Donald Trump, superstar de sa convention républicaine

Le président Donald Trump, accompagné de sa femme, Melania, sur la scène aménagée devant la Maison-Blanche
Photo: Evan Vucci Associated Press Le président Donald Trump, accompagné de sa femme, Melania, sur la scène aménagée devant la Maison-Blanche

La convention nationale républicaine s’est terminée jeudi soir à Washington comme elle a commencé lundi à Charlotte : sans témoignages de l’élite du « grand vieux parti », qui a déserté cette année la grand-messe politique de la droite américaine, mais avec une autre série d’éloges, en forme d’hagiographie, du président Donald Trump.

« Le président Trump, avec son amour infini du pays et de tous les Américains, sa discipline au travail, son exceptionnelle capacité à inspirer, sa grande compréhension de notre gouvernement et ses valeurs américaines fortes, est l’homme en qui nous pouvons avoir confiance pour conserver et améliorer notre façon de vivre, a déclaré son fidèle allié et avocat personnel, Rudy Giuliani. Monsieur le Président va assurer la sécurité de notre nation à nouveau. »

Au quatrième jour de la convention, les invités se sont succédé à la tribune pour vanter les valeurs patriotiques, la compassion ou encore la détermination du président américain à prendre soin des plus faibles ou à s’opposer à l’establishment politique.

« Notre président refuse de renier ses croyances pour marquer des points auprès de la grande élite politique, a dit sa fille Ivanka, une de ses proches conseillères. Pour mon père, vous êtes l’élite, les personnes avec qui il veut marquer des points. » Et d’ajouter : « Washington n’a pas changé Donald Trump. C’est Donald Trump qui a changé Washington. »

Le président lui-même a pris part à ce concert de congratulations lors de son discours d’acceptation de la nomination républicaine en vue du scrutin de novembre prochain.

L’occupant de la Maison-Blanche a entre autres affirmé qu’il a « fait plus pour les Afro-Américains que n’importe quel autre président américain depuis Abraham Lincoln. Et j’ai fait plus pour la communauté noire en trois ans que Joe Biden en 47 ans », a-t-il dit, promettant au passage que le « meilleur restait à venir » après sa réélection.

La déclaration cherchait visiblement à minimiser la signature du Civil Rights Act en 1964 et du Voting Rights Act en 1965, qui ont mis fin juridiquement à la ségrégation raciale et normalisé le statut des Afro-Américains aux États-Unis. Le démocrate Lyndon Johnson en avait été l’artisan.

« Le chaos, l’anarchie, le vandalisme et la violence »

Entre mensonges, réalités alternatives et attaques ciblées, Donald Trump a affirmé entre autres « s’être concentré sur les faits, la science et les données » pour lutter contre la pandémie de COVID-19, qui à ce jour a frappé les États-Unis plus que la plupart des autres pays dans le monde. Depuis mars, le gouvernement Trump est accusé de faire fi des connaissances scientifiques, préférant promouvoir des cures miracles et défier les recommandations en matière de distanciation physique et de protection des autorités sanitaires.

Même si le chômage est désormais à plus de 10 %, Donald Trump s’est présenté devant ses électeurs en défenseur des emplois américains, contrairement à son opposant, Joe Biden. « Joe Biden n’est pas le sauveur de l’âme de l’Amérique, a-t-il dit. Il est le destructeur des emplois américains », délocalisés, selon lui, dans des pays comme la Chine.

« C’est l’élection la plus importante dans l’histoire de notre pays, a ajouté Donald Trump. Les électeurs ont un choix à faire entre deux partis, deux philosophies, deux programmes… Cette élection va décider si nous sauvons le rêve américain ou si nous permettons à un projet socialiste de détruire la destinée que nous chérissons. Votre vote décidera si nous protégeons les Américains respectueux de la loi ou si nous laissons libre cours aux anarchistes violents, aux agitateurs et aux criminels qui menacent nos citoyens. »

Le discours de Donald Trump s’est tenu alors que le pays fait à nouveau face à une poussée d’indignation après la bavure policière dont a été victime un autre Afro-Américain dans la ville de Kenosha, dans le Wisconsin, le 23 août dernier. Mercredi, deux participants à une manifestation dénonçant le racisme et la brutalité policière dans cette ville ont perdu la vie… en tombant sous les balles d’un milicien armé de 17 ans, prorépublicain et pro-Trump, à en croire les informations qu’il a répandues dans les univers numériques au cours des dernières semaines.

En matinée jeudi, Kellyanne Conway, future ex-conseillère de Trump, a prétendu sur les ondes de Fox News que « le chaos, l’anarchie, le vandalisme et la violence » servaient très bien les intérêts du président, puisqu’ils « facilitent le choix pour le meilleur candidat au service de la sécurité, de la loi et de l’ordre », a-t-elle dit en substance.

Avant même la tenue du discours final de Donald Trump, la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, s’en est prise jeudi au président. « La convention républicaine est conçue pour une seule chose : flatter l’ego de Donald Trump, pour qu’il se sente bien, a-t-elle dit. Mais vous voyez : il est le président des États-Unis et ce n’est pas censé être juste à propos de lui. »

La sénatrice de la Californie, première femme métissée à aspirer au poste de vice-présidente, a dénoncé le chaos présidentiel face à la pandémie. « Au lieu de se montrer à la hauteur dans un moment difficile, Donald Trump a figé. Cela n’avait pas à être mauvais à ce point, a-t-elle dit à propos du bilan sombre de la COVID-19 aux États-Unis. Tout ce qu’il nous fallait, c’était un président compétent. »

La volonté de Donald Trump de livrer son discours d’acceptation de la nomination républicaine dans l’enceinte même de la Maison-Blanche a été fortement critiquée depuis plusieurs jours, puisqu’elle rompt avec la tradition politique voulant que le président sépare ses activités militantes de sa fonction durant la campagne électorale en vue de sa réélection.

L’événement s’est tenu par ailleurs devant un public semblant ne pas respecter les règles de distanciation physique. Le port du masque y était également anecdotique.