Les poursuites contre Michael Flynn, ex-conseiller de Trump, abandonnées

Une cour fédérale d’appel a donné raison au gouvernement républicain qui avait retiré en mai les accusations contre Michael Flynn.
Photo: Alex Wroblewski / Getty Images via Agence France-Presse Une cour fédérale d’appel a donné raison au gouvernement républicain qui avait retiré en mai les accusations contre Michael Flynn.

Une cour d’appel a ordonné mercredi l’abandon des poursuites contre Michael Flynn, un ancien conseiller de Donald Trump, dans un dossier qui illustre les relations troubles entre l’administration républicaine et la justice des États-Unis.

Le ministère de la Justice avait retiré en mai les accusations contre le général Flynn, bien qu’il ait reconnu avoir menti à la police fédérale sur ses contacts avec un diplomate russe.

La décision avait provoqué un tollé, l’opposition dénonçant une ingérence politique dans cette affaire au cœur de la tentaculaire enquête russe qui a empoisonné la première moitié du mandat de Donald Trump.

Le juge en charge du dossier, Emmet Sullivan, avait toutefois refusé de le refermer immédiatement. Il avait nommé un ancien magistrat pour étudier les motifs du gouvernement et prévu une audience pour en débattre.

Mercredi, la cour d’appel de Washington lui a ordonné de renoncer. « La Constitution et les précédents sont clairs » : un juge ne peut pas prolonger des poursuites quand le gouvernement a estimé qu’elles n’étaient « plus dans l’intérêt du public », a justifié la magistrate Neomi Rao, nommée à ce poste par Donald Trump.

« Formidable », a immédiatement tweeté le président qui avait laissé entendre qu’il pourrait accorder une grâce à son ancien conseiller. « C’est une victoire pour la justice et la vérité », a abondé la porte-parle de la Maison Blanche Kayleigh McEnany.

Politisation de la Justice

Hasard du calendrier, la commission judiciaire de la Chambre des représentants, aux mains de l’opposition démocrate, organisait le même jour une série d’auditions sur « la politisation sans précédent du ministère de la Justice sous le président Trump et son ministre Bill Barr ».

Le ministre utilise son poste « pour servir les intérêts privés du président », « le protéger ainsi que ses alliés », a déclaré le chef de la commission, Jerry Nadler en guise d’introduction.

L’élu démocrate a fait le lien entre le dossier Flynn et celui de Roger Stone, un ami de longue date du milliardaire républicain, qui a été condamné en février à 40 mois de prison pour parjure.

Ce dossier avait également fait des vagues parce que le ministère de la Justice était intervenu pour demander une peine inférieure à celle initialement requise par ses procureurs.

« On m’a dit à plusieurs reprises que Roger Stone avait un traitement différent par rapport à d’autres accusés en raison de ses liens avec le président », a déclaré devant les élus le procureur fédéral Aaron Zelinsky.

Mais l’élu républicain Jim Jordan a balayé ces accusations. La décision dans le dossier Flynn « n’est pas politique, elle est juste », a-t-il clamé.

Aveu et démission

Michael Flynn fut le premier proche du président inquiété dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de collusion entre Moscou et l’équipe de campagne du milliardaire républicain.

Après avoir participé à cette campagne, il avait eu des échanges confidentiels avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak en décembre 2016.

Devenu conseiller à la Sécurité nationale, il avait été interrogé le 24 janvier 2017 par la police fédérale mais il avait dissimulé ces contacts. Il avait rapidement dû démissionner pour avoir également menti au vice-président Mike Pence.

En 2017, Michael Flynn avait accepté de plaider coupable de parjure et de coopérer avec l’enquête russe. Mais il avait changé d’avocats et de stratégie de défense en 2019. Il demandait depuis l’annulation de la procédure, en se disant victime d’une manipulation.

En mai, le ministère de la Justice, avait abondé en son sens. L’enquête contre l’ancien général n’a pas « de base légitime » et ses déclarations « quand bien même elles seraient fausses, n’ont pas d’importance », avait-il expliqué dans des documents judiciaires.

Le président républicain avait salué l’abandon des accusations. Michael Flynn « était innocent […] il a été ciblé juste pour essayer de [me] faire tomber », avait-il estimé.

Le milliardaire new-yorkais a toujours jugé que l’enquête russe était une « chasse aux sorcières » orchestrée par ses opposants avec le soutien de responsables policiers et judiciaires nommés par son prédécesseur, le démocrate Barack Obama.

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