Un premier cas du nouveau coronavirus confirmé aux États-Unis

Les États-Unis deviennent le cinquième pays touché par le coronavirus, après la Chine, le Japon, la Thaïlande et la Corée du Sud.
Photo: Noel Celis Agence France-Presse Les États-Unis deviennent le cinquième pays touché par le coronavirus, après la Chine, le Japon, la Thaïlande et la Corée du Sud.

Les contrôles de température se généralisaient mardi dans plusieurs aéroports d’Asie et du pourtour du Pacifique pour repérer et isoler les passagers infectés par un nouveau virus mystérieux causant des pneumonies et originaire de Chine. Pour la première fois, un cas a été rapporté aux États-Unis.

Lors d’une conférence de presse, le vice-ministre de la commission nationale de la Santé, Li Bin, a précisé que le virus avait été diagnostiqué auprès de 440 patients, alourdissant un précédent décompte d’environ 300 cas. Le virus, qui se transmet par les voies respiratoires, «pourrait muter et se propager plus facilement», a-t-il averti.

Neuf personnes sont mortes de ce virus repéré en décembre à Wuhan, dans le centre de la Chine, chez des gens travaillant dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons et dont on ignore encore l’origine exacte ou la période d’incubation. Depuis, des cas ont été rapportés ailleurs en Asie (Japon, Corée du Sud, Thaïlande, Taïwan), et nombre de pays ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan ont renforcé les contrôles des passagers à l’arrivée, puisant dans leur expérience de l’épidémie du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, un virus de la même famille.

Comme les États-Unis le redoutaient, un premier passager en provenance de Wuhan a contracté le virus. C’est un homme d’une trentaine d’années, originaire de Wuhan et résidant près de Seattle, dans le nord-ouest du pays. Il est arrivé le 15 janvier sans fièvre à l’aéroport de Seattle, et a lui-même contacté les services de santé locaux dimanche après s’être renseigné sur Internet. Il a été hospitalisé par précaution et va bien. Il ne s’était pas rendu dans les marchés de Wuhan et n’a pas fréquenté de personnes malades, selon les autorités américaines.

Désormais, tous les passagers provenant de Wuhan, par des vols directs ou indirects, devront arriver aux États-Unis par cinq aéroports (New York JFK, Los Angeles, San Francisco, Chicago, Atlanta) où les autorités sanitaires ont mis ou vont mettre en place des contrôles systématiques : questionnaires et prise de la température par un thermomètre sans contact. « Nous nous attendons à d’autres cas aux États-Unis et dans le monde », a prévenu Nancy Messonnier, responsable des centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) américains. Le risque pour les Américains reste cependant « faible à ce stade », a-t-elle dit.

L’Australie, la Russie, le Népal, Singapour, la Malaisie, le Vietnam, le Bangladesh et l’Inde ont renforcé les contrôles depuis quelques jours. En Thaïlande, les autorités ont mis en place des détections thermiques obligatoires « sans exception » dans les aéroports de Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Krabi, pour les passagers en provenance des zones chinoises à risque. Une mise en quarantaine de 24 heures est imposée en cas de fièvre. À l’aéroport de Cheremetiévo, le plus grand de la Russie, la température des passagers venus de la Chine est contrôlée dans les avions à l’aide de caméras thermiques.

Quant à la Chine, 922 patients y restaient en observation dans des hôpitaux, selon les autorités sanitaires. Wang Guangfa, un des médecins de la Commission nationale de la santé chinoise enquêtant sur l’épidémie, a annoncé mardi sur une chaîne de télé de Hong Kong qu’il était infecté par le virus.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunira mercredi pour déterminer s’il convient de déclarer une « urgence de santé publique de portée internationale ».

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume) mais aussi d’autres plus graves (comme le SRAS). Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi que la transmission par contagion entre personnes était « avérée ». C’était la première fois qu’une telle affirmation était faite publiquement. Les autorités sanitaires américaines ont confirmé ce type de transmission, en précisant qu’on ignorait encore si elle était facile ou non.

L’OMS estime pour sa part que l’animal semble être « la source primaire la plus vraisemblable », avec « une transmission limitée d’humain à humain par contact étroit ». Sur 8096 cas, le virus du SRAS avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l’OMS. L’organisation internationale avait à l’époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de l’épidémie.

Le Canada prend des mesures

Tous les voyageurs internationaux arrivant aux aéroports internationaux de Toronto, de Montréal et de Vancouver se verront poser une question de contrôle supplémentaire afin d’aider à déterminer ceux qui pourraient avoir visité la ville chinoise de Wuhan afin qu’ils subissent un contrôle plus étroit à leur arrivée au Canada, révèle l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) dans un courriel transmis à La Presse canadienne. Cette mesure sera mise en place d’ici quelques jours. La question sera également ajoutée aux bornes d’inspection primaire, aux postes de contrôle frontalier automatisé et aux postes de déclaration NEXUS, ajoute l’ASFC.

« Les voyageurs qui présentent des symptômes de type grippal seront dirigés vers un agent de quarantaine de [l’Agence de la santé publique du Canada]. Tous les autres recevront une trousse d’information », explique-t-on dans le courriel. De plus, on prévoit de mettre en place de la signalisation dans les halls d’arrivée de l’ASFC pour sensibiliser les voyageurs dans les trois aéroports.

Bien qu’il n’y ait pas de vols directs de Wuhan vers le Canada, ces mesures sont mises en place en raison de la forte probabilité que les voyageurs en correspondance de Wuhan arrivent au Canada dans l’un de ces trois aéroports. « Le dépistage à l’entrée n’est pas à lui seul une garantie contre la propagation éventuelle de ce nouveau virus, mais constitue un outil de santé publique important en période d’incertitude et fait partie d’une stratégie de réponse gouvernementale à plusieurs niveaux », précise le courriel.