Trump décrète la fin du traitement préférentiel accordé à Hong Kong

«Hong Kong sera traité comme la Chine: pas de privilège spécial, pas de traitement économique spécial et pas d’exportations de technologies sensibles», a affirmé Donald Trump mardi.
Photo: Drew Angerer / Getty Images / Agence France-Presse «Hong Kong sera traité comme la Chine: pas de privilège spécial, pas de traitement économique spécial et pas d’exportations de technologies sensibles», a affirmé Donald Trump mardi.

Donald Trump a encore accentué mardi la pression sur la Chine, en annonçant la fin du régime économique préférentiel accordé par les États-Unis à Hong Kong et en signant une loi prévoyant des sanctions contre la répression dans le territoire chinois.

Ces mesures répondent à l’imposition par la Chine d’une loi draconienne sur la sécurité nationale à Hong Kong.

« Aujourd’hui, j’ai signé une loi et un décret pour faire rendre des comptes à la Chine en raison de sa répression de la population de Hong Kong », a déclaré le président américain lors d’une conférence de presse décousue au cours de laquelle il s’est aussi attaqué à plusieurs reprises à son adversaire démocrate Joe Biden.

Le décret, dont le texte n’a pas été publié, met fin au traitement préférentiel pour Hong Kong. « Hong Kong sera traité comme la Chine : pas de privilège spécial, pas de traitement économique spécial et pas d’exportations de technologies sensibles », a-t-il dit. Il a ajouté n’avoir aucune intention de rencontrer le président chinois Xi Jinping pour apaiser les tensions.

Le milliardaire républicain a estimé que le contrôle exercé par Pékin sur Hong Kong marquait la fin du pouvoir économique de l’ex-colonie britannique. « Nous avons perdu un concurrent très sérieux », a-t-il ajouté.

Il a aussi prédit une hémorragie des cerveaux à Hong Kong. « Leur liberté leur a été retirée […], beaucoup de gens vont partir », a affirmé M. Trump.

La loi sur l’Autonomie de Hong Kong, approuvée à l’unanimité par le Congrès, « donne à mon administration de puissants nouveaux outils pour faire rendre des comptes aux individus et aux entités impliqués dans la répression des libertés à Hong Kong », a souligné M. Trump.

Cette loi votée début juillet par le Congrès vise non seulement les responsables chinois mais aussi la police de Hong Kong, en déclenchant obligatoirement des sanctions contre ceux qui seraient identifiés comme œuvrant pour restreindre les libertés.

Pression graduelle

Point crucial, elle pénalise les banques qui, par leurs financements, contribueraient à l’érosion de l’autonomie de Hong Kong.

La loi chinoise sur la sécurité nationale entraîne, selon ses critiques, un recul des libertés inédit depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997.

Pour les États-Unis comme pour d’autres pays occidentaux, il s’agit de museler l’opposition après les manifestations monstres de l’an dernier, qui visaient à dénoncer l’influence du gouvernement.

Washington a multiplié les pressions sur la Chine ces derniers jours.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a félicité mardi les partis du camp pro-démocratie à Hong Kong pour les primaires organisées la veille, appelant à des élections législatives « libres et justes » en septembre, alors que Pékin a qualifié ces primaires de « grave provocation ».

La veille, le secrétaire d’État américain avait prévenu que les États-Unis considéraient les revendications territoriales de Pékin en mer de Chine méridionale comme « illégales ». Alors que les États-Unis s’abstenaient jusque-là de prendre position dans les différends territoriaux dans cette région, se contentant d’y affirmer la « liberté de navigation », M. Pompeo a explicitement pris partie pour les États riverains de la Chine.

Et les États-Unis ont obtenu une victoire dans leur lutte contre le géant chinois des télécoms Huawei, qu’ils accusent d’espionnage à la solde de Pékin : le Royaume-Uni a annoncé mardi qu’il allait expurger son réseau 5G de tout équipement produit par Huawei en raison d’un risque pour la sécurité du pays.

La semaine dernière, les États-Unis ont annoncé qu’ils refuseraient des visas à trois hauts responsables chinois accusés d’avoir orchestré la répression contre des musulmans ouïghours dans le Xinjiang, vaste région du nord-ouest chinois.

En réaction, Pékin a décidé de sanctionner trois parlementaires républicains parmi les plus critiques du régime chinois : les sénateurs Marco Rubio et Ted Cruz, ancien candidat aux primaires présidentielles, et le représentant Chris Smith.