Le Pentagone débloque 3,8 milliards de plus pour le mur de Trump

Un homme traverse la barrière frontalière américano-mexicaine de Mexicali à Calexico, dans l'État de Baja California, au Mexique, le 11 février 2020.
Photo: Guillermo Arias Agence France-Presse Un homme traverse la barrière frontalière américano-mexicaine de Mexicali à Calexico, dans l'État de Baja California, au Mexique, le 11 février 2020.

Le Pentagone va renoncer à l’achat de plusieurs avions furtifs F-35 et de drones afin de débloquer 3,8 milliards de dollars supplémentaires pour le mur que le président américain Donald Trump veut ériger à la frontière avec le Mexique, selon des documents remis jeudi au Congrès.

Ces fonds seront transférés à hauteur de 2,2 milliards de dollars des lignes du budget 2020 du Pentagone qui avaient été allouées à l’achat d’équipements pour l’US Air Force et l’US Navy, selon ces documents dont l’AFP a obtenu une copie. Le reste provient des fonds initialement prévus aux opérations extérieures de l’armée américaine (Afghanistan, Syrie, Irak).

Cette nouvelle enveloppe porte à 9,9 milliards de dollars les fonds alloués depuis juillet par le ministère de la Défense au mur que Donald Trump a promis d’ériger à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration illégale.

Le budget du Pentagone, qui dépasse les 700 milliards de dollars par an, est alloué à des programmes strictement définis par le Congrès, sur proposition de l’exécutif.

Mais le Pentagone dispose de quelque 6 milliards de dollars de fonds discrétionnaires, qui peuvent être reprogrammés à condition qu’ils soient consacrés à des programmes « urgents ».

Parmi les équipements sacrifiés au mur, les documents remis au Congrès mentionnent des F-35, des drones armés MQ-9 « Reaper », des avions cargo C-130J et des avions de reconnaissance maritime « Poseidon » P-8.

Les États-Unis ont fait face en 2019 à une explosion des passages clandestins depuis le Mexique, majoritairement des Centraméricains fuyant la violence et la misère dans leur pays. Cet afflux a entraîné une crise à la frontière avec des centres d’accueil surpeuplés et des conditions sanitaires déplorables.