Le Texas donne un coup de frein à son déconfinement

Les bars et restaurants avaient rouvert en mai, à respectivement 50 % et 75 % de leur capacité maximale.
Photo: Sergio Flores Agence France-Presse Les bars et restaurants avaient rouvert en mai, à respectivement 50 % et 75 % de leur capacité maximale.

Confronté comme plusieurs de ses voisins à une flambée des cas de coronavirus, le Texas a suspendu jeudi son processus de déconfinement en cours, un changement d’attitude face au virus dans un État jusqu’ici chantre de la réouverture.

Dans le grand État du Sud des États-Unis, la barre des 5000 nouveaux cas a été franchie deux jours de suite et les hospitalisations ont plus que doublé en deux semaines, passant de 2008 le 11 juin à 4389 ce jeudi.

Le Texas est l’un des premiers États américains à avoir rouvert son économie. Dès le 1er mai, les restaurants, centres commerciaux et magasins avaient pu rouvrir à capacité réduite. Les bars, salons de coiffure et de soins esthétiques leur avaient emboîté le pas dans les semaines suivantes.

« Pause temporaire »

« En tant qu’État, la dernière chose que nous voulons est de retourner en arrière et de fermer les commerces », a déclaré jeudi le gouverneur Greg Abbott dans un communiqué, mais « cette pause temporaire va aider notre État à contenir la propagation ».

Une mesure qui n’affectera pas l’ouverture actuelle des restaurants, à 75 % de leur capacité, ni des bars, ouverts à 50 %.

Le gouverneur républicain du Texas a exhorté ces derniers jours les habitants à respecter les consignes de distanciation sociale et à porter des masques, qu’il n’a pourtant jamais rendus obligatoires.

Pour garantir « un nombre suffisant de lits disponibles pour traiter les patients atteints de la COVID-19 », le gouverneur du Texas a également mis en pause à compter de vendredi les opérations chirurgicales non-indispensables dans les grandes villes comme Houston, Austin et San Antonio.

 

Pour le professeur de santé publique à Harvard Barry Bloom, interrogé par l’AFP jeudi lors d’un briefing avec des journalistes, il se peut que le Texas « doive fermer certaines des choses qu’ils avaient rouvertes », « un choix désagréable pour un gouvernement d’un point de vue politique ».

Entre 5 et 8 % de la population américaine a été contaminée par le coronavirus causant la COVID-19, ont estimé jeudi les autorités de santé américaines. Plus de neuf Américains sur dix restent donc susceptibles d’être contaminés et la pandémie est loin d’être enrayée dans le pays, surtout dans les États du Sud et de l’Ouest.

Le Texas, l’Arizona, la Floride et la Californie, ont pris le relais du Nord-Est des États-Unis et affichent à leur tour des chiffres en forte hausse, poussant les autorités locales à changer leur attitude face au virus.

Le gouverneur démocrate du Nevada Steve Sisolak a ainsi annoncé mercredi rendre le port du masque obligatoire dans tous les espaces publics, y compris les casinos de Las Vegas qui ont rouvert début juin.

La Floride touristique et républicaine a également enregistré mercredi un nouveau record de nouvelles infections (5508). Depuis mardi, le port du masque a été rendu obligatoire dans la grande ville balnéaire de Miami et une dizaine de villes de la région.

Le maire démocrate de Los Angeles Eric Garcetti s’est dit « inquiet » de la situation jeudi sur un plateau de télévision, précisant que 40 % des nouveaux cas concernaient des personnes âgées de 18 à 40 ans.

« Ce virus est tout aussi dangereux aujourd’hui que lorsqu’il est apparu », a-t-il déclaré, « il s’en prend à notre épuisement, il attaque quand nous devenons paresseux, quand nous sommes divisés. »

Mercredi, plus de 35 900 nouveaux cas de coronavirus ont été recensés en 24 heures aux États-Unis, portant le nombre total d’infections sur le sol américain à près de 2,4 millions.

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