New York se masque contre la pandémie

Un nouveau décret va obliger dans l’État de New York le port d’un masque ou d’un foulard couvrant la bouche et le nez en public, notamment dans les transports en commun ou dans la rue.
Photo: Kena Betancur Getty Images via Agence France-Presse Un nouveau décret va obliger dans l’État de New York le port d’un masque ou d’un foulard couvrant la bouche et le nez en public, notamment dans les transports en commun ou dans la rue.

L’État de New York, épicentre de l’épidémie aux États-Unis, va obliger ses près de 20 millions d’habitants à se couvrir le visage à l’extérieur, dans les situations où respecter la distance réglementaire est impossible, a prévenu mercredi son gouverneur Andrew Cuomo. Le gouverneur a indiqué s’apprêter à signer un décret, qui entrera en application trois jours plus tard, obligeant le port d’un masque ou d’un foulard couvrant la bouche et le nez en public, notamment dans les transports en commun ou dans la rue dès qu’il y a d’autres personnes autour de soi.

Les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) recommandent depuis le 3 avril de se couvrir le visage, mais ce n’est qu’une recommandation, comme l’avait alors souligné le président Donald Trump, très critiqué pour avoir dit qu’il ne l’observerait pas.

Le maire de New York, Bill de Blasio, qui recommande aux New-Yorkais de se couvrir le visage depuis le 2 avril, a, lui, appelé mercredi tous les New-Yorkais à se couvrir plus particulièrement le visage lorsqu’ils vont à l’épicerie ou au supermarché, afin de protéger leurs employés. Il a indiqué que la police aiderait les magasins à appliquer cette mesure, s’ils avertissaient leurs clients par écrit à l’entrée des magasins.

L’État de New York compte déjà plus de 10 800 morts confirmés de la maladie, et encore 752 morts au cours des dernières 24 heures, même si la propagation de l’infection s’est ralentie, selon M. Cuomo.

Les capacités de tests du pays sont dangereusement insuffisantes

En attendant un traitement ou un vaccin contre la maladie, l’État de New York va tester systématiquement le personnel de ses hôpitaux et services d’urgence pour la présence d’anticorps liés au coronavirus, a-t-il indiqué lors de son point presse quotidien. Quelque 2000 tests pourront être réalisés quotidiennement, a-t-il ajouté.

La capacité à tester massivement la population, pour savoir qui a déjà été infecté par le virus, est un enjeu essentiel dans la relance de l’économie, à New York, aux États-Unis et dans le monde entier. « Plus on pourra tester, plus l’économie pourra être rouverte », a déclaré M. Cuomo.

« Mais les États ne peuvent pas développer de tests au niveau national, on ne peut pas arriver à hauteur rapidement. Nous avons besoin que le gouvernement fédéral soit dans le jeu. On ne veut pas que les États se fassent concurrence comme ils l’ont fait pour les respirateurs », a-t-il ajouté.

Avant de lever les mesures de confinement imposées depuis mars aux États-Unis, les experts répètent qu’il faut mettre en place un dépistage massif du nouveau coronavirus afin de pouvoir surveiller sa résurgence et réagir plus vite le cas échéant.

« Notre système de tests est formidable », a dit le président mardi. « Les capacités de tests du pays sont dangereusement insuffisantes », répond le chef de l’opposition démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Plus de 2 millions de cas

Par ailleurs, plus de deux millions de cas du nouveau coronavirus ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de 131 000 décès, selon un comptage réalisé par l’AFP mercredi en fin d’après-midi.

Les États-Unis paient le plus lourd tribut, avec plus de 28 000 décès pour plus de 637 000 cas. Viennent ensuite l’Italie (avec 21 645 morts), l’Espagne (18 579), la France (17 167) et le Royaume-Uni (12 868).

L’Inde veut se remettre au travail

Enfin, des millions d’Indiens pourront reprendre le travail à compter de la semaine prochaine, malgré le confinement, après l’annonce mercredi par New Delhi de nouvelles règles qui encadrent une reprise partielle de l’activité économique, en pleine pandémie de coronavirus.

« Pour atténuer les épreuves du peuple, des activités économiques supplémentaires seront autorisées » à partir du 20 avril, indique une directive de ministère de l’Intérieur. Un confinement national est en vigueur jusqu’au 3 mai dans le pays de 1,3 milliard d’habitants.

« Les nouvelles directives consolidées ont pour but de faire fonctionner les secteurs de l’économie qui sont vitaux du point de vue du développement agricole et rural », poursuit le texte. Selon cette réglementation, des secteurs agricoles supplémentaires (plantations, pêche…), la construction et certaines industries pourront notamment reprendre le travail à partir de lundi, sous certaines conditions.

Certains secteurs essentiels à l’économie étaient déjà théoriquement exemptés des mesures de confinement, mais peuvent faire face dans la pratique à des difficultés pour fonctionner dans un pays à l’arrêt. Des mesures sanitaires strictes devront être appliquées pour la reprise du travail, en particulier la distanciation sociale et le port d’un masque ou d’une protection sur le visage.