Donald Trump n’a payé que 750$ d’impôts au gouvernement américain en 2016

Les déclarations de revenus de l’homme d’affaires new-yorkais devenu président et candidat à sa réélection sont au coeur d’une bataille judiciaire, Donald Trump ayant toujours refusé de les publier, contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années 1970.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Les déclarations de revenus de l’homme d’affaires new-yorkais devenu président et candidat à sa réélection sont au coeur d’une bataille judiciaire, Donald Trump ayant toujours refusé de les publier, contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années 1970.

Peu ou pas d’impôt : des révélations du New York Times sur les déclarations fiscales que Donald Trump s’est toujours refusé à dévoiler ont fait irruption dimanche dans la course à la Maison-Blanche avant son débat très attendu face au candidat démocrate Joe Biden.

Le quotidien américain a publié une enquête après s’être procuré les données fiscales « sur plus de vingt ans » concernant l’ex-magnat de l’immobilier « et les centaines de sociétés qui composent son groupe » non coté.

« Donald J. Trump a payé 750 $ d’impôt fédéral sur le revenu l’année où il a remporté la présidence », en 2016, et autant « sa première année à la Maison-Blanche », en 2017, écrit le journal. « Il n’a pas du tout payé d’impôt sur le revenu au cours de 10 des 15 années précédentes, en grande partie car il a déclaré plus de pertes d’argent que de gains », écrit le quotidien américain.

« Ce sont des informations bidon, totalement inventées », a répondu le milliardaire républicain dans une conférence de presse à la Maison-Blanche. « J’ai payé beaucoup, et j’ai payé beaucoup d’impôts sur le revenu au niveau de l’État aussi », a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Les déclarations de revenus de l’homme d’affaires new-yorkais devenu président et candidat à sa réélection sont au cœur d’une bataille judiciaire, Donald Trump ayant toujours refusé de les publier, contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années 1970.

Optimisation fiscale

Celui qui a fait de sa fortune un argument de campagne a aussi alimenté, par son refus, les conjectures sur l’étendue de cette richesse, sur de possibles pratiques d’optimisation fiscale à la frontière de la légalité ou sur de potentiels conflits d’intérêts.

« Le New York Times a obtenu les informations fiscales sur plus de vingt ans concernant M. Trump et les centaines de sociétés qui composent son groupe, y compris des informations détaillées au sujet de ses deux premières années au pouvoir. Cela n’inclut pas ses déclarations de revenu personnel pour 2018 ou 2019 », affirme le journal qui promet de nouvelles révélations dans les prochains jours.

Le sujet risque d’électriser un peu plus la campagne pour la présidentielle du 3 novembre, deux jours avant le premier duel télévisé de mardi soir.

Les informations du New York Times montrent « le mépris total de Trump pour les familles de travailleurs américaines », a réagi la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

« Le président a joué avec le code des impôts à son avantage et s'est servi de combats juridiques pour retarder ou éviter de payer ce qu'il doit », a estimé le représentant démocrate Richard Neal, qui demande inlassablement mais sans succès que les déclarations de revenus de M. Trump soient publiées.

Dans un tweet, l'équipe de campagne de Joe Biden s'est contentée de rappeler le montant moyen de l'impôt fédéral sur le revenu payé par un enseignant (7 239 dollars américains), un pompier (5 283 dollars) ou un infirmier (10 216 dollars), professions durement frappées par la crise sanitaire ou par les récents incendies géants dans l'Ouest américain.


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