicain Mike Pence et démocrate Kamala Harris.

« Je ne vais pas perdre mon temps dans un débat virtuel. Débattre, ce n’est pas ça », a immédiatement réagi Donald Trump sur la chaîne Fox Business. « Je ne pense pas être contagieux du tout », a-t-il assuré.

Son directeur de campagne a enfoncé le clou dans un communiqué, accusant la commission des débats présidentiels de « voler à la rescousse » d’un Joe Biden accusé d’être moins énergique et pugnace. « Nous allons faire l’impasse sur ce prétexte pour renflouer Joe Biden et organiser un rassemblement partisan à la place », a écrit Bill Stepien, sans préciser si le président y prendrait part.

« J’ai hâte de reprendre la route », a toutefois déclaré Donald Trump, dont la campagne a été brusquement interrompue par la maladie, alors que son rival continue de sillonner à son rythme les États-Unis.

Joe Biden est ainsi attendu jeudi en Arizona, l’un des États clés qui pourrait tomber dans l’escarcelle démocrate et faire basculer le résultat le 3 novembre. Avant de s’envoler, il a refusé de réagir à chaud : « Je ne sais pas ce que le président va faire, il change d’avis toutes les secondes. Commenter à ce stade serait prématuré. »

Le boycottage du prochain débat enterre l’un des derniers grands rendez-vous des campagnes présidentielles américaines à avoir survécu à la pandémie, après la réduction à peau de chagrin des conventions des partis et des grands rassemblements électoraux.

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Le virus omniprésent

Les États-Unis sont le pays le plus touché au monde par le nouveau coronavirus, qui y a fait plus de 210 000 morts et détruit des millions d’emplois. Parvenu jusqu’à la Maison-Blanche, le virus a contaminé le président, son épouse Melania, ainsi que de nombreux conseillers.

Hospitalisé pendant trois jours, Donald Trump a fait son retour lundi à la présidence et se montre depuis soucieux apparaître en pleine forme et au travail. « Je pense que c’était en réalité un don du ciel que je l’aie attrapé », a même lancé le président, presque euphorique, dans une vidéo publiée sur Twitter mercredi soir.

Jeudi, c’est sur l’économie qu’il a affiché son optimisme, évoquant de « fortes chances » de parvenir à un accord avec l’opposition démocrate sur un nouveau plan de soutien. Les discussions sont « très productives », a-t-il ajouté, alors qu’il avait brusquement mis fin mardi à ces négociations, suscitant une consternation quasi générale.

Le duel Harris-Pence

Le marasme économique et le terrible bilan humain de la pandémie aux États-Unis ont été au cœur des échanges mercredi soir entre le vice-président Mike Pence et la démocrate Kamala Harris.

« Les Américains ont été témoins de ce qui est le plus gros échec de toute administration présidentielle dans l’histoire de notre pays », a lancé d’emblée la sénatrice de 55 ans, qui serait la première femme à devenir vice-présidente des États-Unis en cas de victoire de Joe Biden dans 26 jours.

Défendant au contraire les mesures de l’administration Trump, Mike Pence, 61 ans, a accusé Kamala Harris de « saper la confiance » des Américains dans un vaccin actuellement en préparation — alors que les démocrates accusent la Maison-Blanche de vouloir court-circuiter les procédures pour qu’un vaccin soit prêt avant le scrutin.

Huit jours après le premier face-à-face entre le président républicain, 74 ans, et son adversaire démocrate, 77 ans, qui avait viré au pugilat verbal, le duel entre les colistiers a donné lieu à des échanges sur le fond, plus posés, bien que fermes.

Mais dans les faits, le débat n’a pas fait émerger un vainqueur apparent, au moment où les républicains doivent absolument rattraper leur retard de plus en plus marqué dans les sondages. Et c’est une mouche, venue se poser dans la chevelure argentée de Mike Pence, qui a capté l’attention.

Outre le débat du 15 octobre, dont le sort semble scellé, une dernière rencontre est programmée pour le 22 octobre entre Donald Trump et Joe Biden.

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