Pas de consensus chez les services de renseignement

Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison-Blanche
Photo: Evan Vucci Associated Press Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison-Blanche

Les services de renseignement américains ne sont pas arrivés à un consensus sur l’affaire de possibles primes versées par Moscou à des insurgés pour tuer des soldats occidentaux en Afghanistan, a assuré lundi la Maison-Blanche.

« Il n’existe pas de consensus sur ces affirmations au sein de la communauté du renseignement », a affirmé Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison-Blanche, réaffirmant que Donald Trump n’avait pas été informé de ce dossier.

La porte-parole a précisé qu’un groupe d’élus des deux partis avaient été invités lundi à la Maison-Blanche pour être tenus informés sur ce dossier. Elle n’a cependant pas précisé quels élus démocrates avaient été contactés.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer, n’ont pas reçu d’invitation, ont indiqué à l’AFP leurs équipes.

Les deux dirigeants démocrates ont demandé à la directrice de la CIA, Gina Haspel, et au directeur du renseignement américain, John Ratcliffe, d’informer au plus vite tous les membres de la Chambre et du Sénat sur cette affaire.

Photo: Carolyn Kaster Associated Press La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi

Le New York Times, suivi par le Washington Post et le Wall Street Journal, a rapporté ce week-end que des agents russes avaient distribué de l’argent à des combattants « proches des talibans » pour qu’ils tuent des soldats américains ou de l’OTAN en Afghanistan.

Selon ces journaux, qui s’appuient sur des sources anonymes au sein du renseignement américain, les informations ont été transmises à Donald Trump, et le Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche en a discuté à la fin mars sans qu’aucune action soit engagée.

La Russie et les talibans ont démenti en bloc ces informations.

Il n’y a pas eu de soldat américain tué par des talibans en Afghanistan depuis la fin mars, selon les chiffres officiels du Pentagone.

« États soutenant le terrorisme »

Le président américain a nié dimanche avoir été informé de cette affaire, puis expliqué que ses services secrets n’avaient pas estimé cette information « crédible ».

« Le Congrès a besoin de savoir ce que la communauté du renseignement sait sur cette menace importante contre les troupes américaines et nos alliés, ainsi que les options disponibles pour appeler la Russie à rendre des comptes », a écrit Nancy Pelosi.

« Le refus du président de s’élever contre la Russie met aussi en danger des vies dans la région, pendant que le gouvernement afghan et les États-Unis sont engagés dans des négociations cruciales de paix avec les talibans », a-t-elle ajouté.

« Nous devons savoir si le président Trump a été informé et si oui, quand », a renchéri Chuck Schumer.

Chez les républicains aussi des voix s’élèvent autour du cœur des allégations, plutôt que sur les doutes pesant sur ce que savait ou non Donald Trump.

« Si les informations du renseignement sur le fait que la Russie ou tout autre pays mettent des primes sur [la vie] de militaires américains sont vérifiées, alors ils doivent être traités comme des États soutenant le terrorisme », a tweeté Thom Tillis, un sénateur républicain siégeant à la Commission sur les forces armées.

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