Depuis Kenosha, Biden promet de monter à l’assaut du «système»

Le candidat démocrate à la présidence américaine, Joe Biden, a condamné la «violence sous toutes ses formes» lors d’une rencontre tenue dans une église de Kenosha, au Wisconsin. 
Photo: Carolyn Kaster Associated Press Le candidat démocrate à la présidence américaine, Joe Biden, a condamné la «violence sous toutes ses formes» lors d’une rencontre tenue dans une église de Kenosha, au Wisconsin. 

Sur les braises de Kenosha en train de refroidir, le candidat démocrate à la présidence américaine, Joe Biden, a une fois de plus condamné les gestes et les mots de Donald Trump qui, selon lui, « donnent de la légitimité au côté sombre de la nature humaine », a-t-il dit lors d’un déplacement, à caractère électoral, dans cette petite ville du Wisconsin jeudi.

Deux jours à peine après la visite du président américain au même endroit, l’ex-vice-président des États-Unis y a condamné la « violence sous toutes ses formes » et qualifié « d’immorale et néfaste » la manière dont Donald Trump cherche à attiser les tensions raciales au pays pour « nous diviser », a-t-il dit.

« Les mots d’un président comptent, ils peuvent faire pencher la balance » entre un climat de paix et un environnement où priment la haine et la violence, a dit Joe Biden en substance, lors d’une rencontre tenue dans une église de la ville. Le 23 août dernier, Kenosha s’est embrasée après l’apparente bavure policière dont a été victime Jacob Blake, un Afro-Américain de 29 ans, désormais paralysé après avoir reçu sept balles dans le dos tirées par un policier blanc.

Plus tôt dans la journée, Joe Biden a rencontré les parents de la victime et parlé à Jacob Blake au téléphone, leur promettant des « réformes profondes du système » de justice pour enrayer la violence policière envers les minorités qui, selon lui, « va trop loin », a résumé l’avocat de la famille dans une déclaration publiée en fin de journée.

La visite de Joe Biden a été présentée par son équipe de campagne mercredi comme « un appel à l’unité des Américains pour surmonter la douleur et affronter ensemble les défis auxquels [les événements de Kenosha] nous confrontent ». Tout comme il l’avait fait avec le président américain, le gouverneur démocrate du Wisconsin avait demandé à Joe Biden de ne pas venir dans la ville, pour ne pas retarder le processus de guérison collective en cours. Le couvre-feu y a été levé mercredi soir, après trois soirs de calme relatif dans les rues.

Mardi, la famille de Jacob Blake avait refusé de rencontrer le président américain. Donald Trump a profité de son passage dans la ville pour visiter les ruines de commerces attaqués par les émeutiers les jours précédents et pour saluer le travail des forces de l’ordre. Il a également cherché à excuser le double meurtre commis par un jeune milicien pro-Trump de 17 ans, qui a exécuté à l’arme semi-automatique deux manifestants la semaine dernière. De la légitime défense, selon le milliardaire.

Les mots d’un président comptent, ils peuvent faire pencher la balance

 

Soutiens républicains

La visite de Joe Biden à Kenosha jeudi s’est jouée alors que le candidat démocrate a reçu une nouvelle fois un appui massif d’ex-républicains en vue du scrutin de novembre prochain. Le groupe, baptisé Républicains et indépendants pour Biden, est dirigé par l’ancienne gouverneure du New Jersey Christine Todd Whitman. Il rassemble plus de 100 ex-élus, dont plusieurs figures importantes du parti de Donald Trump. Les ex-gouverneurs Rick Snyder, du Michigan, et Bill Weld, du Massachusetts, en font partie.

« Plus de 180 000 Américains sont morts de la pandémie qui, avec un leadership fort, aurait pu être contenue, a résumé le groupe dans une déclaration publique. Au lieu de cela, le contrôle a été perdu par un président qui a ignoré la pandémie et a mis en danger la vie des Américains. En ces temps de crise nationale, nous devons élire un leader à la hauteur du moment, quelqu’un qui puisse remettre de la compétence à l’intérieur du Bureau ovale et unifier le pays. Joe Biden est ce leader. »

En quête constante d’attention, particulièrement pour court-circuiter les déclarations de son opposant démocrate depuis le début de la campagne, Donald Trump a réussi jeudi à attirer les regards vers lui en appelant les électeurs de la Caroline du Nord à voter deux fois, pour tester l’efficacité du vote par la poste. « Laissez-les envoyer [leurs bulletins de vote] et laissez-les aller voter, a-t-il dit. Et si le système est aussi bon qu’ils le prétendent, alors ils ne pourront évidemment pas voter » en personne.

La déclaration a forcé la Commission électorale de cet État à publier un communiqué pour rappeler qu’« essayer de voter deux fois ou demander à quelqu’un de le faire représente une violation des lois de la Caroline du Nord ».

Depuis plusieurs semaines, Donald Trump cherche à décrédibiliser le prochain scrutin électoral en laissant entendre que le vote par la poste est une source potentielle de fraude dont il pourrait faire les frais. Aucune étude ni aucun expert en processus électoral n’appuient toutefois cette affirmation.

Le réseau Twitter, sur lequel Donald Trump a cherché à justifier son appel au double vote, lancé la veille lors d’un point de presse, a bloqué la prolifération de ce message, en raison de sa politique de contrôle des propos attaquant les processus démocratiques. Le message encourageait, selon l’entreprise, les gens à « potentiellement voter deux fois ».

Pour sa part, Joe Biden a dit son optimisme à faire changer les choses dans le pays, tout en admettant s’être trompé par le passé en croyant pouvoir « combattre la haine, alors qu’elle ne fait que se cacher ». « Que je perde ou que je gagne, je promets de continuer à me battre, a-t-il dit à Kenosha. Je vais me battre pour l’égalité raciale et l’équité à tous les niveaux. »

Facebook bloquera les nouvelles publicités politiques une semaine avant l’élection

Attaqué pour son laxisme face à la désinformation et à la manipulation des contenus, le géant des réseaux sociaux Facebook a annoncé jeudi qu’aucune nouvelle publicité politique ne pourra être diffusée sur sa plateforme dans la semaine précédant l’élection présidentielle américaine du 3 novembre. Les annonceurs pourront toutefois continuer à diffuser les publicités partagées avant cette période.

« Cette élection ne sera pas une élection habituelle. Nous avons tous la responsabilité de protéger notre démocratie », a dit pour se justifier le patron du géant californien, Mark Zuckerberg, dans une publication sur sa page personnelle. À cet égard, M. Zuckerberg a dit s’inquiéter de possibles mouvements violents de contestation des résultats, ces derniers pouvant ne pas être connus avec certitude avant « des jours, voire des semaines ». Pour cette raison, il a annoncé que, si un candidat ou un parti essayait de revendiquer la victoire avant que tous les résultats soient connus, un lien apposé à leur publication redirigerait les lecteurs vers les résultats officiels.

Parmi les autres mesures prises, Facebook s’est engagé à retirer les publications assurant qu’aller voter peut entraîner une contamination au coronavirus, à limiter le partage d’articles sur le chat Messenger pour éviter que des publications de désinformation ne deviennent virales et à lutter contre les tentatives de restriction du droit de vote par des publications mensongères.