Trump s’attaque à Biden et Harris depuis la Maison-Blanche

Comme s’il ne voulait pas rester sur la touche en ce jour de fête du Travail, Donald Trump a convoqué par surprise une conférence de presse lors de laquelle il a lourdement critiqué Joe Biden.
Photo: Patrick Semansky Associated Press Comme s’il ne voulait pas rester sur la touche en ce jour de fête du Travail, Donald Trump a convoqué par surprise une conférence de presse lors de laquelle il a lourdement critiqué Joe Biden.

Un rival « stupide », l’économie en plein rebond et bientôt un vaccin contre la COVID-19 : dans un discours décousu, Donald Trump a abordé lundi ses grands thèmes de prédilection, tandis que son adversaire démocrate, Joe Biden, et la colistière de celui-ci, Kamala Harris, faisaient campagne dans deux États clés.

Comme s’il ne voulait pas rester sur la touche en ce jour de fête du Travail, qui lance traditionnellement la dernière étape, intense, de la présidentielle américaine, le tempétueux dirigeant républicain, devancé par Joe Biden dans les sondages, a convoqué par surprise une conférence de presse.

À moins de deux mois du scrutin du 3 novembre, l’Amérique est à vif.

Frappé par la pandémie qui y a fait plus de 185 000 morts et mis l’économie à genoux, le pays est aussi secoué par un mouvement historique de protestation contre le racisme et les violences policières.

Donald Trump, qui a réaffirmé qu’un vaccin contre la COVID-19 pourrait être disponible avant l’élection du 3 novembre, a accusé lundi le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden, et sa colistière, Kamala Harris, de développer une « rhétorique anti-vaccin irresponsable ».

La semaine dernière, la candidate au poste de vice-présidente Kamala Harris avait expliqué qu’elle ne « croirait pas » la seule parole du président américain si un vaccin contre le nouveau coronavirus était disponible avant l’élection présidentielle. « Ce devrait être une source d’information crédible qui parlerait de l’efficacité et de la fiabilité » du vaccin, avait-elle expliqué.

Joe Biden a pour sa part expliqué lundi qu’il voudrait « voir ce qu’en disent les scientifiques ». « Je veux une transparence totale sur ce vaccin », a-t-il ajouté, accusant le milliardaire républicain de « saper la confiance du public » en politisant des questions de santé publique. Mais, « si je pouvais avoir un vaccin demain, je le ferais. Même si ça me coûte l’élection, je le ferais », a-t-il encore déclaré.

Une « rhétorique anti-vaccin irresponsable », qui « met en danger des vies » et « décrédibilise la science », a tonné Donald Trump, qui s’est défendu de faire du vaccin un argument de campagne.

« Ce qu’ils disent est très dangereux pour notre pays. Le vaccin sera très sûr et très efficace », a-t-il ajouté.

Le président américain a aussi mis en garde contre Joe Biden et « les démocrates radicaux » qui feraient « immédiatement s’effondrer l’économie ».

« La Chine profite des gens stupides, et Biden est quelqu’un de stupide », a-t-il lancé.

Une campagne en sourdine

À moins de deux mois du scrutin, la campagne s’intensifie, mais reste loin du rythme frénétique qu’elle connaît traditionnellement à cette période.

Après des mois de confinement puis de déplacements très limités, l’ancien vice-président vient de reprendre un rythme plus soutenu, mais encore largement en deçà de celui de Donald Trump qui organise des discours en plein air devant des centaines de partisans et répond bien plus souvent, comme lundi, aux questions des journalistes.

Cette campagne en sourdine a toutefois profité à Joe Biden, qui devance le milliardaire républicain dans les sondages nationaux d’entre six et huit points de pourcentage depuis un mois.

Mais l’écart est plus serré dans la demi-douzaine de principaux États clés, qui font les élections en basculant d’un parti à l’autre tous les quatre ans.

Donald Trump avait créé la surprise en remportant plusieurs d’entre eux d’une très courte avance en 2016.

Les prochaines semaines seront cruciales si les démocrates veulent les regagner. Et le temps presse : l’un de ces États, la Caroline du Nord, a lancé dès vendredi les opérations de vote par correspondance.

Soulignant ses liens avec les syndicats, rappelant ses origines modestes, Joe Biden s’est rendu lundi en Pennsylvanie pour rencontrer des dirigeants syndicaux, dont le président de la plus grande fédération américaine, AFL-CIO, Richard Trumka.

Kamala Harris au Wisconsin

C’est le Wisconsin, État du Midwest que le milliardaire républicain avait remporté d’un cheveu en 2016, qu’a choisi la candidate démocrate à la vice-présidence, Kamala Harris, pour sa première visite dans un État clé depuis sa nomination.

Comme Joe Biden la semaine dernière, elle a rencontré dès son arrivée à l’aéroport de Milwaukee, en privé, la famille de Jacob Blake, un homme noir de 29 ans grièvement blessé par balles par un policier.

Et dans un « échange touchant », selon l’avocat de la famille Blake, s’est entretenu directement avec lui par téléphone. Depuis son lit d’hôpital, Jacob Blake lui a dit qu’il était « tellement fier d’elle », a écrit Ben Crump.

La famille Blake « porte le poids de nombreuses voix sur ses épaules », a déclaré la sénatrice de Californie, 55 ans, première colistière noire et d’origine indienne de l’histoire des États-Unis.

Après une baisse notable en 2016, la mobilisation des électeurs afro-américains sera, elle aussi, déterminante.

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