Trump attise la violence aux États-Unis, dénonce Biden

À près de deux mois du scrutin présidentiel du 3 novembre prochain, Joe BIden a remis sa campagne en marche sur le terrain en se présentant, lundi, dans une ex-usine sidérurgique de Pittsburgh, aujourd’hui reconvertie en centre de développement durable.
Photo: Carolyn Kaster Associated Press À près de deux mois du scrutin présidentiel du 3 novembre prochain, Joe BIden a remis sa campagne en marche sur le terrain en se présentant, lundi, dans une ex-usine sidérurgique de Pittsburgh, aujourd’hui reconvertie en centre de développement durable.

Donald Trump l’accuse depuis des semaines de se « cacher dans son sous-sol ». Or, lundi après-midi, Joe Biden a fait une sortie remarquée sur le champ de bataille de la Pennsylvanie pour asséner un coup à son adversaire. Il l’a accusé publiquement de « fomenter » la violence urbaine qui sévit depuis des semaines dans plusieurs villes des États-Unis.

Donald Trump « attise les flammes plutôt que de les éteindre » en alimentant les divisions sur fond de racisme et de brutalité policière autant que sur la crise sanitaire et l’effondrement de l’économie, selon l’ex-vice-président. « [Il] veut que vous viviez dans la peur », a dit M. Biden. « Il se présente comme le gardien de l’ordre. Mais il ne l’est pas. Il n’a pas encore fait partie de la solution, car il fait partie du problème. »

À près de deux mois du scrutin présidentiel du 3 novembre prochain, le candidat démocrate a remis sa campagne en marche sur le terrain en se présentant dans une ex-usine sidérurgique de Pittsburgh, aujourd’hui reconvertie en centre de développement durable, et ce, pour remettre les pendules à l’heure. Donald Trump laisse entendre depuis le début de l’été que les manifestations violentes dans plusieurs villes des États-Unis, soutenues par le mouvement Black Lives Matter dans la foulée de plusieurs bavures policières ciblant des Afro-Américains, sont le fruit de maires démocrates complaisants avec les émeutiers.

[Trump] veut que vous viviez dans la peur. Il se présente comme le gardien de l’ordre. Mais il ne l’est pas. Il n’a pas encore fait partie de la solution, car il fait partie du problème.

 

« [Ce président] peut croire que prononcer les mots Loi et Ordre le rend fort, a dit Joe Biden, mais son incapacité à appeler ses propres partisans à cesser d’agir en tant que milice armée dans ce pays montre surtout à quel point il est faible. Qui peut croire qu’il y aura moins de violence si Donald Trump est réélu ? » a-t-il demandé.

Tensions raciales

Le candidat démocrate a livré son discours depuis l’ex-bastion industriel de cet État à l’humeur politique changeante et dont le vote va être crucial pour lui en novembre. Il l’a fait aussi alors que la tension reste vive à Kenosha, au Wisconsin, après qu’un policier a tiré sept balles dans le dos d’un Afro-Américain, lors d’une intervention pour violence familiale, le 23 août dernier. Jacob Blake, c’est le nom de la victime, pourrait rester paralysé de façon permanente. Les manifestants se sont emparés des rues de la ville depuis pour dénoncer ce énième cas de crime raciste commis par la police.

Images tranchantes : la semaine dernière, un jeune militant pro-Trump a causé la mort de deux manifestants avec une arme automatique dans les rues de Kenosha, où, sur une base volontaire, il était descendu pour faire régner l’ordre et protéger les commerces, selon lui. Or, son arrestation n’a eu lieu pacifiquement que le lendemain chez lui. Pourtant, le soir de son double meurtre, il s’est présenté aux forces de l’ordre, arme en bandoulière et mains en l’air, pour se rendre, comme l’ont montré plusieurs vidéos filmées par des manifestants.

À l’inverse, Jacob Blake s’est fait tirer dans le dos devant ses enfants pour avoir refusé d’obtempérer aux forces policières. Une différence de traitement qui illustre la discrimination endémique et historique qui prévaut aux États-Unis.

Trump perd des plumes

Pour Christopher Beem, professeur de science politique à la Penn State University, Donald Trump joue à un jeu risqué en prétendant que Biden pourrait conduire à plus de violence et de troubles sociaux si le démocrate était élu. « Après tout, l’escalade de violence et les divisions sont apparues sous sa présidence, comment peut-il les attribuer à Joe Biden ? demande l’universitaire joint en Pennsylvanie par Le Devoir. Derrière sa stratégie, il y a un appel pas très subtil au racisme. Trump essaie de faire peur aux gens. Mais si suffisamment d’entre eux finissent par croire qu’il aggrave les choses, notamment en encourageant le vigilantisme de milices de droite armées, cela pourrait très bien se retourner contre lui. »

Depuis le début de l’année, les appuis de Donald Trump ne cessent de se fragiliser. Un récent sondage mené auprès des forces armées américaines expose des intentions de vote en baisse chez les militaires pour le président autoproclamé de la loi et de l’ordre qui se vante également d’avoir fait croître les budgets de la défense. Début août, 43 % des 1018 militaires consultés par la Syracuse University pour le compte du Military Times ont affirmé être prêts à voter pour Biden, contre 37 % pour Donald Trump. L’opinion favorable du président est en chute libre chez les militaires depuis plus d’un an, indiquent les responsables du coup de sonde.

Par ailleurs, en Floride, un groupe de républicains se mobilise désormais pour contrer la victoire du milliardaire dans cet État, en injectant plusieurs millions de dollars dans une campagne publicitaire dépeignant le président comme une menace pour la sécurité nationale. Les modérés et les banlieusards âgés sont ciblés. « Il y a des fissures dans le mur [républicain de la Floride], a dit Mike Murphy, ex-directeur de campagne du républicain Jeb Bush, lundi dans les pages du New York Times. Mais nous avons besoin de quelques coups de marteau » pour le faire tomber.

Donald Trump, lui, ne s’en soucie guère. Lundi, il a de nouveau vilipendé « les maires et gouverneurs de la gauche radicale » qui, selon lui, ont perdu le « contrôle de leur “mouvement” dans leurs villes », a-t-il résumé sur Twitter. « Cela ne devait pas se passer comme ça, mais les anarchistes et agitateurs se sont emballés et n’écoutent plus rien. [Ils] ont même forcé “Slow Joe” à sortir de son sous-sol », a-t-il ajouté.

Pour Biden, Donald Trump est « un président toxique depuis quatre ans, qui a empoisonné la manière dont nous nous parlons les uns et les autres, dont nous nous traitons les uns les autres. Il a empoisonné les valeurs de notre pays et de notre démocratie », a-t-il dit, avant de demander : « Allons-nous nous débarrasser de cette toxine ou en faire une composante permanente du caractère de notre nation ? »

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