Incendies dans l'Ouest américain: Trump attendu de pied ferme en Californie

Des quartiers entiers de la petite ville de Talent, en Oregon, ont été dévastés par les flammes. Dans cet État, 10 morts ont été recensés cette semaine, mais les autorités se préparent à ce que le bilan s’alourdisse.
Photo: David Ryder Getty Images / Agence France-Presse Des quartiers entiers de la petite ville de Talent, en Oregon, ont été dévastés par les flammes. Dans cet État, 10 morts ont été recensés cette semaine, mais les autorités se préparent à ce que le bilan s’alourdisse.

Les responsables des États de la côte ouest américaine, ravagée par des incendies records et meurtriers, accusaient dimanche le président Donald Trump de nier le rôle du changement climatique, alors qu’il se prépare à se rendre sur place, lundi.

Pour les autorités locales comme pour de nombreux experts, l’ampleur de ces feux est indubitablement liée au changement climatique, qui aggrave une sécheresse chronique et provoque des conditions météorologiques extrêmes.

Les incendies ont déjà fait au moins 35 morts depuis le début de l’été, dont 27 rien que cette semaine dans les États de Washington, de l’Oregon et de Californie. Des dizaines de personnes étaient toujours portées disparues dimanche.

Donald Trump, qui se rendra lundi en Californie, où il rencontrera des responsables des services d’urgence, a de son côté blâmé la gestion des forêts dans ces États contrôlés par ses adversaires démocrates.

« La question, c’est la gestion forestière », a-t-il lancé lors d’un rassemblement de campagne dans le Nevada samedi soir, sans jamais mentionner le changement climatique.

Mais sur le terrain sonne un tout autre son de cloche. « Ce gouvernement se met la tête dans le sable » sur la question environnementale, a accusé dimanche matin sur CNN le maire de Los Angeles, Eric Garcetti. « Il ne s’agit pas de gestion forestière ou de ratissage. Tous ceux qui vivent en Californie se sentent insultés par cette affirmation. »

« C’est rageant […] d’avoir un président qui nie qu’il ne s’agit pas seulement de feux de forêt, mais de feux climatiques », a déclaré sur ABC Jay Inslee, le gouverneur de l’État de Washington, où un mort a été déploré. La situation y était encore « apocalyptique » dimanche, a-t-il expliqué, alors que les incendies faisaient toujours rage et que des milliers de personnes avaient perdu leur maison.

Samedi, Joe Biden, l’adversaire démocrate de Donald Trump pour la présidentielle de novembre, est lui aussi monté au créneau. « Le président Trump peut chercher à nier la réalité, mais les faits sont indéniables », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Avec des lignes de bataille qui se dessinent en fonction des élections de novembre, Joe Biden devrait également s'exprimer lundi au sujet de ces incendies et de leurs causes.

Sa candidate à la vice-présidence, Kamala Harris, qui avait écrit sur Twitter que M. Trump « niait l'évidence » selon laquelle les flammes étaient « alimentées et intensifiées par la crise climatique », se rendra elle aussi en Californie pour évaluer les dégâts et rencontrer les dirigeants des services d'incendie.

« Sous le choc »

Dans l’Oregon, 10 morts ont été recensés cette semaine, mais les autorités se préparent à ce que le bilan s’alourdisse une fois que les secours auront pu retourner dans des zones encore inaccessibles.

Près du Beachie Creek Fire, à l’est de la capitale de l’État, Salem, la police avait dressé de nombreux barrages routiers dimanche, devant lesquels s’étendaient de longues files de voitures patientant dans une épaisse purée de pois. Beaucoup de ceux qui tentaient de rentrer chez eux étaient des agriculteurs voulant nourrir leurs élevages.

« Nous sommes retournés à Mill City ce matin, mais la police nous avait conseillé de ne pas le faire, car c’est dangereux », explique Elaina Early, une habitante de cette petite ville traversée par les flammes. « La maison est debout, mais nous repartons maintenant, car les conditions ne sont vraiment pas bonnes. »

« Mon fils a 6 ans et il est sous le choc, c’est très dur pour lui. Il n’arrête pas de me demander : “on vit dans un hôtel maintenant ?” », raconte la trentenaire.

Plus de 400 000 hectares sont partis en cendres dans l’Oregon, soit le double de ce qui y brûle normalement chaque année, a souligné la gouverneure de l’État, Kate Brown, sur CBS dimanche. Environ 500 000 habitants sont soumis à un niveau plus ou moins élevé d’ordre d’évacuation, et 40 000 personnes ont effectivement quitté leur habitation.

« Cela doit nous faire prendre conscience, à tous, que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre le changement climatique », a-t-elle déclaré.

En Californie, le bilan de la semaine est passé à 14 victimes, dont 12 dans le seul comté de Butte, encore traumatisé par le souvenir des incendies de novembre 2018, qui avaient réduit en cendres la ville de Paradise.

Huit personnes avaient déjà trouvé la mort dans les incendies en août.

Plus de 16 000 soldats du feu combattaient pas moins de 29 graves incendies dimanche dans le Sunshine State, où les feux ont déjà calciné 1,2 million d’hectares cette année, un record.

Si l’on ajoute la végétation brûlée dans l’Oregon et l’État de Washington, les incendies de forêt ont consumé plus de deux millions d’hectares, alors que la saison des feux ne s’achève en théorie qu’en novembre.

Et les fumées dégagées affectent des zones immenses. Les villes de Portland, de Seattle et de San Francisco figuraient parmi celles ayant les taux de pollution les plus élevés du monde dimanche, selon le classement de la société IQAir.

À Los Angeles, le maire a annoncé la mise en place, dans les lieux publics de la ville, de centres visant à « soulager de la mauvaise qualité de l’air ».

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