La COVID-19 au coeur de la Maison-Blanche

Tous les journalistes à la Maison-Blanche posent désormais leurs questions à travers leur masque et leur température est prise avant qu'ils n'entrent.
Photo: Alex Brandon Associated Press Tous les journalistes à la Maison-Blanche posent désormais leurs questions à travers leur masque et leur température est prise avant qu'ils n'entrent.

La Maison-Blanche tente de limiter la propagation du coronavirus en son sein. Mais ce n’est pas simple. La West Wing, épicentre du pouvoir américain, est un lieu où la distanciation sociale est, de facto, très difficile à appliquer. Lundi, à quelques heures d’une conférence de presse dans les jardins de la Maison-Blanche, Donald Trump n’a pas abordé ce sujet qui tient l’Amérique en haleine, soucieux de projeter à tout prix — et de façon irresponsable, selon ses détracteurs — l’image d’un pays qui a franchi l’obstacle et qui redémarre.

« Nous ouvrons [le pays] et il y a un enthousiasme que je n’avais pas vu depuis longtemps », a-t-il lancé, prédisant une nouvelle fois un rebond économique spectaculaire en 2021. « Les chiffres du coronavirus sont BIEN meilleurs, en baisse presque partout. Énormes progrès en cours ! » a-t-il tweeté, entre deux attaques contre les médias « ennemi du peuple », ou son prédécesseur démocrate, Barack Obama, qui serait, selon ses dires, au cœur d’un retentissant scandale « Obamagate », sur lequel il n’a fourni aucun élément tangible.

Par le prisme déformant du cinéma, l’aile Ouest de la Maison-Blanche apparaît souvent immense dans l’imaginaire collectif. Mais ce bâtiment, qui abrite le Bureau ovale, les postes de travail de conseillers les plus proches, la salle de presse et les bureaux des journalistes accrédités, est en réalité un petit espace dans lequel tout le monde travaille très à l’étroit.

Kevin Hassett, conseiller économique de Donald Trump, a résumé ce week-end le sentiment général d’une formule laconique : « Cela fait peur d’aller travailler. » « Quand je suis retourné travailler, je savais que je prenais des risques, qu’il serait plus sûr de rester à la maison que d’aller à la West Wing, qui, en dépit de tous les tests de la Terre et de la meilleure équipe médicale qui soit, reste un lieu où tout le monde est relativement entassé », a-t-il expliqué.

Les faits sont là : la COVID-19 se rapproche du président et du vice-président, son successeur désigné, qui sont désormais testés quotidiennement.

Pas de quarantaine pour Pence

Le nouveau coronavirus a fait officiellement son apparition il y a quelques jours dans les lieux : Katie Miller, porte-parole du vice-président, Mike Pence, et épouse de Stephen Miller, proche conseiller de Donald Trump, a été déclarée positive. Un militaire au service du président également. Trois membres de la cellule de crise de la Maison-Blanche sur la pandémie se sont placés par précaution en isolement. Anthony Fauci, l’épidémiologiste mondialement reconnu qui s’est distingué dans la lutte contre de nombreux virus, Robert Redfield, directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies, et Stephen Hahn, patron de l’agence des médicaments (FDA).

Lors des réunions d’information dans la salle de presse, tous les journalistes, dont la température est prise de manière systématique avant leur entrée dans la Maison-Blanche, posent désormais leurs questions à travers leur masque. Contrairement à nombre de dirigeants de la planète, Donald Trump a jusqu’ici choisi de ne jamais en porter, même en déplacement, comme la semaine dernière dans une usine de fabrication d’équipements de protection à Phoenix, en Arizona.

Mike Pence, lui, n’a pas participé à une réunion à la Maison-Blanche samedi avec Donald Trump et la hiérarchie militaire. Mais il était bien présent à la Maison-Blanche lundi. « Le vice-président Pence continuera à suivre les conseils du service médical de la Maison-Blanche et n’est pas en quarantaine », a expliqué son porte-parole.

Les États-Unis sont, de loin, le pays les plus endeuillé au monde par le virus, avec plus de 80 000 décès.

 

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