Des talibans payés pour tuer des soldats occidentaux?

«Personne ne m’a briefé, ou n’a briefé le vice-président Mike Pence ou le chef de cabinet Mark Meadows sur les soi-disant attaques sur nos troupes en Afghanistan par les Russes», a assuré le président américain, Donald Trump, dans une publication matinale sur Twitter.
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse «Personne ne m’a briefé, ou n’a briefé le vice-président Mike Pence ou le chef de cabinet Mark Meadows sur les soi-disant attaques sur nos troupes en Afghanistan par les Russes», a assuré le président américain, Donald Trump, dans une publication matinale sur Twitter.

Donald Trump a assuré dimanche, sans convaincre ses détracteurs, ne pas avoir été informé de possibles primes versées par Moscou à des insurgés pour tuer des soldats occidentaux en Afghanistan, contrairement à ce qu’affirment plusieurs journaux américains.

« Personne ne m’a informé ou n’a informé le vice-président, Mike Pence, ou le chef de cabinet, Mark Meadows, sur les soi-disant attaques sur nos troupes en Afghanistan par les Russes », a assuré le président américain sur Twitter. « Tout le monde le nie et il n’y a pas eu beaucoup d’attaques contre nous », a-t-il ajouté.

Le New York Times, suivi ensuite par le Washington Post et le Wall Street Journal, a rapporté que des agents russes avaient discrètement distribué de l’argent à des combattants « proches des talibans » pour qu’ils tuent des soldats américains ou de l’OTAN en Afghanistan. Ces informations ont été transmises au président Trump et le Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche en a discuté à la fin mars sans qu’aucune réaction ne soit décidée, ont ajouté ces médias en citant des sources anonymes au sein du renseignement américain.

Si Trump n’a pas été informé, c’est un problème. S’il l’a été et qu’il veut quand même intégrer la Russie dans le G8, c’est encore pire.

 

La Russie et les talibans ont démenti en bloc ces informations. La Maison-Blanche a pour sa part nié que le président ou le vice-président aient été tenus informés. De même, le nouveau directeur du renseignement national, John Ratcliffe, s’est borné dans un communiqué de quatre lignes à démentir que l’exécutif ait été au courant. « L’article du New York Times et les suivants sur une prétendue réunion [à la Maison-Blanche] sont inexacts », a-t-il écrit.

Polémique

Ces démentis n’ont pas mis un terme à la polémique. Que le président Trump « ait été informé ou pas, son gouvernement savait », a relevé la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, sur la chaîne ABC News. Si le milliardaire républicain ne ment pas, cela implique que son gouvernement a choisi de ne pas l’informer et cela montre qu’il « est soucieux de ne pas évoquer la Russie » avec lui, a estimé Mme Pelosi.

Selon elle, « le président veut ignorer toutes les allégations contre la Russie ». Il « lèche les bottes » de Vladimir Poutine « de toutes les manières possibles », a-t-elle encore assené, en lui reprochant de s’intéresser aujourd’hui davantage à son image qu’à creuser le fond de l’affaire.

« Si Trump n’a pas été informé, c’est un problème. S’il l’a été et qu’il veut quand même intégrer la Russie dans le G8, c’est encore pire », a renchéri sur Twitter le démocrate Adam Schiff, qui préside la commission du renseignement à la Chambre des représentants.

L’ancien conseiller à la Sécurité nationale John Bolton, en conflit ouvert avec Donald Trump à qui il vient de consacrer un livre au vitriol, a abondé dans le même sens lors d’un entretien sur les ondes de CNN. « Le fait que le président se sente obligé de tweeter sur ces articles montre que sa priorité n’est pas la sécurité de nos forces, mais de ne pas avoir l’air indifférent », a déclaré celui qui a quitté la Maison-Blanche en septembre.

Le sujet est effectivement sensible pour Donald Trump, qui, à moins de cinq mois de la présidentielle, aime à dénoncer la « faiblesse » supposée de son rival démocrate, Joe Biden, l’ancien vice-président de Barack Obama. « Personne n’a été plus fort envers la Russie que le gouvernement Trump », a-t-il encore tweeté dimanche matin. « Avec Joe Biden le corrompu et Obama, la Russie avait tout le terrain de jeu », a-t-il poursuivi.

De plus, le gouvernement américain est engagé dans de délicats pourparlers avec les insurgés talibans. Le 29 février dernier, ceux-ci ont signé un accord à Doha avec Washington, dans lequel ils se sont engagés à cesser d’attaquer les troupes étrangères en échange d’un retrait graduel de celles-ci d’Afghanistan avant le printemps 2021.

 

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