Sanders déclaré vainqueur des primaires du Nevada

Avec une victoire au Nevada, Bernie Sanders pourrait devenir le favori dans la course à l'investiture démocrate.
Photo: Frederic J. Brown Agence France-Presse Avec une victoire au Nevada, Bernie Sanders pourrait devenir le favori dans la course à l'investiture démocrate.

Bernie Sanders a remporté haut la main samedi le vote dans l’État américain du Nevada pour la primaire démocrate, s’installant fermement dans la position de favori pour aller défier le président Donald Trump à l’élection du 3 novembre.

Les chaînes de télévision américaines ont déclaré la victoire du sénateur sur la base de projections et de résultats préliminaires lui donnant un très large avantage sur le trio composé de l’ancien vice-président Joe Biden, du modéré Pete Buttigieg et de la sénatrice Elizabeth Warren.

Félicitant Bernie Sanders pour sa victoire, Pete Buttigieg a cependant lancé une ferme mise en garde contre le danger, selon lui, de désigner pour porter les couleurs du parti un socialiste pour qui le capitalisme est « à l’origine de tous les maux ».

« Le sénateur Sanders croit en une révolution idéologique inflexible, qui oublie la plupart des démocrates, sans parler de la plupart des Américains », a lancé M. Buttigieg, qui cherche à se présenter en meilleur atout pour battre Donald Trump.

Biden combatif

Cette troisième ronde des primaires démocrates place le sénateur socialiste, âgé de 78 ans, dans une position très favorable avant l’avalanche du « Super Tuesday » le 3 mars, lorsque quatorze États voteront.

Triomphant devant la foule venue l’acclamer en criant « Bernie », le sénateur était déjà samedi en campagne dans le Texas, poids lourd avec la Californie des États qui voteront lord de cette grande journée électorale.

« Nous allons gagner ici au Texas. Nous allons gagner à travers ce pays parce que les Américains en ont assez d’un président qui ment tout le temps », a-t-il lancé devant des partisans en liesse, à San Antonio.

Mais la course est longue jusqu’à l’investiture du candidat qui défiera le républicain Donald Trump.

Après l’Iowa et le New Hampshire, les candidats démocrates se présentaient dans le Nevada, dont la population est plus diverse, avec un tiers d’habitants hispaniques.

Une différence qui représentait un test pour le candidat modéré Pete Buttigieg, 38 ans et révélation de ces primaires, mais qui peine à convaincre les électeurs issus des minorités.

Longtemps grand favori, l’ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, a salué son résultat qui semble le placer deuxième dans le Nevada, après deux humiliations lors des premiers votes.

« Et maintenant, nous partons pour la Caroline du Sud pour gagner, et nous allons reprendre le dessus », a-t-il lancé.

Populaire chez les minorités, l’ex-bras droit de Barack Obama compte faire un bon score la semaine prochaine dans cet État du Sud, où les Noirs représentent plus de la moitié de l’électorat démocrate. Et disputer alors à Pete Buttigieg le statut de meilleure alternative modérée à Bernie Sanders.

Éviter le chaos de l’Iowa

La netteté des résultats en faveur de Bernie Sanders a permis d’éviter le chaos de la publication des résultats de l’Iowa début février qui avaient souffert d’un bogue informatique. Ces deux États votent par un système de « caucus », des assemblées d’électeurs qui se regroupent sous la bannière de leur candidat.

Bernie Sanders arrivait dans le Nevada fort de deux excellents résultats dans l’Iowa et le New Hampshire. Dans le premier de ces deux États, il avait cependant été devancé d’un cheveu par Pete Buttigieg.

La large victoire de Bernie Sanders montre qu’il n’a pas souffert des révélations embarrassantes publiées vendredi soir sur une ingérence de la Russie en sa faveur, via des messages en ligne et sur les réseaux sociaux.

De son côté, le président républicain Donald Trump observe, ironique, la bataille démocrate. « On dirait que Bernie le Fou fait un bon résultat dans le Grand État du Nevada. Biden & les autres ont l’air faibles », a-t-il tweeté samedi soir.

Critiques nourries contre Bloomberg

Le multi-milliardaire Michael Bloomberg a quant à lui fait l’impasse sur les premiers États pour entrer en lice lors du « Super Tuesday ».

La fortune de l’ancien maire de New York lui a permis de se hisser à la troisième place dans la moyenne des sondages nationaux, à coups de spots publicitaires financés avec déjà plus de 360 millions de dollars depuis novembre.

Ses rivaux l’accusent sans relâche de vouloir « acheter » l’élection.

Déjà plombé par des accusations polémiques, cet ex-républicain essuie aussi des critiques nourries depuis sa piètre performance lors de son premier débat mercredi.