Maduro accusé de «narco-terrorisme» par les États-Unis

Washington offre une prime pouvant atteindre 15 millions de dollars pour toute information qui permettrait d’arrêter le président vénézuélien, Nicolás Maduro.
Photo: Jhonn Zerpa Agence France-Presse Washington offre une prime pouvant atteindre 15 millions de dollars pour toute information qui permettrait d’arrêter le président vénézuélien, Nicolás Maduro.

Les États-Unis ont annoncé jeudi l’inculpation du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et de plusieurs de ses proches, pour « narco-terrorisme », augmentant encore la pression sur le dirigeant socialiste dont ils souhaitent l’éviction.

Washington offre une prime pouvant atteindre 15 millions de dollars pour toute information qui permettrait de l’arrêter. « Nous voulons qu’il soit capturé afin qu’il réponde de ses actes devant un tribunal américain », a déclaré le ministre de la Justice, Bill Barr, lors d’une conférence de presse organisée en vidéoconférence.

Interrogé sur l’opportunité d’une telle annonce en pleine crise sanitaire, le ministre a jugé que c’était « le meilleur moyen de soutenir le peuple vénézuélien » qui, comme un tiers de l’humanité, est appelé à rester confiné chez lui, après la confirmation d’une centaine de cas de COVID-19.

« En ce moment, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour débarrasser le pays de cette clique corrompue », a asséné Bill Barr.

Il a toutefois refusé de préciser si les États-Unis envisageaient une intervention au Venezuela pour l’interpeller ou de faire une demande d’extradition contre le président et ses co-accusés. « Il y a plusieurs options, mais mon espoir est que le peuple vénézuélien soit bientôt dans une position qui lui permettra de nous les remettre », a-t-il dit.

FARC et cocaïne

Outre Nicolás Maduro, le numéro deux du parti présidentiel, Diosdado Cabello, et plusieurs hauts gradés sont soupçonnés par Washington d’avoir formé dans les années 1990 le Cartel de los Soles (le cartel des soleils) en référence aux insignes placés sur les uniformes d’officiers au Venezuela.

Ils sont accusés de s’être associés « à une organisation terroriste extrêmement violente, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dans un effort pour inonder les États-Unis de cocaïne », a précisé Bill Barr.

La guérilla a signé un accord de paix en 2016, mais « des dissidents continuent le trafic de drogue et la lutte armée », a souligné le ministre. Selon lui, « ils ont obtenu le soutien du régime de Maduro qui les autorise à utiliser le Venezuela comme base arrière ».

Deux dirigeants des FARC sont visés par l’acte d’accusation adopté par un tribunal new-yorkais. Les accusés sont passibles de la détention à perpétuité. « Maduro a délibérément utilisé la cocaïne comme une arme » pour dévaster des populations aux États-Unis, a assuré le procureur fédéral Geoffrey Berman responsable du dossier.

Le précédent Noriega

Des poursuites ont également été engagées à Miami contre le chef de la Cour suprême du Venezuela, Maikel Moreno Perez, inculpé de « blanchiment d’argent », et à Washington contre le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, pour trafic de drogue.

Les États-Unis ne reconnaissent pas Nicolás Maduro comme président du Venezuela, tout comme ils ne reconnaissaient pas Manuel Noriega comme président du Panama lorsqu’ils l’ont inculpé en 1989 pour trafic de drogue, a souligné Bill Barr. À la tête du Venezuela depuis 2013, Nicolás Maduro a été réélu pour un second mandat en 2018 à l’issue d’un scrutin boycotté par l’opposition qui en a rejeté les résultats, comme une grande partie de la communauté internationale.

Les États-Unis, ainsi qu’une soixantaine de pays, soutiennent le chef de l’opposition vénézuélienne Juan Guaidó, qu’ils ont reconnu président par intérim.