Plus de 100 000 cas aux États-Unis

Les États-Unis et l’Italie ont tous deux franchi des seuils inquiétants concernant la pandémie de coronavirus, vendredi, le premier en atteignant les 100 000 infections et le second en enregistrant près de 1000 décès en une seule journée.

Les États-Unis ont enregistré un nombre record de 345 décès en 24 heures et comptaient 1475 morts vendredi. Ces chiffres les rapprochent des bilans de l’Iran (2378) et de la France, désormais près de la barre des 2000 morts (1995), après 299 nouveaux décès en 24 heures.

 

L’Italie compte désormais 9134 morts, après 969 nouveaux décès par rapport à jeudi. La contagion continue toutefois de ralentir, avec une hausse de seulement 7,4 % du total des cas positifs (86 498). La pandémie de COVID-19 a déjà tué plus de 26 000 personnes dans le monde, dont 769 en Espagne, en plus de contaminer un dirigeant de premier plan, le Britannique Boris Johnson.

Signal d’alarme supplémentaire, le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que « la pénurie chronique mondiale d’équipements de protection individuels » pour les personnels soignants représentait une « menace imminente » dans la lutte contre la COVID-19. « Quand les personnels soignants sont exposés au risque, nous sommes tous exposés au risque », a insisté Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Dans la matinée, l’Institut supérieur de la santé (ISS) avait prévenu que le pic de la pandémie n’était toujours pas atteint dans la péninsule, mais qu’il pourrait l’être dans les prochains jours. C’est ensuite l’Espagne qui compte le plus de morts (plus de 4858, dont 769 lors des dernières 24 heures) dans le monde, devant la Chine (3292 morts). « Tout ce que nous connaissions s’écroule comme un château de cartes. Alors, ce qu’il faut faire, c’est remonter le château », veut croire Santiago de la Fuente, médecin à l’hôpital de Leganès, à une dizaine de kilomètres de Madrid.

La pandémie de nouveau coronavirus a fait au moins 26 621 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine. Plus de 572 040 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 183 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Parmi ces cas, au moins 124 400 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

Au sommet du Royaume-Uni

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, qui se vantait encore en mars de continuer à « serrer la main à tout le monde », y compris dans un hôpital où se trouvaient des malades de la COVID-19, a annoncé vendredi avoir été déclaré positif au nouveau coronavirus.

Son ministre de la Santé, Matt Hancock, a également indiqué être contaminé. C’est donc le sommet du pouvoir au Royaume-Uni qui est visé, puisqu’on apprenait cette semaine que le prince Charles était également porteur du virus. Selon ses services, Boris Johnson, 55 ans, ne présente que de « légers symptômes » et continue à diriger la réponse de son pays à la pandémie qui menace de submerger les hôpitaux du Royaume-Uni.

Le premier ministre français, Édouard Philippe, a quant à lui mis en garde vendredi contre « la vague extrêmement élevée » de la maladie qui « déferle sur la France » et a prolongé jusqu’au 15 avril le confinement de la population, avec une possible nouvelle extension. Le confinement a également été prolongé de deux semaines en Belgique.

Manque d’équipements

Face à l’autre catastrophe, économique, qui s’annonce, la communauté internationale tente de mobiliser des sommes astronomiques. Aux programmes de sauvetage lancés par plusieurs pays au niveau national s’ajoute depuis jeudi celui concocté par les dirigeants du G20 qui ont promis d’injecter 5000 milliards de dollars pour soutenir l’économie mondiale.

Mais la pénurie d’équipements de protection pour les personnels soignants dans le monde représente une « menace immédiate » dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, a estimé vendredi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « La pénurie chronique mondiale d’équipements de protection individuelle est maintenant une des menaces les plus immédiates sur notre capacité collective à sauver des vies », s’est alarmé le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse retransmise par vidéo depuis Genève.

L’OMS a déjà envoyé près de deux millions d’équipements de protection dans 74 pays ayant exprimé les besoins les plus urgents. « Nous nous préparons à expédier les mêmes quantités vers 60 pays supplémentaires. Mais les besoins sont beaucoup plus importants. Ce problème ne peut être résolu que par la coopération et la solidarité internationales », a poursuivi M. Tedros, soulignant que les soignants des pays pauvres « méritent la même protection que ceux des pays riches ».

Aux dirigeants du G20 réunis jeudi en sommet virtuel, M. Tedros a demandé de mobiliser « leur puissance industrielle et d’innovation » pour produire et distribuer les matériels indispensables pour juguler la pandémie.

Il a également appelé les pays à continuer de tester au maximum leur population et à œuvrer de concert pour répondre à « l’urgente nécessité » de trouver des traitements en attendant un vaccin qui selon lui ne sera pas disponible avant « 12 à 18 mois ».

M. Tedros s’est réjoui du lancement en Norvège et en Espagne d’essais de quatre différents médicaments ou combinaisons de médicaments dans le cadre d’un « Essai solidaire » auquel participent plus de 45 États. Ce faisant, il a une nouvelle fois condamné l’usage de « médicaments qui n’ont pas démontré leur efficacité dans le traitement » contre la maladie COVID-19.

La capitale américaine crie à l'injustice

La mairesse de Washington, Muriel Bowser, ne décolère pas depuis qu’elle a découvert que sa ville, siège du gouvernement et des principales institutions, était considérée comme un « territoire fédéral », au même titre que Porto Rico ou Guam. Cela signifie que la capitale américaine recevra 500 millions de dollars d’aide directe gouvernementale, contre au moins 1,2 milliard pour chacun des 50 États des États-Unis, dans le cadre du plan de sauvetage de l’économie américaine durement touchée par la pandémie. Le président Donald Trump « m’a dit qu’il allait voir ce qu’il s’est passé et qu’il verrait avec [le secrétaire au Trésor] Steven Mnuchin ce qui peut être fait », a déclaré vendredi Mme Bowser.

Agence France-Presse