Après Portland, Donald Trump envoie des agents fédéraux à Chicago

À Portland,  en Oregon,  les agents  fédéraux qui ont été dépêchés pour ramener l’ordre n’ont fait qu’envenimer  la situation,  selon les  manifestants.
Nathan Howard Getty Images / AFP À Portland, en Oregon, les agents fédéraux qui ont été dépêchés pour ramener l’ordre n’ont fait qu’envenimer la situation, selon les manifestants.

Le président américain, Donald Trump, a annoncé mercredi qu’il va renforcer les effectifs des agents fédéraux à Chicago, après une résurgence de la violence dans la troisième ville des États-Unis et malgré l’opposition de la maire démocrate de la métropole.

Très critiqué pour sa gestion de la pandémie de COVID-19 à un peu plus de trois mois de l’élection présidentielle, le milliardaire républicain, candidat à sa réélection, fait notamment campagne sur le retour à « l’ordre ». Et face à une criminalité en hausse cet été dans les grandes villes du pays, comme New York, Chicago, Philadelphie, Los Angeles, Atlanta ou Baltimore, il fustige les responsables démocrates de plusieurs villes en les accusant de laxisme.

« J’annonce une forte hausse des forces de l’ordre fédérales dans les populations affectées par la criminalité violente », a-t-il dit depuis la Maison-Blanche. Le ministère américain de la Justice va « immédiatement augmenter le nombre d’agents de la police fédérale dans la ville de Chicago », a-t-il ajouté.

Présent aux côtés du président, Bill Barr, le ministre de la Justice, a précisé que l’opération concernerait Chicago, Kansas City et Albuquerque.

Environ 200 agents seront envoyés à Chicago, 30 à Albuquerque (Nouveau-Mexique) et 200 se trouvent déjà à Kansas City (Missouri), a-t-il dit.

« L’opération a d’abord été lancée le 8 juillet à Kansas City, conséquence de la promesse du président Trump d’aider les villes américaines récemment affectées par des violences », selon un communiqué du ministère de la Justice.

Selon M. Barr, les agents fédéraux travailleront « main dans la main » avec la police et ne doivent pas être confondus avec les forces de l’ordre fédérales impliquées dans la réponse antiémeute.

« En aucun cas »

Le président, devancé dans les derniers sondages par son rival démocrate Joe Biden, avait menacé d’envoyer des agents fédéraux à New York et à Chicago, comme dans d’autres bastions démocrates, pour protéger les bâtiments fédéraux et, plus globalement, « rétablir l’ordre ».

Une quinzaine de personnes ont encore été blessées mardi dans une fusillade lors de funérailles à Chicago, où la violence est endémique dans certains quartiers.

En réaction aux propos du président, les maires démocrates de Portland (Oregon), Seattle, Chicago, Atlanta, Kansas City et la capitale fédérale Washington ont envoyé une lettre au ministre de la Justice pour s’opposer au « déploiement unilatéral » de forces fédérales dans leurs villes.

Revenant sur l’envoi ces derniers jours de policiers fédéraux à Portland, dans l’Oregon — où des agents, en tenue de camouflage et sans badge d’identification, ont procédé à des arrestations contestées —, les maires ont estimé que leurs interventions avaient contribué à « une escalade » des tensions et ont comparé la méthode aux « tactiques utilisées par des régimes autoritaires ».

« En aucun cas je ne laisserai les soldats de Donald Trump venir à Chicago terroriser nos habitants », a tweeté la maire de Chicago, Lori Lightfoot.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a répété que sa ville attaquera le gouvernement fédéral en justice si des agents fédéraux sont déployés dans la capitale économique américaine.

Mercredi, M. Trump a dit vouloir « rendre la police plus forte, pas plus faible », et estimé que davantage de policiers devraient être embauchés, pas voir leur budget réduit.

Il faisait allusion aux appels à « couper les fonds à la police » qui ont émergé avec les manifestations antiracistes ayant suivi la mort de George Floyd fin mai.

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