De nouveaux affrontements à Portland

Des milliers de personnes ont manifesté devant le tribunal fédéral de Portland, en Oregon, dans la nuit de vendredi à samedi.
Photo: Marcio Jose Sanchez Associated Press Des milliers de personnes ont manifesté devant le tribunal fédéral de Portland, en Oregon, dans la nuit de vendredi à samedi.

Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés jusqu’à tard dans la nuit de vendredi à samedi, à l’extérieur du tribunal fédéral à Portland, en Oregon. Certains ont lancé des feux d’artifice sur l’immeuble pendant que les agents fédéraux lançaient des gaz lacrymogènes.

La manifestation a pris fin lorsque les agents fédéraux ont fait irruption dans la foule vers 2 h 30. Ils ont marché en rang serré dans la rue, expulsant les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène tiré à courte distance. Ils ont aussi éteint un feu allumé dans la rue.

La ville de Portland est le théâtre de manifestations nocturnes depuis la mort de George Floyd, il y a deux mois. Le président des États-Unis, Donald Trump, a décidé d’envoyer des agents fédéraux dans la métropole de l’Oregon pour réprimer ces manifestations. Selon les responsables locaux, leur venue n’a fait qu’empirer les choses.

Les affrontements violents à Portland ont alimenté la tension politique au pays. Ils pourraient même déclencher une nouvelle crise sur les limites constitutionnelles du président Trump, qui a l’intention d’envoyer des agents fédéraux dans d’autres villes dirigées par des démocrates qu’il a décrites comme étant en proie à la violence.

 

Un juge fédéral a refusé vendredi la requête de la procureure générale de l’Oregon qui demandait des restrictions aux actions de la police fédérale.

Selon la police du département de la Sécurité intérieure, le rassemblement de vendredi était « illicite ». Elle soutient que des agents ont été blessés.

À 3 h, la plupart des manifestants avaient quitté le secteur ; seuls quelques groupes parcouraient encore les rues de la ville.

Auparavant, quelque 3000 personnes avaient manifesté en scandant, sous le son des tambours, « La vie des Noirs compte » et « Les fédéraux, allez-vous-en ».

Des manifestants ont vigoureusement secoué la clôture érigée autour de l’édifice. D’autres ont lancé des fusées et des bouteilles. Les agents fédéraux ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes.

On ignore si des gens ont été arrêtés vendredi. Au cours de précédentes manifestations contre l’injustice raciale qui ont souvent tourné à l’émeute, les policiers fédéraux ont arrêté plusieurs dizaines de personnes.

La procureure générale de l’État, Ellen Rosenblum, a aussi accusé les policiers fédéraux d’avoir emmené des manifestants dans des véhicules non identifiés. Le juge fédéral Michael Mosman a rejeté la poursuite en disant que l’État ne pouvait prétendre à lancer des actions judiciaires au nom des manifestants.

Mme Rosenblum reproche aux policiers fédéraux d’arrêter sans raison des manifestants et d’employer une force excessive.

Le secrétaire par intérim à la sécurité intérieure, Chad Wolf, nie que les policiers fédéraux ont jeté de l’huile sur le feu à Portland. Selon lui, le maire Ted Wheeler a légitimé la criminalité en se joignant aux manifestants.

À voir en vidéo