En photos | L’Alabama face à son passé

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

1 Le pont Edmund-Pettus, à Selma, Alabama, que Martin Luther King fils a traversé en 1965, en compagnie de plusieurs centaines de manifestants, lors d’un des épisodes marquants de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains. Le pont porte le nom d’un officier de l’armée confédérée et membre du Ku Klux Klan. Valérian Mazataud Le Devoir
2 Quatre jours et 87 km plus loin, et après bien des embûches, les marcheurs pour les droits civiques de Selma arrivèrent à Montgomery, capitale de l’État de l’Alabama. L’événement a été commémoré en 2015 par une marche à laquelle ont notamment pris part le président Barack Obama et l’ex-président George W. Bush. Aujourd’hui, une murale célèbre la marche à Montgomery. Valérian Mazataud Le Devoir
3 Commerces abandonnés sur une artère principale de Montgomery. La ville semble vide alors que les restrictions liées à la COVID-19 viennent à peine d’être levées. Valérian Mazataud Le Devoir
4 À quelques centaines de mètres à peine trône le capitole de l’Alabama, un État qui a soutenu la ségrégation jusqu’au bout, notamment à travers la figure de George Wallace, quatre fois gouverneur et connu pour son slogan électoral de 1963 : « Ségrégation maintenant, ségrégation demain, ségrégation pour toujours ». Valérian Mazataud Le Devoir
5 Peggy Wallace Kennedy, fille de George Wallace, et son mari, Mark Kennedy. Ensemble, ils ont coécrit la biographie « The Broken Road » dans laquelle Mme Wallace Kennedy prêche la réconciliation et la paix, auxquelles elle a consacré sa vie, en opposition avec les idées de son père. Valérian Mazataud Le Devoir
6 Au cœur du square où se tenait autrefois le marché aux esclaves de Montgomery, trône aujourd’hui une fresque de Black Lives Matter. Peu à peu, les nouveaux symboles de l’égalité recouvrent les cicatrices de l’esclavage et de la ségrégation, mais les blessures du passé restent profondes. Valérian Mazataud Le Devoir
7 Au musée Rosa Park, une animation multimédia recrée le moment de décembre 1955 où l’icône des droits civiques a refusé de céder sa place dans un bus. L’étincelle provoquée par cette mère de famille de 42 ans allait permettre au mouvement des droits civiques de prendre vie, grâce à l’apport du jeune pasteur de Montgomery Martin Luther King fils. Valérian Mazataud Le Devoir
8 Conservée à l’identique, la station de bus Greyhound de Montgomery célèbre aujourd’hui les voyages des « freedom riders », des groupes de défenseurs des droits de la personne blancs et noirs qui traversaient le pays en autobus. Valérian Mazataud Le Devoir
9 À la mi-temps d’un match de football contre l’école secondaire Jefferson Davis, les joueurs de l’équipe Robert E. Lee écoutent les consignes de leur entraîneur. Les deux équipes, dont les joueurs sont en très large majorité afro-américains, portent le nom d’un président et d’un général confédérés, deux symboles forts de l’esclavage. « Nous avons des problèmes plus importants », estime Tim Sampers, un entraîneur de football pour enfants venu assister au match. « On essaye d’atteindre l’égalité, et changer de nom ne va pas avoir d’effet sur l’égalité. » Ici, les mailles du lourd passé de l’État semblent parfois impossibles à démêler des progrès et de la réconciliation du présent. Valérian Mazataud Le Devoir
10 Le Mémorial pour la paix et la justice, inauguré en 2018, rend hommage aux 4400 Afro-Américains lynchés entre 1877 et 1950 aux États-Unis. Il est composé de 800 monolithes d’acier de deux mètres de long, suspendus et gravés des noms des victimes des lynchages. Valérian Mazataud Le Devoir
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Le Mémorial pour la paix et la justice à Montgomery. Lorsqu’ils s’avancent, les visiteurs foulent le plancher en pente douce et ceux-ci se retrouvent bientôt sous ces tombes. Ils pourraient être pris de frayeur en levant les yeux, les monolithes métalliques suspendus au plafond figurant les personnes lynchées au bout de leur corde.

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12 La famille Bell est venue visiter le mémorial depuis le Kentucky, « une bonne occasion d’avoir des conversations difficiles », explique Gretchen Bell. « Les Blancs les tuaient juste à cause de la couleur de leur peau », réalise Teagan Bell, 7 ans. Valérian Mazataud Le Devoir
13 La construction de ce lieu de mémoire a nécessité des années de recherche qui ont permis de révéler au moins 800 cas de lynchages qui n’avaient pas encore été recensés, de 1865 à 1950. Plusieurs victimes restent sans nom, mais elles sont comptées et une ligne « inconnue » a été ajoutée dans la plaque du comté respectif. C’est le premier mémorial destiné à ce sujet au pays. Valérian Mazataud Le Devoir