Trump et le patron de la poste américaine poursuivis en justice

Une femme manifeste devant un bureau du service postal américain, à Los Angeles.
Photo: Chris Pizzello Associated Press Une femme manifeste devant un bureau du service postal américain, à Los Angeles.

Un groupe d’hommes politiques et électeurs américains ont intenté une poursuite au civil contre Donald Trump et le patron de la poste fédérale, dénonçant leurs attaques contre le vote par correspondance comme des atteintes fondamentales au droit de vote à l’approche de la présidentielle.

La plainte, enregistrée lundi au tribunal fédéral de Manhattan, à New York, émane de 16 personnes, parmi lesquelles on trouve non seulement des politiciens — comme le démocrate new-yorkais Mondaire Jones —, mais aussi des électeurs qui entendent voter par correspondance, y compris une nonagénaire descendante d’une célèbre « suffragette ».

Les plaignants affirment qu’en prenant des mesures pour retarder le vote par correspondance à l’approche de la présidentielle, M. Trump et le patron de l’US Postal Service (USPS), Louis DeJoy, portent atteinte au droit de vote, garanti par la Constitution américaine. Et ce, alors que les États américains ont, pandémie oblige, décidé de permettre à 76 % des Américains — une proportion « inédite » — de voter par correspondance.

« Dans la dernière ligne droite avant la présidentielle de 2020, le USPS a instauré des changements radicaux et profonds dans la façon dont il assume ses responsabilités de livraison du courrier, changeant fondamentalement les règles du vote par correspondance », affirment-ils.

Ils énumèrent une série de mesures, prises récemment par le service postal, officiellement pour redresser ses comptes, qui ont déjà commencé à retarder le courrier.

« Le résultat prévisible » de ces mesures est qu’« un nombre incertain de bulletins ne seront pas comptés, sur la base de circonstances échappant totalement au contrôle des électeurs », selon les plaignants.

Ils demandent à la justice fédérale d’obliger le gouvernement Trump et la poste à prendre rapidement les mesures nécessaires à un bon fonctionnement du courrier pour les élections présidentielle et législatives du 3 novembre.

Donald Trump dénonce depuis des semaines un vaste recours au vote par correspondance, criant au risque de fraude.

Mais ses opposants l’accusent de vouloir en réalité empêcher un mode de vote qui pourrait être favorable à son adversaire démocrate, Joe Biden.

À la demande des démocrates du Congrès, M. DeJoy a accepté de témoigner devant une commission parlementaire le 24 août.

D’autres actions en justice pourraient suivre. Lundi, les procureurs de plusieurs États américains, emmenés par la procureure démocrate de l’État de New York Letitia James, ont indiqué examiner « toutes les possibilités légales » pour préserver le service postal.

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