L’inédite course à la Maison-Blanche

Aucune primaire démocrate n’a été organisée depuis le 17 mars et déjà 15 États ainsi que le territoire de Porto Rico ont annoncé le report de leurs scrutins.
Photo: Matthew Dae Smith/Lansing State Journal via Associated Press Aucune primaire démocrate n’a été organisée depuis le 17 mars et déjà 15 États ainsi que le territoire de Porto Rico ont annoncé le report de leurs scrutins.

La pandémie de coronavirus a bouleversé la campagne pour la présidentielle américaine de novembre, en forçant le report de primaires démocrates et de la convention qui devrait désigner cet été, entre Joe Biden et Bernie Sanders, le rival de Donald Trump.

Depuis la mi-mars déjà, tous trois sont en plus privés de rassemblements de campagne, des événements qui rythment d’ordinaire la course à la Maison-Blanche, et qu’affectionne particulièrement le président républicain.

La convention démocrate devait rassembler des milliers de participants du 13 au 16 juillet, à Milwaukee, dans le Wisconsin. Face à « la crise sanitaire sans précédent à laquelle » font face les États-Unis, le parti a annoncé jeudi qu’il la reportait au 17 août, dans la même ville.

Même si la convention est reportée, les démocrates envisagent encore d'« ajuster la forme qu'elle prendra, le nombre d’assistants et sa programmation » afin de limiter les risques de contagion, a précisé le parti. « En ces temps difficiles, étant donné que l’envergure et l’échelle de la pandémie et son incidence restent encore méconnues, nous allons continuer à surveiller la situation et suivrons les conseils des professionnels de la santé », a précisé l’un des responsables de l’organisation, Joe Solmonese.

L’ancien vice-président américain et favori des primaires Joe Biden, 77 ans, avait appelé à son report mercredi soir. Il est en lice contre le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, mais dispose d’une avance pratiquement insurmontable.

Comme près de neuf Américains sur dix appelés à rester à la maison, tous deux sont coincés chez eux, d’où ils donnent des entrevues. Depuis la Maison-Blanche, Donald Trump participe lui au quotidien à de longues conférences de presse sur l’évolution de la pandémie.

La convention républicaine est prévue du 24 au 27 août à Charlotte, en Caroline du Nord, mais sans grand suspense sur son issue : Donald Trump briguera un second mandat le 3 novembre.

En appelant au report de la convention démocrate mercredi soir, Joe Biden avait mis en garde sur NBC sur de nouveaux changements possibles : « Et même comme cela, les conventions républicaine et démocrate vont devoir… nous devons tout simplement être préparés à une autre option; or la solution de rechange, nous ne savons pas ce que cela va être jusqu’à ce qu’on ait une meilleure idée de l’évolution de la courbe [des cas et décès, ndlr] : diminution ou augmentation.»

Le président du parti démocrate, Tom Perez, a souligné jeudi l’importance qu’aura le Wisconsin dans la présidentielle, puisqu’il avait créé la surprise en 2016 en choisissant Donald Trump après avoir voté deux fois pour Barack Obama. « Nous voulons particulièrement attirer l’attention sur le Wisconsin comme étant un État clé, puisqu’il est au cœur de tant de promesses non tenues par Donald Trump » auprès des électeurs, a-t-il ajouté.

Aucune primaire démocrate n’a été organisée depuis le 17 mars et déjà 15 États ainsi que le territoire de Porto Rico ont annoncé le report de leurs scrutins, donc certains étaient prévus au départ mi-mai.

Fortement critiquées, les autorités du Wisconsin maintiennent pourtant elles le scrutin prévu le mardi 7 avril, dans cet État où la population a été appelée à rester chez elle. « Les gens ne devraient pas être forcés de risquer leurs vies pour voter », a dénoncé mercredi Bernie Sanders, en exhortant le Wisconsin à repousser le vote tout en « œuvrant pour passer intégralement à un scrutin par courrier ».