Trump menace de couper les ponts avec la Chine

Le président américain Donald Trump
Photo: Getty Images via Agence France-Presse Le président américain Donald Trump

Donald Trump durcit encore le ton face à la Chine sur le coronavirus : le président américain a menacé jeudi de rompre toute relation avec le géant asiatique et assuré qu’il ne souhaitait plus parler à son président. Le locataire de la Maison-Blanche martèle depuis plusieurs semaines que le lourd bilan de la COVID-19 — plus de 300 000 morts à travers le monde — aurait pu être évité si la Chine avait agi de manière responsable dès l’apparition du virus dans la ville de Wuhan.

Dans un entretien à Fox Business diffusé jeudi, il s’est dit « très déçu » de l’attitude de Pékin et a rejeté l’idée de s’entretenir directement avec son homologue Xi Jinping pour apaiser les tensions.

Interrogé sur les différentes mesures de rétorsion qu’il envisageait, M. Trump, qui a ces derniers jours évoqué la possible instauration de taxes douanières punitives, s’est montré à la fois évasif et menaçant. « Il y a beaucoup de choses que nous pourrions faire. Nous pourrions rompre toute relation », a-t-il lancé. « Si on le faisait, que se passerait-il ? On économiserait 500 milliards de dollars si on rompait toute relation », a ajouté le milliardaire républicain, coutumier des mises en garde sans lendemain.

Escalade des accusations

« Ils auraient pu l’arrêter [le virus] en Chine, d’où il est venu. Mais cela ne s’est pas passé comme ça », a encore dit le président américain, qui briguera le 3 novembre un deuxième mandat. Pékin affirme qu’il a transmis le plus vite possible toutes les informations à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à d’autres pays, dont les États-Unis.

« Pendant que les États-Unis et leurs alliés se coordonnent pour une réponse collective, transparente, pour sauver des vies, la Chine continue de faire taire les scientifiques, les journalistes et les citoyens et de répandre la désinformation », a déploré jeudi Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine. Des sénateurs de son camp républicain, très remontés contre Pékin, ont présenté mardi une proposition de loi qui donnerait au président le pouvoir d’imposer des sanctions à la Chine si elle ne contribue pas en toute transparence à faire la lumière sur l’origine de la maladie.

Mercredi, Washington a accusé Pékin de tenter de pirater la recherche américaine sur un vaccin contre le nouveau coronavirus. « Les tentatives de la Chine pour cibler les secteurs [de la santé et de la recherche] représentent une menace grave pour la réponse de notre pays à la COVID-19 », a prévenu le FBI. Pékin a immédiatement dénoncé cette « diffamation américaine ».

Interrogé sur les éventuelles preuves dont il disposerait permettant de démontrer que le virus provenait d’un laboratoire, M. Trump s’est montré jeudi beaucoup moins catégorique que par le passé, semblant même faire machine arrière. « Nous avons beaucoup d’informations […] Mais vous savez, le pire de tout, que le virus soit venu du laboratoire ou des chauves-souris, c’est qu’il est venu de la Chine et qu’ils auraient dû l’arrêter. »

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