Trump défend de nouveau la police

« Il y a toujours des brebis galeuses où que vous alliez. Et je peux vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup dans la police », a dit jeudi le président américain, Donald Trump.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse « Il y a toujours des brebis galeuses où que vous alliez. Et je peux vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup dans la police », a dit jeudi le président américain, Donald Trump.

Donald Trump a une nouvelle fois défendu jeudi depuis le Texas les forces de l’ordre, esquivant le débat autour du racisme et des violences policières sur lequel il était très attendu après des semaines qui ont ébranlé l’Amérique.

Depuis le début des manifestations, le président américain fait l’éloge de « la loi et l’ordre », mais reste très discret sur l’indignation et la colère qui ont saisi des millions d’Américains après la mort de George Floyd sous le genou d’un policier blanc.

Lors d’un déplacement à Dallas, il a évoqué, sans rentrer dans les détails, un décret en préparation pour « encourager » les policiers à faire preuve du plus grand professionnalisme. Mais il a surtout défendu ces derniers, soulignant la nécessité d’avoir une police « plus forte ».

« Il y a toujours des brebis galeuses où que vous alliez. Et je peux vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup dans la police », a-t-il déclaré, revendiquant une nouvelle fois sa formule controversée sur la nécessité de « dominer les rues ». « Nous dominons les rues avec compassion », a-t-il assuré.

Le milliardaire républicain a aussi mis en garde contre ce qu’il estime être des généralisations abusives. « Nous devons travailler ensemble pour lutter contre l’intolérance et les préjugés où qu’ils soient, mais nous ne ferons pas de progrès et nous ne guérirons pas nos blessures en qualifiant à tort des dizaines de millions d’Américains honnêtes de racistes ou d’intolérants », a-t-il encore dit.

Washington bruisse depuis plusieurs jours d’une initiative présidentielle forte, comme un discours solennel pour aborder la question des discriminations raciales au sein de la première puissance mondiale. Mais l’ancien homme d’affaires n’a jusqu’ici pas donné suite.

Donald Trump est resté silencieux mardi au moment des funérailles de George Floyd à Houston, où son rival démocrate, Joe Biden, s’est exprimé sur un ton très personnel par vidéo.

Avant même ce déplacement au Texas, Joe Biden avait déploré le fait que le président « évite à tout prix une conversation de fond sur le racisme systémique et les brutalités policières » et n’offre à aucun moment « un message de guérison à un pays en deuil ».

À travers le pays, les débats se multiplient pour un changement profond de culture au sein de la police américaine.

« S’il vous plaît, écoutez les appels qui montent de la rue », a lancé mercredi devant le Congrès Philonise Floyd, frère de George, implorant les élus d’adopter des réformes significatives.

Le « Justice and Policing Act », soutenu par plus de 200 élus essentiellement démocrates, entend créer un registre national pour les policiers commettant des bavures, faciliter les poursuites judiciaires contre les agents et repenser leur recrutement et formation. Mais l’avenir de ce texte devant le Sénat, à majorité républicaine, est très incertain.

À l’occasion de cette table ronde, le président américain a aussi évoqué l’élection du 3 novembre prochain et sa victoire de 2016, à laquelle il fait régulièrement référence.

Popularité en baisse

À la traîne dans les sondages, l’occupant de la Maison-Blanche a annoncé mercredi une série d’événements de campagne à venir : Oklahoma, Floride, Arizona, Caroline du Nord.

Sa gestion de la pandémie de COVID-19, qui a fait plus de 113 000 morts aux États-Unis, comme sa réponse aux manifestations « Black Lives Matter » à travers le pays ont été jugées négativement par une majorité d’Américains.

Selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThirtyEight, la proportion d’Américains ayant une opinion favorable de lui est en baisse constante depuis trois semaines. Elle s’établit désormais à 41,1 %, contre 44,1 % le 15 mai.

Le scrutin est encore loin, rappelle Geoffrey Skelley, analyste du site, et le milliardaire républicain peut espérer un « rebond », comme il en a déjà connu.

« Mais plus sa cote de popularité reste proche de la barre des 40 %, plus il est difficile d’imaginer comment il pourra attirer suffisamment de voix pour être réélu », ajoute-t-il.

 

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