Trump dit prendre de l’hydroxychloroquine à titre préventif

Le président américain, Donald Trump, a affirmé lundi qu'il prenait chaque jour un comprimé d’hydroxychloroquine.
Photo: Evan Vucci Associated Press Le président américain, Donald Trump, a affirmé lundi qu'il prenait chaque jour un comprimé d’hydroxychloroquine.

Le président américain, Donald Trump, a révélé lundi qu’il prenait, à titre préventif, de l’hydroxychloroquine, un médicament contre le paludisme dont l’éventuelle efficacité contre le coronavirus n’a pas été démontrée.

« J’en prends depuis une semaine et demie […] je prends un comprimé par jour », a déclaré M. Trump, à la surprise générale, lors d’un échange avec les journalistes à la Maison-Blanche.

« J’entends beaucoup de choses extraordinairement positives » sur ce médicament, a poursuivi le milliardaire républicain. « Vous connaissez l’expression : qu’est-ce que vous avez à perdre ? »

Fin avril, les autorités sanitaires américaines ont mis en garde contre l’utilisation en dehors d’essais cliniques supervisés de cet antipaludéen, comme de la chloroquine, pour prévenir une infection au nouveau coronavirus ou la traiter.

L’Agence américaine des médicaments a déconseillé l’usage de ces produits « en dehors d’un milieu hospitalier ou d’essais cliniques, en raison du risque de troubles du rythme cardiaque ».

Depuis plusieurs mois, le locataire de la Maison-Blanche se montre très enthousiaste sur les possibles effets de ce médicament pour lutter contre le nouveau coronavirus. « C’est très excitant. Je pense que cela pourrait changer la donne. Ou peut-être pas. Mais d’après ce que j’ai vu, cela pourrait changer la donne », déclarait-il mi-mars.

90 000 morts aux États-Unis

Au moment même où le président américain faisait cette annonce inattendue, l’Université Johns Hopkins, qui fait référence, annonçait que les États-Unis avaient franchi lundi la barre des 90 000 décès et du 1,5 million de cas recensés de COVID-19, enregistrant ainsi quelque 10 000 morts supplémentaires dues au nouveau coronavirus en une semaine.

La barre des 80 000 décès avait été franchie lundi dernier, et celle des 50 000 il y a un peu plus de trois semaines, le 24 avril. Les États-Unis sont désormais l’épicentre de la pandémie. Toutefois, en prenant en compte la taille de leur population, des pays comme la Belgique, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la France ou encore la Suède comptent plus de morts par million d’habitants.

L’État de New York représente à lui seul quasiment un tiers des décès déplorés aux États-Unis, avec plus de 28 300 décès liés à la maladie, selon l’Université Johns Hopkins.

Les États-Unis devraient atteindre quelque 112 000 décès d’ici le 6 juin, selon une moyenne de 20 modèles épidémiologiques réalisée par des chercheurs de l’Université du Massachusetts. Près de 11,5 millions de tests ont été réalisés dans le pays, selon l’Université Johns Hopkins, et quelque 272 000 personnes ont été déclarées guéries.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait plus de 316 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine.

Le président défend Mike Pompeo

Donald Trump s’est porté à la défense de son secrétaire d’État, Mike Pompeo, après le limogeage d’un inspecteur enquêtant sur lui. « J’ai le droit absolu en tant que président de mettre fin à ses fonctions », a-t-il déclaré. Le président des États-Unis a assuré ne pas connaître Steve Linick, l’inspecteur général du département d’État qu’il a limogé vendredi à la demande de Mike Pompeo. Selon des élus démocrates, Steve Linick, chargé de contrôler en toute indépendance l’exercice du pouvoir exécutif au sein de la diplomatie américaine, venait d’ouvrir une enquête sur des plaintes selon lesquelles Mike Pompeo avait demandé à un agent payé avec l’argent des contribuables de promener son chien, d’aller chercher ses vêtements chez le nettoyeur ou de faire des réservations au restaurant pour des dîners privés. Mais, toujours selon l’opposition, l’inspecteur était aussi sur le point de boucler une enquête politiquement délicate sur une procédure d’urgence invoquée par le secrétaire d’État il y a un an afin de débloquer des ventes d’armes à l’Arabie saoudite malgré l’opposition du Congrès.

 

Agence France-Presse


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