Donald Trump se met de plus en plus en contradiction avec lui-même

Le président américain, Donald Trump, s’est auto-proclamé gardien de la sécurité et du respect des lois dans son pays.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, s’est auto-proclamé gardien de la sécurité et du respect des lois dans son pays.

La loi et l’ordre dans le désordre. Donald Trump s’est autoproclamé gardien de la sécurité et du respect des lois dans son pays. Or, tout en se drapant dans cette vertu, le président américain n’hésite pas à se mettre régulièrement en contradiction avec lui-même, en tenant, à titre d’exemple, un grand rassemblement politique cette fin de semaine au Nevada, contrevenant ainsi aux règles de l’État sur la distanciation sociale afin d’éviter la propagation de la COVID-19. Et ce dans un des pays les plus touchés par la maladie au monde.

L’organisateur de l’événement a reçu une amende de 3000 $ pour l’ensemble des infractions commises. Sur CNN, Jonathan Reiner, professeur de médecine à la George Washington University a qualifié dimanche l’événement « d’homicide par négligence » en raison des décès qu’il pourrait entraîner.

Le président Trump est un ramassis de messages contradictoires

Et les désordres dans la maison Trump depuis un mois ne s’arrêtent pas là.

Il appelle à voter deux fois.

Au début du mois de septembre, le président américain a invité les électeurs de la Caroline du Nord, un État où son avenir politique est en jeu, à mettre à l’épreuve le principe du vote par la poste en allant aussi voter en personne pour s’assurer que leur vote postal aura bien été enregistré. Depuis des mois, il tente de décrédibiliser ce type vote que la pandémie devrait faire croître. Ce serait une source de fraude, selon lui. Aucune étude ni aucun expert en élections n’adhèrent toutefois à cette affirmation.

Dans la foulée, la commission électorale de l’État a été forcée de publier un communiqué pour rappeler aux électeurs que le fait de voter deux fois de manière intentionnelle constituait « un crime » dans cet État. Encourager à le faire l’est également, a-t-elle dit.

« Le président Trump est un ramassis de messages contradictoires », a résumé mardi en entrevue au Devoir Barry Burden, politicologue à l’Université du Wisconsin à Madison. « Il met l’accent sur le thème de l’ordre public lorsqu’il s’agit de manifestations, mais préconise le vote à deux reprises. Il fait aussi l’objet de nombreuses poursuites judiciaires et d’une enquête pour une série de crimes, dont de la fraude fiscale et des violations du financement des campagnes ».

Donald Trump utilise la même rhétorique que les Russes pour bafouer le processus électoral.

Étrange concordance des temps. Les commentaires répétés du président américain contre le vote par la poste rejoignent les messages diffusés par des agents russes pour déstabiliser le processus électoral américain, selon une note des services de renseignement américains. « Depuis mars 2020, les acteurs d’influence malveillante russes amplifient les allégations de problèmes d’intégrité électorale dans les nouveaux processus de vote et les programmes de vote par correspondance, peut-on lire dans le document rendu public vendredi. La Russie est susceptible de continuer à amplifier [ces] critiques […] pour saper la confiance du public dans le processus électoral », comme cherche à le faire le président en fonction actuellement aux États-Unis.

Sa femme, Melania, utilise un compte de courriel privé dans ses fonctions de première dame.

Souvenez-vous de l’affaire des courriels d’Hillary Clinton, accusée d’avoir utilisé un serveur n’appartenant pas au gouvernement américain pour ses communications officielles alors qu’elle était secrétaire d’État. Donald Trump en a fait le carburant de sa campagne de 2016, appelant même à mettre son opposante en prison pour ce crime… que sa femme vient de commettre également.

Dans ses mémoires, Stephanie Winston Wolkoff, ex-collaboratrice de Melania Trump, raconte que la première dame utilise un compte de courriel privé dans ses fonctions officielles, ce qui pourrait contrevenir aux lois américaines en matière de documentation de l’exercice du pouvoir. Les démocrates de la Chambre s’intéressent également à l’utilisation de courriels privés par la fille du président, Ivanka, Jared Kushner, son mari, et le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, dans la conduite de leurs affaires gouvernementales.

La convention républicaine aurait violé la loi sur les activités politiques illégales.

Une cérémonie de naturalisation de cinq nouveaux citoyens américains officiée par le secrétaire intérimaire à la Sécurité intérieure, Chad Wolf. Un appui lancé par le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, depuis le Proche-Orient, où il était en voyage officiel. Ces deux instants de la Convention nationale républicaine auraient contrevenu à la loi Hatch de 1939, qui interdit à des fonctionnaires et à ministres de mener des activités politiques partisanes dans l’exercice de leur fonction publique. Seuls le président et vice-président en sont soustraits. Le comité de surveillance de la Chambre a d’ailleurs décidé de faire enquête sur ces transgressions. La porte-parole de la Maison-Blanche, Judd Deere, a qualifié la chose de « nouvelle chasse aux sorcières ».

 

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