Fusillade en Floride: les enquêteurs cherchent à savoir si le tireur saoudien a agi seul

Selon les médias américains, les enquêteurs cherchent à vérifier si l’auteur de l’attaque avait bien publié des messages hostiles envers les États-Unis sur Twitter.
Photo: Josh Brasted / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP Selon les médias américains, les enquêteurs cherchent à vérifier si l’auteur de l’attaque avait bien publié des messages hostiles envers les États-Unis sur Twitter.

Les investigations se poursuivaient samedi au lendemain de la fusillade qui a fait trois morts sur une base aéronavale de Floride, notamment pour déterminer si le tireur saoudien, en formation militaire aux États-Unis, avait agi seul.

« Nous allons faire toute la lumière là-dessus », a affirmé le président américain Donald Trump depuis les jardins de la Maison-Blanche. « Nous cherchons à savoir ce qui s’est passé, s’il s’agit d’une personne ou de plusieurs ».

Selon le New York Times, qui cite une source anonyme, six ressortissants saoudiens ont été interrogés sur les lieux de l’attaque, dont deux l’ayant filmée dans son intégralité.

Le journal rapporte que le tireur avait montré des vidéos de fusillade de masse lors d’une fête jeudi soir, citant une personne au courant de l’enquête.

« Les motivations du tireur sont toujours indéterminées », a indiqué sur Twitter le bureau de Jacksonville de la police fédérale américaine (FBI), qui enquête aux côtés d’une unité spécialisée dans l’antiterrorisme.

Un membre de l’armée de l’air saoudienne a ouvert le feu vendredi avec une arme de poing dans une salle de cours de la base de Pensacola, faisant trois morts et sept blessés avant d’être abattu par la police.

Il avait publié sur Twitter avant son attaque des messages hostiles envers les États-Unis, a rapporté le groupe de surveillance des mouvements jihadistes SITE.

« Je suis contre le mal, et l’Amérique dans son ensemble s’est transformée en nation du mal », a écrit l’assaillant, identifié par SITE comme s’appelant Mohammed al-Shamrani.

Selon les médias américains, les enquêteurs cherchaient à vérifier si l’auteur de l’attaque avait bien publié ces écrits, dans lesquels il citait l’ancien dirigeant du réseau jihadiste Al-Qaïda, le Saoudien Oussama ben Laden.

Quinze des 19 pilotes qui avaient détourné des avions et provoqué la mort de quelque 3000 personnes lors des attentats du 11 septembre 2001 étaient originaires d’Arabie saoudite.

Après avoir condamné cette fusillade « abominable », Ryad a tenté samedi de prendre ses distances avec son ressortissant.

« Comme de nombreux membres de l’armée saoudienne, j’ai été formé sur une base militaire américaine et nous avons mis à profit cet entraînement […] pour combattre le terrorisme et d’autres menaces, main dans la main avec nos alliés américains », a souligné sur Twitter le prince Khaled ben Salmane, vice-ministre saoudien de la Défense.

Donald Trump, qui s’est directement entretenu par téléphone avec le roi Salmane, a affirmé samedi que les dirigeants saoudiens étaient « très affectés » par les événements de la veille.

« Le roi veillera à ce que l’on prenne soin des familles et des proches » des victimes, a ajouté le président américain. « Je pense qu’ils [les Saoudiens] aideront très largement les familles ».

Le gouvernement saoudien « se retrouve redevable d’une dette ici, étant donné qu’il s’agit d’un de ses ressortissants », avait déclaré vendredi le gouverneur de la Floride Ron DeSantis.

Le frère aîné de l’une des trois victimes, Joshua Watson, a confié vendredi soir dans un poignant message sur Facebook avoir vécu « la pire journée de [sa] vie ».

« Mon petit frère a sacrifié sa vie pour son pays dans une fusillade absurde », écrit-il. « Il est mort en héros et nous en sommes plus que fiers, mais sa mort laisse dans nos coeurs un vide qui ne sera jamais comblé ».

Située dans le nord-ouest de la Floride, la base aéronavale de Pensacola est utilisée par l’US Navy pour des programmes d’entraînement destinés aux militaires de pays alliés.