6,6 millions de nouveaux demandeurs d’allocations-chômage en une semaine aux États-Unis

Sur les deux dernières semaines de mars, 10 millions de personnes avaient demandé une allocation chômage pour la première fois.
Photo: Mark Lennihan Archives Associated Press Sur les deux dernières semaines de mars, 10 millions de personnes avaient demandé une allocation chômage pour la première fois.

Le nombre de nouvelles demandes d’allocation chômage a encore explosé aux États-Unis et reste à des niveaux jamais vus pour la troisième semaine d’affilée, avec 6,6 millions de nouveaux inscrits la semaine passée.

 

Ce nombre de nouveaux demandeurs d’allocations est bien supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 5 millions pour la semaine du 29 mars au 4 avril.

 

C’est en très légère baisse par rapport à la semaine précédente, qui détient toujours le record historique de plus de 6,8 millions de nouveaux demandeurs d’emploi, selon un chiffre revu à la hausse par le département du Travail.

 

En trois semaines, ce sont donc 16,7 millions de personnes qui ont rempli un dossier de demande d’allocation pour la première fois, du jamais vu.

 

Les entreprises américaines sont en effet contraintes de licencier à tour de bras, étouffées par la brusque chute de l’activité liée aux mesures de confinement destinées à enrayer la pandémie de nouveau coronavirus.

 

Et aux personnes ayant perdu leur emploi s’ajoutent désormais les personnes atteintes du COVID-19, celles qui sont en quarantaine ou au chômage technique, de même que les travailleurs indépendants.

 

Car tous peuvent, pendant cette période de crise, prétendre à une allocation chômage, ce qui n’était pas le cas avant la pandémie. Ces mesures d’aide sociale ont été actées dans la loi dans le cadre du vaste plan de soutien fédéral à l’économie et ont pour effet de gonfler les chiffres.

 

L’administration Trump essaye par tous les moyens de préserver l’emploi et de s’assurer que les entreprises seront prêtes à redémarrer une fois que les mesures de confinement qui frappe l’essentiel de la population du pays seront levées.

 

La banque centrale américaine a annoncé jeudi de nouvelles mesures d’aide à l’économie de quelque 2.300 milliards de dollars, dont 600 milliards directement aux entreprises de taille moyenne. Cette somme vient s’ajouter aux 350 milliards de dollars distribués depuis vendredi aux entreprises de 500 employés ou moins pour éviter qu’elles ne licencient ou pour les inciter à réembaucher sans attendre la reprise.

 

Une deuxième tranche de 250 milliards est en négociation entre le Congrès et l’administration Trump et pourrait être adoptée cette semaine.

 

Effets moins durables qu’en 2008

Pour le moment, les files d’attente sont longues devant les agences pour l’emploi du pays. À Miami, en Floride, des centaines de personnes ont dû patienter des heures pour pouvoir remplir un dossier papier après l’effondrement du site internet dédié, étouffé par la masse de demandes.

 

« Je ne travaille plus depuis presque deux mois. Le magasin dans lequel je travaillais a fermé », a expliqué Sara Santos, 42 ans, arrivée à 7 heures du matin et qui attendait toujours sous le soleil à midi.

 

« Je suis étranglé, je dois payer la voiture, je dois payer le téléphone, comment vais-je payer cela? Sans compter le loyer », s’inquiète Gabriel Rodriguez, 55 ans, qui patientait depuis cinq heures.

 

Toutefois, les effets négatifs de cette crise pourraient être moins durables que ceux de la grande crise financière de 2008, ont estimé des membres du comité monétaire de la Banque centrale américaine lors de leur dernière réunion, dont le compte-rendu a été publié mercredi.

 

« La situation actuelle n’est pas directement comparable à la crise financière de la décennie précédente », ont-ils jugé.

 

Les économistes restent toutefois pessimistes alors que la hausse du taux de chômage à 4,4% au mois de mars ne pourrait être qu’un prélude à ce qui attend le pays à partir d’avril.

 

Le virus avait fait jeudi matin 14.808 morts aux États-Unis et contaminé 432.438 personnes, selon le comptage de l’Université américaine Johns Hopkins, qui fait référence.