Washington saisit du pétrole iranien destiné au Venezuela

Selon un communiqué, plus d’un million de barils de pétrole ont été confisqués, ce qui représente la plus grosse saisie américaine de pétrole iranien.
Photo: Le ministère de la Communication et de l'Information du Venezuela via Agence France-Presse Selon un communiqué, plus d’un million de barils de pétrole ont été confisqués, ce qui représente la plus grosse saisie américaine de pétrole iranien.

Les États-Unis ont saisi la cargaison de quatre navires-citernes qui transportaient du pétrole iranien à destination du Venezuela pour le compte des Gardiens de la Révolution, que Washington considère comme une organisation terroriste.

Plus d’un million de barils de pétrole ont été confisqués, ce qui représente la plus grosse saisie américaine de pétrole iranien, a précisé le ministère américain de la Justice dans un communiqué, confirmant des informations publiées par le Wall Street Journal.

Le ministère a indiqué avoir déposé le 2 juillet devant un tribunal fédéral de Washington une plainte et un ordre de saisie pour les cargaisons des pétroliers Bella, Bering, Pandi et Luna en route vers le Venezuela.

« Le gouvernement annonce aujourd’hui avoir effectué cette saisie avec succès et confisqué environ 1,12 million de barils de pétrole », ajoute le communiqué. « Avec l’aide de partenaires étrangers, cette cargaison saisie est maintenant entre les mains des États-Unis. »

Le communiqué ne précise ni où ni quand les navires ont été interceptés, mais le président Donald Trump a précisé que ceux-ci se trouvaient à Houston, au Texas. « L’Iran n’est pas censé faire ça », a-t-il noté.

Washington a semblé établir un lien entre cette opération et l’incident en mer d’Oman dénoncé mercredi par l’armée américaine, lorsque les forces iraniennes ont arraisonné un pétrolier battant pavillon du Liberia dans les eaux internationales, utilisant un hélicoptère et deux navires pour en prendre le contrôle.

« Après la mise en œuvre de l’ordre de saisie américain, la marine iranienne a arraisonné un navire étranger à l’affaire, dans une tentative apparente de récupérer le pétrole confisqué, mais elle n’y est pas parvenue », indique le communiqué du ministère de la Justice.

Le ministère américain des Affaires étrangères a notamment aidé à immobiliser les navires, a indiqué dans un communiqué la porte-parole de la diplomatie américaine, Morgan Ortagus.

Les bénéfices que le gouvernement américain entend tirer de la vente du pétrole iranien saisi ira à un fonds d’aide aux victimes du terrorisme « au lieu d’aller à ceux qui commettent des actes terroristes, comme les Gardiens de la Révolution », a-t-elle précisé dans un communiqué, en référence à l’armée idéologique du régime iranien.

« Les États-Unis restent déterminés à poursuivre leur campagne de pression maximum contre le régime iranien et celui de Maduro », a-t-elle conclu.

Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole du monde, mais sa production s’est effondrée et le pays manque de carburant. Les sanctions américaines contre le régime du président vénézuélien Nicolas Maduro l’ont obligé à se tourner vers des alliés comme l’Iran, qui a envoyé plusieurs pétroliers plus tôt cette année pour pallier cette pénurie.

L’ambassadeur iranien au Venezuela, Hojat Soltani, a déclaré sur Twitter que les informations sur la saisie des navires-citernes iraniens constituaient « encore un autre mensonge et une guerre psychologique » de la part des États-Unis.

« Les navires ne sont pas iraniens et ni le propriétaire ni le drapeau n’ont quoi que ce soit à voir avec l’Iran », a-t-il écrit sur Twitter en espagnol.

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