Kamala Harris jette l’éponge

Kamala Harris est la troisième à sortir de la course à l’investiture démocrate en moins de 48 heures.
Photo: John Bazemore Associated Press Kamala Harris est la troisième à sortir de la course à l’investiture démocrate en moins de 48 heures.

La première ne sera certainement pas la dernière. En campagne depuis le début de l’année, la sénatrice de la Californie, Kamala Harris, a décidé de jeter l’éponge et abandonne la primaire démocrate en vue de la prochaine élection présidentielle américaine.

En chute constante dans les sondages depuis cet été, celle qui aspirait à devenir la première femme afro-américaine présidente des États-Unis, a justifié ce retrait par un manque d’argent pour se maintenir dans la course.

« J’ai examiné la question sous tous les angles depuis plusieurs jours et j’ai pris une des décisions les plus difficiles de ma vie », a indiqué l’émule de Barack Obama dans un courriel envoyé mardi à l’ensemble de ses partisans.

« Ma campagne pour la présidence n’a tout simplement plus l’argent nécessaire pour continuer. Je ne suis pas milliardaire. Je ne peux pas autofinancer ma campagne et, dans les circonstances, il devient de plus en plus difficile de lever des fonds pour être compétitif », a-t-elle écrit.

Kamala Harris est la troisième à sortir de la course à l’investiture démocrate en moins de 48 heures, après Steve Bullock et Joe Sestak. Mais son départ reste de loin le plus remarqué en raison de la fulgurance de l’ascension de la sénatrice en janvier dernier.

Annoncées en grande pompe le 21 janvier, lors de la journée hommage à Martin Luther King, ses ambitions présidentielles ont été acclamées par un parterre de 20 000 personnes rassemblées à Oakland, en Californie, au début de l’année. Placée très vite parmi les favoris, Kamala Harris a créé la surprise en convainquant presque autant de donateurs que Bernie Sanders de la suivre, dans les premiers jours de sa campagne.

Je ne suis pas milliardaire. Je ne peux pas autofinancer ma campagne et, dans les circonstances, il devient de plus en plus difficile de lever des fonds pour être compétitif. 

Éclipsée

Or, lundi, un premier sondage HarrisX réalisé pour le compte du quotidien d’information politique The Hill n’accordait que 2 % des intentions de vote à l’ex-procureure de la Californie et deuxième femme noire à faire son entrée au Sénat américain, en baisse de 2 points par rapport à novembre dernier.

La candidate s’est fait doucement éclipser par Bernie Sanders, Joe Biden, Elizabeth Warren et Pete Buttigieg, mais également par l’arrivée tardive dans la course de Michael Bloomberg. L’ex-maire de New York grimpe doucement dans les sondages, à 6 % des intentions de vote au début du mois décembre, soit 3 points de plus qu’il y a deux semaines.

En tête de la course, Joe Biden a salué mardi une candidate de « premier ordre », une « personne solide » qui est « débordante de talent ».

À trois mois du « Super Tuesday », premier point d’orgue de la présidentielle, mais aussi à la veille des primaires attendues de l’Iowa, du New Hampshire, du Nevada et de la Caroline du Sud, il reste désormais 15 candidats démocrates dans une course toujours dominée par les vieux routiers de la politique américaine : M. Biden, avec 31 % des intentions de vote, suivi de Bernie Sanders, à 15 %.